Publié il y a 1 h - Mise à jour le 08.04.2026 - Thierry Allard - 5 min  - vu 165 fois

FAIT DU SOIR Olivier Galzi élu président du Grand Avignon : « tourner la page des divisions »

Olivier Galzi a été élu président du Grand Avignon ce mercredi

- Thierry Allard

Douze ans après, Avignon retrouve la présidence du Grand Avignon : le nouveau maire de la cité des papes Olivier Galzi (DVD) a été largement élu à la tête de l’Agglomération à cheval entre Vaucluse et Gard ce mercredi à Montfavet. Par la même occasion, le RN revient dans l’exécutif.

La séance a été introduite par le président sortant, Joël Guin, pour des « remerciements sincères » aux élus sortants et aux services. Finalement pas candidat à sa propre succession, Joël Guin a dit quitter ce mandat « avec un petit pincement au coeur ». Plus tard, il prendra brièvement la parole une nouvelle fois, pour « proposer le candidat Olivier Galzi », ce qui a étonné, compte tenu que le maire de Vedène était encore candidat à la présidence, certes pas officiellement déclaré, la semaine dernière face à… Olivier Galzi avant de jeter l'éponge vendredi.

Le maire d'Avignon n’était pas le seul candidat à la présidence, puisque deux élus d’opposition avignonnais, l’insoumise Mathilde Louvain et l’écologiste Mouloud Rezouali se sont aussi présentés. Ce dernier réclamera un vote à bulletin secret, et pas avec les télécommandes distribuées à chaque élu, sans être entendu. Puis étonnamment, le doyen de l’assemblée, Fernand Dall’Orso, lancera le vote sans qu’aucun des trois candidats n’ait pu s’exprimer en amont pour présenter son projet.

Un score sans appel

Le résultat sera sans appel : Olivier Galzi rafle 63 voix sur 73, soit 87,5 % des suffrages, loin, très loin devant Mouloud Rezouali (6 voix) et Mathilde Louvain (3 voix) et un vote blanc. Après avoir remercié les élus, Olivier Galzi estimera que sa large élection « est la meilleure réponse à apporter aux défis qui sont les nôtres, la meilleure réponse à nos administrés, aux acteurs économiques qui attendent un message d’unité et à nos partenaires, l’État, les Régions, les Départements, les EPCI voisins, qui attendaient aussi cette unité. »

Alors « nous devons tourner la page des divisions, entre la ville centre et les autres communes, entre les communes du Gard et de Vaucluse, faire tomber les remparts qui ont pu être érigés. » Continuant à creuser ce sillon, le nouveau président de l’intercommunalité dira avoir « entendu parler d’une volonté d’hégémonie de la ville centre, ce serait un non sens, d’un bloc gardois dont le rôle serait d'être un faiseur ou un défaiseur de majorité, ce serait un non sens, d’une ostracisation de certaines communes en fonction de leur étiquette politique, ce serait un non sens. »

Tout en disant faire sien le projet de territoire voté par la précédente assemblée, « un bon projet », il dira vouloir mettre « toute (son) énergie au service des défis » qui se présentent, « le développement économique, la transition énergétique et écologique, le logement, les mobilités à l’échelle du bassin de vie ».

Un « déni de démocratie » pour Mouloud Rezouali

Puis, alors qu’il s’agissait de fixer le nombre de vice-présidents, quinze, Mathilde Louvain demandera la parole. Olivier Galzi lui accordera, « même si ce n’est pas à l’ordre du jour » : « Je m’étonne qu’il ne soit pas à l’ordre du jour que les candidats puissent se présenter, je le regrette », lancera l’insoumise. Qui s’était présentée « pour porter la voix de ceux qu’on écoute pas », ainsi que pour porter des mesures comme la régie publique de l’eau, la gratuité des transports en commun, les enjeux environnementaux « qui doivent être connectés aux questions sociales », ou encore la politique de la ville, « une politique réparatrice des inégalités dont j’espère qu’elle fera partie de votre projet », dira-t-elle au président. Et, plus largement, « nos administrés méritent mieux que des arrangements, des mains serrées bien utiles, comme celles du RN. »

Puis Mouloud Rezouali prendra le micro pour « déplorer le fait que nous n’ayons pas pu présenter nos candidatures, je me demande, dans une démocratie, comment les électeurs peuvent se décider s’ils n’entendent pas les candidats. » Sa candidature, l’élu avignonnais dit l’avoir voulue « transversale, sur des valeurs de citoyenneté », avant d’estimer que « l’indépendance énergétique » du territoire était « la priorité des priorités », puis de demander à Olivier Galzi de « ne pas écouter les sirènes qui disent de rependre le projet écocide et mortifère de la LEO (la Liaison est-ouest, ndlr). » En aparté, l’élu avignonnais parlera de « déni de démocratie » tout en se disant « extrêmement surpris de cette procédure expresse qui laisse un goût d’inachevé et une grande frustration, il n’y a pas eu de débat. »

« Je ne suis pas sûr qu’avec 87 % des voix j’aie biaisé fondamentalement le scrutin », glissera Olivier Galzi, avant d’affirmer que « sur la gratuité des transports, rien n’est gratuit, il y a des communes qui paient avec de l’argent public payé par leurs administrés qui paient leurs impôts, donc ce ne sera jamais une gratuité du transport, il ne faut pas mentir. » Quant à la LEO, « je réaffirme que c'est un projet extrêmement structurant pour le territoire », dira-t-il, avant d’évoquer des partenaires institutionnels « qui attendaient cette unité pour reprendre le projet », qu’Olivier Galzi promet de « tout faire pour relancer ». « J’ai déjà quelques rendez-vous à Paris la semaine prochaine », précisera-t-il sans vouloir en dire plus à la presse à l’issue du conseil.

Le RN obtient deux vice-présidences

Les quinze vice-présidents ont ensuite été élus : la maire de Villeneuve Pascale Bories obtient la première vice-présidence. Elle était seule en lice pour le poste. En revanche, pour la deuxième vice-présidence, le maire RN du Pontet Joris Hébrard a vu son opposant municipal et vice-président sortant de l’Agglomération Jean-Firmin Bardisa se présenter contre lui. « Je vous propose de continuer à gérer ensemble avec clarté et cohérence, les discussions et les alliances en cours ne doivent pas nous faire perdre nos valeurs, lancera Jean-Firmin Bardisa. Il y a pour moi une limite nette, aucune alliance avec le RN. » Joris Hébrard se dira « pas très surpris » de la candidature de son opposant, à qui il a rappelé qu’il avait été « désavoué pour la troisième fois dans les urnes pontétiennes » lors des municipales. Joris Hébrard raflera 59 voix, contre 7 pour Jean-Firmin Bardisa, actant le retour de l’extrême droite dans l’exécutif communautaire.

Le nouvel exécutif du Grand Avignon • Thierry Allard

Même chose pour le poste de 4e vice-président, dévolu à Morières-lès-Avignon. Le maire RN Grégoire Souque était opposé à Annick Dubois, élue d’opposition et vice-présidente sortante de l’Agglomération. L’élue sortante mettra en avant son investissement et son « esprit constructif » et appellera l’assemblée à « défendre nos valeurs, préserver l’équilibre démocratique de l’institution et à faire barrage à l’extrême droite. » Grégoire Souque, évincé à la surprise générale de la vice-présidence en 2020, rappellera qu’il avait remporté les municipales avec « près de 70 % » des voix, et que ses électeurs « seraient surpris que je sois écarté une nouvelle fois par une combine de gauche, j’aurais du mal à leur expliquer qu’il y a de la démocratie au Grand Avignon. » Il n’aura pas à le faire : par 56 voix contre 15, le maire deviendra vice-président.

À l’issue de l’élection, Olivier Galzi lancera : « les scores massifs des vice-présidents, je m’en félicite ». Plus tard, devant les journalistes, le nouveau président du Grand Avignon estimera que les scores des vice-présidents RN « parlent d’eux-mêmes » et qu’il ne ferait « pas de différence entre les maires d'une couleur politique ou d'une autre. »

Le nouvel exécutif communautaire

Olivier Galzi (Avignon, président), Pascale Bories (Villeneuve, 1ère vice-présidente), Joris Hébrard (Le Pontet, 2e vice-président), Martine Durieu (Vedène, 3e vice-présidente), Grégoire Souque (Morières, 4e vice-président), William Bouquet (Entraigues, 5e vice-président), Paul Mély (Les Angles, 6e vice-président), Patrick Sandevoir (Rochefort-du-Gard, 7e vice-président), Philippe Inderbitzin (Roquemaure, 8e vice-président), Claude Morel (Caumont, 9e vice-président), Lionel Fischer (Saint-Saturnin, 10e vice-président), Sandrine Soulier (Pujaut, 11e vice-présidente), Philippe Armengol (Velleron, 12e vice-président), Yvan Bourelly (Saze, 13e vice-président), Jacques Demanse (Sauveterre, 14e vice-président), Dominique Ancey (Jonquerettes, 15 vice-présidente).

Il vous reste 80% de l'article à lire.

Pour continuer à découvrir l'actualité d'Objectif Gard, abonnez-vous !

Votre abonnement papier et numérique
à partir de 69€ pour 1 an :

  • Votre magazine en version papier et numérique chaque quinzaine dans votre boite aux lettres et en ligne
  • Un accès illimité aux articles exclusifs sur objectifgard.com
Thierry Allard

Politique

Voir Plus

A la une

Voir Plus

En direct

Voir Plus

Studio