Publié il y a 1 h - Mise à jour le 15.04.2026 - Abdel Samari - 2 min  - vu 147 fois

ÉDITORIAL Quand le “bon sens” remplace la politique

Photo d'illustration DR

Une expression qui rassemble en apparence… mais qui dit surtout le vide du débat politique.

Désormais, partout, les responsables politiques prônent le bon sens. Derrière cette formule, il y a toutes les interprétations possibles. Et surtout, beaucoup de vide. Le bon sens, qu’est-ce que c’est précisément ? Chacun a son avis sur la question. Prenons le vote validé hier à l’Assemblée nationale sur le projet de loi de simplification de la vie économique. Vieux de deux ans, il comporte tout et n’importe quoi. Au cœur de son adoption, on retrouve des mesures controversées, notamment la suppression des zones à faibles émissions (ZFE) et des assouplissements de certaines règles environnementales. Un choix politique, un recul face aux enjeux écologiques. D’un côté, le Rassemblement national, avec en pointe le député du Gard Pierre Meurin, considère que le bon sens, c’est d’arrêter d’emmerder les conducteurs. De l’autre, les partisans d’une prise en compte du changement climatique estiment que le bon sens, c’est de s’occuper dès maintenant de notre planète avant qu’il ne soit trop tard. Le “bon sens”, donc, n’appartient à aucun camp politique. C’est au mieux du pragmatisme sans dogme, en cherchant à faire le choix qui contentera le plus grand nombre. Le “bon sens”, c’est surtout un outil de communication quand on n’a pas de solution efficace pour répondre aux véritables attentes des citoyens. Mieux encore, c’est l’occasion de faire croire que l’on est proche des gens en avançant des conclusions simples, évidentes, accessibles à tous. En opposition à une pseudo-élite politique qui réserverait la complexité des décisions aux experts ou aux technocrates. Oui, il existe des débats techniques. C’est bien pour cela que la politique n’est pas à la portée de tous. Elle exige des qualités humaines, un savoir-être, mais surtout un savoir-faire. Chercher à rassembler largement à travers une expression un peu “attrape-tout” ne grandit pas la politique. Omniprésent ces dernières années, le “bon sens” est sans doute la conséquence de l’avènement des réseaux sociaux, avec leurs courts messages, simples et percutants. Des plateformes qui valorisent le citoyen “ordinaire”, qui pense désormais avoir l’autorisation de donner son avis sur tout, y compris sur des sujets qu’il ne maîtrise pas. Longtemps, dans notre pays, on disait qu’il y avait 60 millions de sélectionneurs de l’équipe de France. Désormais, il y a presque autant de présidents de la République. L’immense responsabilité repose sur les épaules du personnel politique, qui va devoir rapidement passer du populisme à la réalité. Au risque de retrouver dans un an, n’importe qui, chef des armées et détenteur de la clé nucléaire.

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