Les trois, à qui la mission a été confiée, sont présents pour cette réunion hebdomadaire, assistés par la secrétaire de mairie, qui est celle qui possède réellement les clés du camion Trèves. Il s'agit de Gilles Cantal, préfet honoraire nîmois et président de cette délégation ; Alexandre Vigne, maire sortant de Lanuéjols qui ne s'est pas représenté, en vice-président ; et Robert Arjailles, contrôleur divisionnaire des impôts en retraite. Devant eux, un rétro-planning possible des trois mois qui suivent le premier tour des élections municipales du 15 mars, et qui aboutit à une éventuelle nouvelle élection municipale dont le premier tour serait le 7 juin.
"Trèves continue de marcher, la mairie continue de fonctionner dans des conditions normales", entame Gilles Cantal pour rassurer. Il a déjà pu le faire auprès des habitants, dont une soixantaine sont venus (soit plus de la moitié du corps électoral), vendredi 3 avril, à la salle polyvalente. "Notre délégation travaille sur deux axes : le fonctionnement courant et la préparation des élections. Avec un élu de terrain, un spécialiste des questions budgétaires et un ancien préfet pour animer l'équipe. On démontre ainsi que l'État ne laisse pas tomber une commune." Mais il n'est pas, pour autant, question de tutelle de l'un sur l'autre, car la commune et sa municipalité n'ont fauté en rien et ne laissent pas des comptes qui nécessiteraient que l'autorité étatique reprenne les rênes. Au contraire, en votant le budget primitif 2026 quelques jours avant la fin de son mandat, l'équipe municipale de Régis Valgalier rend un fier service à la délégation spéciale.
"La délégation spéciale remplit les fonctions du conseil municipal"
Car si "la délégation spéciale remplit les fonctions du conseil municipal", comme il est écrit dans l'arrêté préfectoral, "en aucun cas il ne lui est permis d'engager les finances municipales au-delà des ressources disponibles de l'exercice courant". Ni même de préparer un budget communal. L'adoption du budget, intervenue avant la fin de mandat du conseil municipal, facilite donc grandement le travail des trois personnes nommées. D'autant que, dès la mise en place de la délégation spéciale, il a fallu s'occuper de l'ouverture printanière du camping municipal. "On voit aussi dans quelle mesure nous pourrions lancer les travaux pour l'eau des jardins". Budgétés, ceux de la toiture de l'ancienne gendarmerie sont aussi attendus. "Une délégation spéciale ne doit pas faire perdre de temps à une commune", tranche Gilles Cantal.
Et il en sait quelque chose, lui qui en est à sa sixième mission au sein d'une délégation spéciale, après Blauzac, Saint-Laurent-des-Arbres, Vallabrègues, Théziers, ou le voisin aveyronnais de Saint-Jean-du-Bruel. "Ensuite, on remettra à la future municipalité un dossier d'information. Mais aussi des propositions et des perspectives pour permettre à la nouvelle municipalité de se lancer dès le début", poursuit Gilles Cantal. "On donne un regard extérieur pour délivrer quelques pistes pour l'avenir", abonde Alexandre Vigne. En attendant, "pour le fonctionnement, on s'appuie sur le personnel. On doit écouter les gens, sentir, voir." Un membre de la délégation, au moins, assure quotidiennement une permanence en mairie.
"On a même eu un souci pour l'entretien des locaux, en raison d'un arrêt maladie, mais on a pu faire un contrat de deux mois", illustre Alexandre Vigne. Si un habitant souhaite déposer une demande de permis de construire, elle sera instruite normalement. Même chose en cas de mariage : le président et le vice-président de la délégation spéciale peuvent assurer la cérémonie comme le ferait un élu. "On sera aussi présents aux commémorations, dépôts de gerbe, ou à la remise des prix pour le trail."
La réunion publique du vendredi 3 avril a aussi permis de sonder d'éventuels candidats à la municipalité. Et l'affaire serait en bonne voie, comme le racontait déjà Objectif Gard après les élections (relire ici). "Il faut laisser le temps au temps, philosophe Gilles Cantal, que chacun puisse avoir le temps de construire un projet. À la réunion publique, on a senti l'envie des gens de monter quelque chose."
En l'absence de liste, Trèves risquerait - cette fois-ci - la tutelle, et surtout la fusion avec une commune voisine, Lanuéjols semblant la plus évidente. L'occasion, pour Alexandre Vigne, de tordre le cou à une rumeur redoutée. "Je ne suis pas ici pour aider à une fusion avec Lanuéjols !, sourit l'ancien maire. Mais plutôt en tant que vice-président de la communauté de communes, que je suis toujours." Une communauté de communes qui votera, d'ailleurs, le 16 avril pour élire son président et ses vice-président(e)s. En l'absence du représentant de Trèves...
Après le trail du Trévezel, le 25 avril, les prétendants à la mairie se déclareront sans doute. Ils auront à le faire officiellement entre le 7 et le 21 mai, avec le dépôt des listes en sous-préfecture. Les élections doivent avoir lieu le 7 juin, voire le 14 juin pour un deuxième tour. On peine tout de même à croire que trois listes seront en concurrence...