Publié il y a 1 h - Mise à jour le 07.04.2026 - Propos recueillis par Coralie Mollaret - 4 min  - vu 166 fois

PAYS DE SOMMIÈRES Marc Larroque : « Je veux mettre tout le monde autour de la table »

Marc Larroque et Jean-Michel Andriuzzi sont en duel pour la présidence de l’intercommunalité

Marc Larroque et Jean-Michel Andriuzzi sont en duel pour la présidence de l’intercommunalité

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Le maire de Salinelles est candidat à la présidence de l’intercommunalité face au maire de Montpezat, Jean-Michel Andriuzzi. Vice-président sortant aux affaires scolaires et conseiller départemental, Marc Larroque est proche du président Pierre Martinez, battu aux dernières municipales. 

Objectif Gard : Pourquoi briguez-vous la présidence de l’intercommunalité ?

Marc Larroque : Cette communauté est à un tournant de son histoire. Il y a un tas de choses qui doivent être remises à plat. Il y a tellement eu de non-dits, de fausses informations… Ça a généré un climat délétère. Nos réunions étaient invivables et insupportables. Alors oui, peut-être que tout n’a pas été parfait du temps de Pierre Martinez… Mais nous avons la chance d’avoir une communauté de communes, à taille humaine, dans laquelle chacun doit pouvoir trouver sa place. Nos discussions doivent se passer dans le calme et la sérénité. On ne peut pas accepter les excès et outrances du précédent mandat.

« Excès », « outrances »… C’est-à-dire ?

On s’est fait insulter, traiter de menteurs ! On nous a dit que nos chiffres étaient faux… Il n’y a pas que l’opposant Jean-Michel Andriuzzi, même si c’est principalement lui. On n’est pas dans une cour d’école. Avec Jean-Michel, nous avons le même âge. Il faudrait que l’on puisse arriver à discuter, à poser les chiffres et dire tout ce qui ne va pas. Or, il n’a jamais vraiment été constructif. Moi, ça fait onze ans que je m’occupe des écoles. On a tout fait pour essayer de réduire les coûts. S’il a la solution, qu’il la donne !

Lui aussi à proposer de tout remettre à plat… Notamment les reversements d'argent aux communes après déduction des coûts des compétences assurées par l'intercommunalité. 

Bien évidemment. J’ai entendu son discours sur les attributions de compensation. Il faut être honnête et ne pas faire croire aux maires que, parce qu’ils ont sur leur territoire une entreprise qui s’installe, cela va leur rapporter une rentrée fiscale au travers de la CFE (cotisation foncière des entreprises). C’est faux. Les communes bénéficieront de la taxe foncière mais pas de la CFE qui, elle, est reversée aux intercommunalités.

Jean-Michel Andriuzzi explique que le mode de calcul du reversement aux communes est obsolète, ne tenant pas compte des évolutions du territoire... 

Je suis d’accord. Mais pour cela, il faut être certain que tout le monde accepte cette remise à plat. S’il y a un seul maire qui est contre, nous serons bloqués. À quoi cela va-t-il servir de payer une étude qui, même si elle est nécessaire, ne servira à rien ? Alors oui, cette règle est une ineptie. Aucun législateur ou gouvernement ne s’est aventuré à le changer… Mais c'est ainsi. Pas d'unanimité, pas d'action possible dans ce domaine. 

Vous avez évoqué au début de notre entretien des « non-dits » et des « fausses informations ». À quoi pensez-vous ?

Par exemple, quand Jean-Michel dit qu’il y a trop d’employés à la communauté de communes, c’est faux. Alors oui, nous avons augmenté les effectifs à l’office de tourisme. Mais c’est nécessaire pour irriguer notre territoire. Dans le scolaire, nous avons un nombre de personnels dans les écoles qui doit être en rapport avec le nombre d’enfants. Si le nombre d’enfants baisse depuis quelques années, dans le périscolaire, nous sommes en augmentation : en 2011, il y avait 1 200 enfants. Actuellement, nous en avons 1 450, tous les jours. Alors on peut peut-être diminuer le nombre d’emplois, mais dans le scolaire, ce n’est pas possible.

Quel est votre projet pour l’intercommunalité ?

Je veux remettre tous les points d’achoppement sur la table. J’entends certains élus de Calvisson dire que la commune a trop payé par rapport à ce qui a été fait sur le territoire. C’est faux. De mémoire, c’est de l’ordre de 2 M€ de contribution pour environ 4 M€ d’investissement de l’intercommunalité sur ce territoire. Le problème, c’est que l’on a entendu tout et son contraire. Il faut remettre les chiffres à plat, se mettre autour de la table et en discuter.

Votre projet consiste beaucoup à consulter. Finalement, vous ne tranchez pas ni n’arrêtez de propositions concrètes. N’est-ce pas un handicap pour votre candidature ?

Les choix, je ne peux les faire que si tout le monde est d’accord. Mon adversaire parle du personnel, des finances… Oui, on fera le point, mais avec les bons chiffres. Ce n’est qu’ensuite que l’on pourra décider ensemble. N’attendez pas de moi de grandes phrases. Je veux remettre les gens autour de la table. Actuellement, on n’a plus de dialogue dans cette communauté de communes.

Si vous êtes élu, attribuerez-vous une vice-présidence au maire de Montpezat ?

Honnêtement, ça me paraît difficile… Donner une vice-présidence à un opposant… Est-ce qu’à Nîmes, Vincent Bouget va donner une vice-présidence à Franck Proust ou Julien Plantier ? S’il veut nous expliquer comment ça marche sans nous insulter ou vociférer, on pourra s’entendre. Moi, je prends l’exemple du Conseil départemental : 90 % des décisions se prennent à l’unanimité, il y a très peu d’opposition.

Avec la défaite de Pierre Martinez à Sommières, votre réélection sur le canton de Calvisson, aux prochaines départementales 2028, n’est-elle pas risquée ?

Ce ne sont pas les mairies qui votent aux élections départementales. Ce sont les électeurs. Pour moi, ça ne donne pas de tendance. Ce sont deux choses vraiment à part. Aux départementales de 2021, avec Maryse Giannaccini, nous avons fait de bons scores dans des communes qui n’étaient pas forcément avec nous…

Maryse Giannaccini vous apporte-t-elle son aide dans l’élection pour la présidence de l’intercommunalité ?

Non, on sépare bien chaque chose. Elle a du travail sur la partie de son canton. Après, je ne dis pas que je ne l’ai pas au téléphone… C’est normal, nous sommes élus ensemble.

Enfin, avez-vous des nouvelles de Pierre Martinez ?

Oui, nous sommes amis depuis 20 ans. Nous étions amis bien avant la politique. C’est un amateur de rugby et nous avons des origines, tous les deux, dans le Sud-Ouest. Forcément, il y a des affinités.

Lire aussi : PAYS DE SOMMIÈRES Jean-Michel Andriuzzi : « Il faut remettre de l’ordre dans notre communauté de communes »

 
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