Et elles ont pointé dès le début, lorsque le nouveau maire de Saint-Hilaire-d’Ozilhan, Anthony Vertaure, fera part de ses « inquiétudes » quant à une assemblée qui « n’a pas encore attaqué le mandat mais est déjà divisée. » Le nouvel élu regrettera de n’avoir « jamais eu l’occasion de discuter tous ensemble », une affirmation contestée par le maire de Fournès Thierry Boudinaud : « nous avons eu suffisamment de temps, dix jours, pour échanger, il y a eu une réunion à Domazan, je t’ai proposé d’échanger sur les enjeux, cet échange reste ouvert. » Le maire de Saint-Hilaire-d’Ozilhan maintiendra que son « ressenti est que nous sommes divisés », rejoint par un autre nouveau maire, celui de Saint-Bonnet Raoul Albisser, qui réclamera « un temps d’échanges ».
Le doyen d’âge Marin Grasset accordera une suspension de séance d’un quart d'heure pour permettre aux élus le souhaitant d’échanger, ce qui fut fait à l’extérieur du foyer communal, avant que la séance puisse enfin réellement démarrer par l’élection du président.
« Un moment charnière », « un tournant »
Deux candidats étaient face à face : le maire de Domazan Louis Donnet, et l’élu de Montfrin Philippe Marchesi. Louis Donnet ouvrira le bal, estimant que l’intercommunalité était à « un moment charnière », « un territoire qui regorge d’atouts, pourtant sa structure reste fragile, nous devons faire de cette fragilité une force. » Le maire de Domazan affirmera avoir « un objectif clair : préserver notre socle solide tout en impulsant une dynamique », avec « une gouvernance réinventée, à la transparence accrue », d’un EPCI « à l’équilibre budgétaire précaire », sur un territoire où « plus de 700 emplois ont été supprimés en dix ans ».
Parmi les priorités du candidat Donnet, « une politique d’aménagement volontariste », « la proposition d’un projet de territoire durable et commun », « créer ou étendre des zones économiques, la Pale à Fournès, la zone de Domazan et la transformation du site EDF à Aramon », le déploiement de l’irrigation en eau brute et le « développement de nouvelles filières et de circuits courts », « renforcer le partenariat avec l’EPCC du Pont du Gard » ou encore « finaliser les pôles d’échanges multimodaux ». « Notre territoire mérite mieux que la résignation, il mérite un projet ambitieux », conclura-t-il.
Philippe Marchesi a pris la suite pour estimer que le territoire était « à un tournant, l’heure n’est plus aux clivages partisans ». Il a ensuite parlé de lui, de son « tempérament apolitique », de son âge, « 72 ans, je n’ai aucune ambition de carrière, seulement une ambition de territoire, je serai ce président arbitre, garant de l’équité entre les 15 communes. » Se présentant comme rassembleur, Philippe Marchsi dira refuser « l’idée du sud contre le nord, des grandes communes contre les petites, nous formons un basin de vie et d’emploi indissociable. »
Cependant, « notre fragilité financière impose des choix courageux », a-t-il prévenu, avec une priorité : « le développement économique et l’emploi, pour en faire le moteur de notre santé financière. » Et ça passe par la zone de la Pale : « voir ces 17 ha en friche est un véritable gâchis, le symbole d’une dynamique à l’arrêt que nous ne pouvons plus nous permettre, cette zone doit devenir la vitrine économique de l’intercommunalité. » Philippe Marchesi s’engagera aussi à « structurer de véritables circuits courts », à faire bénéficier des retombées touristiques « toutes les communes », de transformer les Pôles d'échanges multimodaux « en véritables plateformes efficaces » ou encore de « créer une compétence santé intercommunale ».
Philippe Marchesi sera élu par 20 voix contre 11 pour Louis Donnet. Un écart qu’on retrouvera sur les élections des vice-présidents ensuite, au nombre de 6 pour l’instant, « pour laisser le temps à la concertation », affirme le président, qui compte « lors d’un conseil ultérieur proposer trois vice-présidences et cinq membres du bureau. » Le maire de Pouzilhac Thierry Astier prendra alors la parole pour dire qu'il voterait contre, et expliquer son vote car « dernièrement on nous a communiqué des chiffres qui nous interpellent concernant l’avenir de la CCPG. » Le maire affirmera discuter avec son équipe d'un possible départ de l’intercommunalité, justifiant le fait qu’il ne souhaite pas intégrer le bureau, et remettant sur la table un éventuel nouveau départ d’une commune, après Argilliers et Castillon-du-Gard.
Le nouvel exécutif communautaire
Philippe Marchesi (Montfrin, président), Pascale Prat (Aramon, 1ère vice-présidente), Thierry Boudinaud (Fournès, 2e vice-président), Fabrice Fournier (Meynes, 3e vice-président), Laurence Trapier (Valliguières, 4e vice-présidente), Murielle Garcia-Favand (Théziers, 5e vice-présidente), Marc Zammit (Comps, 6e vice-président).