Publié il y a 18 h - Mise à jour le 08.03.2026 - La rédaction - 15 min  - vu 3758 fois

ÇA RESTE ENTRE NOUS Les indiscrétions de la semaine

Nous sommes le dimanche 8 mars 2026. Il est 12 heures. Les dernières indiscrétions avant le premier tour des municipales sont à découvrir maintenant !

Il y a urgence. Mais une urgence particulière : celle de ne pas s’emballer. Dans le camp de Vincent Bouget, les derniers sondages ouvrent une perspective que beaucoup jugeaient encore improbable il y a quelques mois : la mairie de Nîmes n’est plus hors de portée. Mais personne ne crie victoire. Car chacun sait que la véritable bataille se jouera au second tour. Curieusement, cette hypothèse centrale n’a pas été testée dans le dernier sondage BVA-Ipsos publié par La Marseillaise, journal réputé proche du PCF. Les chiffres du premier tour invitent d’ailleurs à la prudence. Certes, la tête de liste reste en tête. Mais elle perd quelques points par rapport aux études précédentes. Une légère érosion qui n’empêche pas de rester confiant. Vincent Bouget est le mieux placé pour être le prochain maire de Nîmes. Dans le même temps, un autre phénomène interpelle : la progression, presque mécanique, de Julien Sanchez. Le candidat du Rassemblement national mène pourtant une campagne pour le moins discrète dans la capitale gardoise. Programme peu détaillé, colistiers largement inconnus, présence politique mesurée. La venue de Jordan Bardella au Parc des expositions lui a offert un coup de projecteur. Mais le sondage a été réalisé avant ce meeting. Faut-il alors en conclure que l’eurodéputé RN n’a même plus besoin de faire campagne pour grimper dans les intentions de vote ? Car pour une partie de l’électorat, l’élection municipale n’est plus tout à fait municipale. Il s’agit avant tout d’envoyer un message : à Emmanuel Macron, au gouvernement, aux technocrates européens, à la vie chère, à l’immigration. Bref, à tout ce qui nourrit la colère du moment. Mais qui ne concerne pas véritablement la capitale du Gard. Le contexte national suffirait donc à alimenter la dynamique ? Jusqu’où peut-elle aller ? Dans ce climat, la municipalité sortante semble hors de portée de la victoire. L’équation devient de plus en plus cruelle. Le constat est limpide : sans union, pas de victoire possible. Mais comment sceller un accord en quarante-huit heures quand on n’y est pas parvenu en une année entière ? Si l’écart est net entre les deux candidats de la droite et du centre, la solution s’imposera d’elle-même. L’un se retirera. Mais si les deux arrivent au coude-à-coude, la situation deviendra explosive. Aucun n’aura envie d’offrir un cadeau politique à son rival direct. Quant à la fusion des listes, elle paraît aujourd’hui hautement improbable. Les blessures politiques sont encore trop fraîches. Proust et Plantier auront-ils vraiment le choix ? L’urgence sera peut-être… de ne rien faire. Et de laisser les urnes décider pour eux. Elles pourraient offrir à Franck Proust l’occasion de retrouver son métier d’assureur à temps plein. Et à Plantier celle d’embrasser enfin la carrière d’avocat qui l’attend. À moins que les deux hommes ne se rappellent, au dernier moment, une évidence politique vieille comme les élections : on perd rarement contre ses adversaires… mais très souvent contre son propre camp.

Discussions Plantier–Proust déjà en toile de fond. Officiellement, rien n’a encore commencé. Mais en coulisses, certains s’activent déjà pour préparer l’après-premier tour entre Julien Plantier et Franck Proust. Les deux hommes forts de la droite et du centre n’ont pas encore ouvert de discussions formelles, mais des échanges ont déjà eu lieu entre leurs équipes de campagne. Deux scénarios circulent déjà. Premier cas de figure : les deux candidats arrivent dans un mouchoir de poche au soir du premier tour et ouvrent leurs listes pour une fusion au second. Second scénario : un écart net se dessine et l’un des deux se retire au profit de l’autre. « Nous ne sommes pas des ennemis. Le temps de la campagne accentue les différences et les critiques. Mais à la fin, nous portons chacun la responsabilité de ne pas laisser la ville aux extrêmes. Julien et Franck ont conscience que l’avenir de Nîmes se jouera dans la capacité à faire preuve d’intelligence », confie l’une de nos sources. Les signes de détente existent déjà sur le terrain. Samedi, à la Placette, alors que l’équipe de Tout Nîmes avec Franck Proust était présente en nombre, celle de Julien Plantier est arrivée à son tour. « Ils se sont salués, ont échangé quelques mots sur le vif. On a bien senti qu’il n’y avait rien d’impossible », raconte un témoin. La vraie discussion pourrait, elle, commencer très vite. Selon nos informations, un rendez-vous serait déjà envisagé pour dimanche soir, une fois les résultats du premier tour connus.

Guerre judiciaire. À Arles, on ne parle que de ça depuis plusieurs jours. La feria de Pâques n’aura lieu que dans quelques semaines, mais un parfum de mise à mort flotte déjà dans les rues de la cité camarguaise. Et cette fois, ce n’est pas dans les arènes que la tension se joue, mais sur le terrain politique et judiciaire. Dans la ligne de mire : le scrutin municipal à venir et plusieurs figures de la droite locale. Depuis quelques semaines, le climat s’est nettement tendu. Ces derniers jours, plusieurs plaintes ont été déposées visant le maire Patrick de Carolis et l’un de ses proches collaborateurs, Frédéric Jouve. Ironie de l'histoire : c’est pourtant ce dernier qui avait ouvert les hostilités judiciaires. Début janvier, Frédéric Jouve, directeur général des services de la Ville et de la Communauté d'Agglomération, a déposé plainte pour une infraction qualifiée de « menace de délit contre une personne chargée d’une mission de service public ». Selon lui, un homme — père d’un employé municipal — l’aurait menacé lors d’une soirée de vœux organisée par la mairie de Saint-Martin-de-Crau le 9 janvier dernier. L’homme visé par cette plainte conteste les accusations. Il reconnaît avoir refusé de serrer la main de Frédéric Jouve, mais affirme que ce geste relevait d’un acte de protestation contre l’attitude de la mairie et plus particulièrement celle du maire Patrick de Carolis, qu’il accuse d'harceler son fils. Le père n’en est pas resté là. Le 27 février dernier, il a à son tour saisi la justice en déposant plainte pour « dénonciation calomnieuse » contre Frédéric Jouve. Dans la foulée, son fils et un ami ont également sollicité le procureur de Tarascon afin qu’une enquête soit ouverte visant Patrick de Carolis. Dans leur plainte, les deux agents municipaux évoquent des faits qu’ils qualifient de « harcèlement » et dénoncent également ce qu’ils considèrent comme une escroquerie au jugement et un faux. L’affaire prend une dimension encore plus politique lorsque l’on s’intéresse au profil des deux plaignants. Employés municipaux, membres influents de la communauté harkie d’Arles et, pour l’un d’eux, dirigeant du club local de football, ils avaient soutenu Patrick de Carolis lors des précédentes élections municipales. Mais depuis l’été dernier, les relations se sont sérieusement dégradées. Les deux hommes ont cessé de soutenir l’ancien visage bien connu du paysage audiovisuel français. Peu de temps après, ils ont été convoqués devant le conseil de discipline de la fonction publique territoriale, avec à la clé une possible révocation. Une procédure que leur avocat, le pénaliste montpelliérain Cyril Malgras, qualifie de « hautement politique ». Depuis le dépôt des nouvelles plaintes, faute de quorum du centre de gestion de Marseille, le conseil de discipline qui devait se dérouler à Aix-en-Provence a finalement été annulé. Une décision qui ne semble toutefois pas calmer les tensions. À Arles, la corrida politico-judiciaire ne fait sans doute que commencer. Olé. 

Mariage à droite ? L’union des droites est dans toutes les têtes, au RN comme chez Les Républicains à Nîmes. Julien Sanchez ne s’est d’ailleurs pas privé de récupérer quelques anciennes figures de la droite locale en mal de reconnaissance. Dans l’équipe de Franck Proust, deux camps s’affrontent. D’un côté, ceux qui refusent l’évidence imposée par un électorat de droite qui a déjà, pour une partie, franchi le pas. De l’autre, ceux qui croient encore à une victoire en solo. Pourtant, sur le terrain, le porte-à-porte envoie des signaux préoccupants. Des électeurs longtemps acquis à la cause de la majorité sortante se disent prêts à choisir l’extrême droite dès le premier tour, histoire d’envoyer un message. Quitte à trancher au second tour entre Vincent Bouget et le candidat le mieux placé du nouveau spectre de la droite nationale et du centre. Dans les états-majors, on voit le coup venir. Alors on s’accroche à un mince espoir : celui d’un accord national entre le RN et LR au soir du premier tour, partout en France. Marseille pourrait alors soulager sa petite soeur Nîmes, surnommée « le petit Marseille ». En effet, dans la cité phocéenne, la tête de liste RN serait au coude-à-coude avec le maire socialiste sortant. Un désistement de la candidate LR, Martine Vassal — dont les sondages annoncent la défaite — pourrait permettre au RN de prendre Marseille. En contrepartie, il serait demandé au frontiste Julien Sanchez de s’effacer à Nîmes au profit de Franck Proust. Beaucoup de si… 

En période électorale, on retourne dans les quartiers… À Nîmes, la bataille municipale se jouera aussi — et peut-être surtout — dans les quartiers populaires. Droite et gauche s’y disputent un électorat décisif, longtemps courtisé mais souvent déçu. Et cette fois, rien ne dit que les réflexes habituels fonctionneront. Ces dernières années, les drames liés aux trafics de drogue ont profondément marqué ces territoires. Fusillades, règlements de comptes, sentiment d’abandon : autant de cicatrices que la majorité sortante traîne aujourd’hui comme un boulet politique. Certes, la rénovation urbaine engagée dans plusieurs secteurs et certains engagements tenus auprès des habitants offrent encore des arguments à la droite municipale. Mais l’insécurité reste omniprésentes dans les conversations. À gauche, le discours est plus simple et les promesses trouvent souvent un écho plus favorable face au sentiment de relégation exprimé par une partie des habitants. Pourtant, là aussi, les contradictions existent. La persistance de logements insalubres dans plusieurs quartiers, sous la responsabilité du bailleur social Habitat du Gard, vient ternir le tableau. Dans ce climat de défiance généralisée, une troisième force tente de s’infiltrer : le Rassemblement national. Jouant sur le moral des habitants désabusés. L’idée qu’un changement radical réglerait les problèmes relève pourtant de l’illusion. Dans plusieurs villes dirigées par le RN, ni les trafics de drogue ni la délinquance n’ont disparu comme par magie. Mais dans une élection locale, l’irrationnel peut parfois prendre le dessus. Et c’est peut-être là que se jouera une partie du scrutin nîmois.

Un deuxième tour à Alès ? À Alès, la campagne municipale est aussi dans la dernière ligne. Et comme souvent dans la capitale des Cévennes, le maire sortant se retrouve au centre de toutes les attaques. Christophe Rivenq essuie depuis plusieurs semaines une salve de critiques venues de ses adversaires. Une opposition parfois bruyante, souvent prévisible, et qui verse par moments dans la caricature. Car s’attaquer au successeur de Max Roustan, c’est aussi s’attaquer à un système politique solidement installé depuis plus de trente ans. Rivenq n’est pas seulement le maire en place : il est l’héritier assumé d’une histoire municipale qui a structuré la vie politique alésienne. Et ce poids-là compte encore dans les urnes. Pour autant, rien n’est totalement joué. La gauche part une nouvelle fois en ordre dispersé, ce qui limite fortement ses chances de renverser la majorité. Mais la présence du Rassemblement national dans la course pourrait rebattre certaines cartes et obliger Christophe Rivenq à passer par un second tour. Ce qui serait une première depuis 25 ans : son mentor Max Roustan a remporté les quatre dernières municipales dès le premier tour. Un scénario que certains commencent à envisager sérieusement. Un sondage IFOP, réalisé récemment mais resté dans les tiroirs, semble d’ailleurs l’indiquer. Selon plusieurs échos, l’étude confirmerait un avantage net pour le maire sortant. De quoi rassurer l’intéressé, même si la perspective d’un second tour demeure. Cela étant, la vraie difficulté pour ses opposants reste la même : incarner une alternative crédible. Et pour l’instant, les électeurs alésiens ne semblent pas pressés de tourner la page. 

Baumelou ne perd pas le nord. À Nîmes, la campagne municipale se joue sur tous les fronts. Mais certains semblent déjà regarder au-delà de l’échéance électorale. C’est le cas de Bernard Baumelou, directeur de cabinet de Franck Proust à Nîmes métropole, qui aurait déjà un pied hors du Gard. Il y a quelques jours, au Salon international de l’agriculture à Paris, l’homme de l’ombre de la majorité nîmoise n’était pas seulement venu serrer des mains sur les stands des territoires. Selon plusieurs témoins présents sur place, il aurait surtout profité de la présence de nombreuses délégations régionales pour passer… quelques entretiens d’embauche. « Avec sa petite valise professionnelle, certains élus gardois se demandaient ce qu’il faisait là », raconte un acteur nîmois présent au salon. « Bernard Baumelou ne s’est pas démonté. Il a expliqué très tranquillement qu’il faisait son marché pour la suite. » Plus surprenant encore, l’intéressé ne chercherait pas particulièrement à cacher son état d’esprit. « Il dit à qui veut l’entendre que la bataille municipale était perdue », glisse un autre observateur de la vie politique locale. Certains imaginaient pourtant que celui qui a été l’un des hommes clés de Franck Proust pendant six ans se préparait plutôt à faire valoir ses droits à la retraite. Il n’en serait rien. « Il lui reste encore deux années à faire pour obtenir sa pension complète. Donc il passe des entretiens », confie une source proche du dossier. Dans une campagne déjà tendue à Nîmes, ce genre de signal n’est jamais totalement anodin. 

Ça s’emballe aux Halles. À Alès, la campagne municipale a bel et bien pris ses quartiers sur le terrain. Et visiblement, tous ont eu la même idée. Si nombre d’entre eux n’ont pas hésité à critiquer la gestion des Halles de l’Abbaye, dossier pourtant emblématique pour le maire Christophe Rivenq, ils étaient malgré tout nombreux samedi dernier à venir y battre le pavé… et distribuer leurs tracts. Devant l’une des entrées, les équipes de Basile Imbert et de Paul Planque distribuaient leurs flyers quasiment côte à côte, tentant d’attirer l’attention des passants à la sortie des allées commerçantes. À l’intérieur des Halles, c’est l’équipe de Marc Infantès qui avait choisi de faire campagne, au plus près des étals. Le candidat du Rassemblement national, Anthony Bordarier, était quant à lui absent ce jour-là. Mais la formation n’était pas totalement invisible : l’assistant parlementaire du député Pierre Meurin avait pris position aux abords du bâtiment. Du côté du maire sortant, l’atmosphère semblait nettement plus détendue. Christophe Rivenq a préféré partager un apéritif avec des proches de son équipe, en présence notamment de figures locales engagées dans d’autres campagnes municipales, comme Philippe Ribot, le maire de Saint-Privat-des-Vieux. Mais pour certains commerçants, cette soudaine effervescence politique commence à agacer. « Ça fait un mois qu’ils viennent tous les week-ends : j'en peux plus ! », confie l’un des principaux exposants des Halles. « Vivement le 15 mars qu’on en finisse. Ils n’étaient pas là avant et ils ne seront pas là après, contrairement aux habitués de la mairie. Je leur dis même qu’ils empêchent mes clients de faire leurs courses tranquillement. » Et le commerçant d’ajouter, non sans ironie : « Ils se disent écolos, mais les gens jettent tous leurs papiers. Les poubelles des Halles en sont remplies. » 

À Saint-Hilaire-de-Brethmas, l’union impossible de l’opposition. Il y a quelques mois, plusieurs figures politiques de Saint-Hilaire-de-Brethmas se réunissaient discrètement autour d’un objectif commun : tenter de rassembler leurs forces pour battre le maire sortant, Jean-Michel Perret, lors des prochaines élections municipales. Parmi les participants à ces discussions figuraient notamment Sylvie Galtier et Gaël Mancuso, aujourd’hui tous deux candidats face à l’édile. La rencontre devait permettre d’explorer la possibilité d’une alliance électorale entre différentes sensibilités de l’opposition. Mais la tentative de rapprochement a rapidement tourné court. Selon Sylvie Galtier, des propos tenus lors de cette réunion par Gaël Mancuso — soutenu par le député du Rassemblement national Pierre Meurin — auraient mis fin à toute perspective d’accord. « Il a tenu des propos graves. Cela m’a profondément choquée, ainsi qu’une grande partie de mon équipe », affirme la candidate. « Après cela, il était compliqué de poursuivre les discussions. Je suis professeure d’histoire-géographie et je ne peux pas cautionner ce type de propos. » Pendant ce temps, le maire sortant observe la scène. Et dans ce climat de division chez ses adversaires, Jean-Michel Perret doit se frotter les mains.

Troisième mi-temps. Aux municipales, il y a toujours deux tours. Mais à Nîmes, chacun le sait : un troisième tour se joue presque toujours dans la foulée. Celui de la présidence de Nîmes Métropole. On se souvient encore de l’épisode de 2020. À l’époque, la bataille avait opposé Eddy Valadier, maire de Saint-Gilles — deuxième ville de l’agglomération — à Franck Proust, alors premier adjoint au maire de Nîmes. En 2026, tout dépendra du résultat à Nîmes. Si Franck Proust s’impose à la mairie, la question ne se posera pas : la présidence de Nîmes métropole devrait logiquement lui revenir. Mais si le scrutin tourne autrement, le paysage pourrait devenir beaucoup plus agité. Une victoire du communiste Vincent Bouget ou du candidat du Rassemblement national Julien Sanchez ouvrirait un scénario bien plus conflictuel. « L’extrême droite n’aura pas la présidence de Nîmes métropole. Un contre-pouvoir se mettra en place, quitte à isoler politiquement Nîmes au sein de l’agglomération », affirme un acteur bien informé de la vie politique nîmoise. Dans l’hypothèse d’une victoire de Vincent Bouget à la mairie de Nîmes, un nom circule déjà : celui de Rémi Nicolas, maire socialiste de Marguerittes, qui pourrait bien faire valoir ses ambitions. D’autant plus qu’il pourrait bénéficier d’un avantage stratégique. Face à un seul candidat d’extrême droite dans sa commune, Rémi Nicolas pourrait être réélu dès le premier tour, le 15 mars. « Il aurait alors une semaine d’avance sur le futur maire de Nîmes pour faire la tournée des maires et tenter de rallier les soutiens nécessaires », glisse un observateur du dossier. Et dans ce jeu d’influences, un autre facteur pourrait compter : la position de Carole Delga. Selon plusieurs sources locales, les colistiers de Vincent Bouget — à l’exception des communistes et des écologistes — pourraient se ranger derrière la ligne de la présidente de la région Occitanie. Autant dire que, quelle que soit l’issue du scrutin municipal, la bataille politique ne s’arrêtera pas aux portes de l’hôtel de ville. À Nîmes, le troisième tour pourrait bien être le plus imprévisible.

Faillite totale. Comme souvent en période électorale, certaines affaires ressortent au moment le plus opportun. À Lunel, où la bataille municipale fait rage, la campagne est entrée dans une phase nettement plus offensive. Pas moins de sept candidats briguent la mairie, et dans un tel contexte, chaque camp cherche à fragiliser l’autre. Dernier épisode en date : la résurgence d’une décision de justice visant Christophe Musset. Le 8 février 2024, le tribunal de commerce de Marseille a prononcé à son encontre une faillite personnelle d’une durée de sept ans. Cette décision, liée à la procédure collective de la chaîne locale La Chaîne Marseille (LCM), lui interdit pendant cette période de diriger ou gérer une entreprise. Un élément que certains adversaires politiques n’ont pas tardé à mettre en avant dans la campagne locale. Car Christophe Musset, ancien dirigeant de TV Sud et Via Occitanie, joue aujourd’hui un rôle de soutien stratégique auprès de la liste « Envie de Lunel », conduite par Stéphane Muscat. L’intéressé viserait, à terme, le premier rôle au niveau de l’agglomération. Pour ses opposants, la contradiction est évidente. « Comment quelqu’un qui a connu une faillite personnelle et qui est interdit de gérer une entreprise peut-il se prévaloir d’une compétence stratégique pour le développement économique du territoire ? », interroge ainsi une personnalité engagée sur une autre liste. De son côté, Christophe Musset n’hésite pas à répondre sur le terrain médiatique. L’ancien patron de médias régionaux a récemment mis en cause la déontologie de notre titre, utilisant pour cela un autre média bien implanté sur le territoire. Une situation qui ajoute une dimension médiatique à une campagne déjà particulièrement animée. D’autant que l’histoire est singulière : le média en question avait lui-même racheté par le passé une entreprise appartenant à Christophe Musset. À Lunel, la bataille électorale ne se joue donc pas seulement dans les meetings ou sur les marchés. Elle se mène aussi dans les colonnes des journaux. Et à quelques jours du scrutin, chacun attend désormais le verdict des urnes. Vivement le 15 mars.

Les travers de la politique. À chaque élection, les candidats donnés perdants cherchent à bousculer le cours des choses. Faute d’arguments solides sur leur programme, certains préfèrent tenter de discréditer le camp adverse par tous les moyens. Les méthodes sont connues : messages insultants sur les réseaux sociaux, rumeurs qui ne reposent sur rien, ou encore plaintes judiciaires aux fondements parfois fragiles. Les fameuses « boules puantes » de campagne, lancées dans l’espoir de troubler le jeu politique, même si elles trouvent rarement leur cible. Pour certains observateurs locaux, la campagne actuelle franchit un cap. « Ces municipales sont particulières. Nous ne sommes plus dans un débat programme contre programme, mais parfois dans saloperie contre saloperie. Les électeurs en ont assez de ces tensions déjà très présentes au niveau national. L’effet est dévastateur », analyse un acteur de la vie politique nîmoise. D’autres se veulent toutefois plus optimistes. « Les gens ne sont pas dupes. Ils voient bien qu’il y a une liste qui propose depuis longtemps l’apaisement et le retour au calme collectif, et d’autres qui ont choisi de laver leur linge sale en public. À la fin, le choix sera évident », estime un membre de l’équipe de Vincent Bouget. Reste à savoir si les électeurs suivront cette (mauvaise) lecture des événements. 

Le RN absent du débat d’Alès… mais devant sa télévision. Invité, comme l’ensemble des candidats, à notre débat des municipales à Alès ce mercredi 4 mars, Anthony Bordarier, tête de liste cévenole du RN, a finalement préféré présenter sa liste le même soir. Une étape normale dans une campagne, certes, mais annoncée tardivement : plus de dix jours après notre invitation. Difficile, dès lors, de ne pas s’interroger sur le choix de cette date. A-t-elle été fixée pour éviter les échanges et la confrontation avec les autres candidats, comme cela avait déjà été le cas avec un autre média ? La question mérite d’être posée. Car si la liste Rassemblés pour Alès n’était pas présente sur le plateau, elle ne semblait pas totalement désintéressée par le débat. Selon nos informations, les participants à leur soirée ont suivi les échanges en direct à la télévision. Une manière de regarder le débat… sans y participer. Dommage pour les électeurs alésiens, qui attendent toujours de connaître plus précisément le programme du RN pour leur ville.

On est encore là ! Dimanche prochain, le 15 mars, Objectif Gard se mobilise une nouvelle fois pour vous faire vivre les élections municipales au plus près du terrain. Toute la rédaction sera déployée pour suivre cette journée décisive. Et dès 19h45, rendez-vous pour notre grande soirée électorale en direct vidéo, diffusée sur Objectif Gard et sur l’ensemble de nos réseaux sociaux. Grâce à nos journalistes présents dans tout le Gard, mais aussi à Arles et Lunel, vous connaîtrez en priorité les résultats dans votre commune, accompagnés des premières réactions des candidats et des acteurs du territoire. En plateau, invités, élus, observateurs et sociétaires d’Objectif Gard décrypteront les résultats, analyseront les rapports de force et tenteront de dessiner les scénarios du second tour. Vous l’avez compris : pour ne pas interférer dans la campagne, votre rubrique « Ça reste entre nous » fera une pause exceptionnelle ces deux prochains dimanches. Elle fera son retour le 31 mars, une fois les maires élus et les nouveaux conseils municipaux installés. Ce jour-là, les résultats seront connus. Mais comme toujours en politique, la coulisse ne s’arrête jamais au soir des urnes…

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