Objectif Gard : Dans quel état d’esprit abordez-vous votre sixième mandat à la tête de la commune ?
Gilles Gadille : Avec l’envie et l’énergie qui sont nécessaires pour un mandat. Je suis confiant.
« Dans une commune, il y a toujours des choses à accomplir »
Au bout de tant d’années, la fonction de maire ne vous lasse-t-elle pas ?
Je pense fortement, sans pouvoir l’affirmer, que je passerai la main au prochain mandat. Quand je finirai celui-ci, j’aurai 73 ans. Après, il faut être réaliste : j’aurai fait 38 ans de mandat, c’est bien.
Que vous reste-t-il à accomplir dans le village ?
En général, les élus disent qu’ils veulent terminer ce qu’ils ont commencé. Mais en fait, il y a toujours des choses à accomplir. Ce que nous avons fait lors du dernier mandat était important : déplacer la mairie, créer une salle des fêtes, refaire notre moulin. Il reste des projets : à côté de la mairie sont en train de se construire des logements sociaux. Quand on fera le bilan, on en aura fait au moins 80 sur la commune. On va également faire des aménagements dans le village, sur la voirie, créer du stationnement, des espaces verts… L’idée est de démolir de vieilles bâtisses pour aérer, avoir plus d’espace en cœur de village. Il nous faut aussi repenser l’éclairage et la vidéoprotection.
Le vieillissement de la population est-il un enjeu dans votre commune ?
Bien sûr. À Cabrières, le prix d’une maison atteint au minimum 350 000 €. Il faut donc disposer de moyens financiers importants pour accéder à ce type de bien immobilier. Ce n’est pas à la portée de tout le monde, et encore moins des jeunes. Les personnes qui s’installent ici ont souvent déjà eu un parcours de vie… Pour répondre à cet enjeu de vieillissement, nous portons un projet de maison partagée au sein d’un petit lotissement de 15 lots. Encore faut-il que l’aménageur, Angelotti, parvienne à concrétiser son projet. Nous ne pouvons pas accepter n’importe quoi : nous souhaitons une réalisation de qualité, bien intégrée au village. Quant à leur équilibre financier, c’est à eux de le trouver.
Aux municipales, le fait d’avoir été le seul candidat a-t-il été un soulagement ou un manque de challenge ?
Je ne me suis pas posé la question… En 2020, nous étions déjà seuls, même si le contexte était particulier avec la crise sanitaire. Cette année, une équipe a bien tenté de se constituer… L’un de mes élus pensait que j’allais m’arrêter. Je lui ai dit que je préférais continuer à réfléchir par moi-même (sourire). Je lui ai proposé de rester avec nous, mais il n’a pas souhaité le faire. Cela ne m’aurait pas dérangé d’avoir un débat contradictoire avec les membres de sa liste, mais ils ont préféré rester discrets. Finalement, mon ancien élu n’a pas réussi à constituer sa liste. Par ailleurs, nous avons enregistré une belle participation aux municipales : 60 %. Des habitants sont venus voter par solidarité, par reconnaissance… Cela fait plaisir.
« Je n’idolâtre personne »
Quelles sont vos relations avec les partenaires institutionnels comme le Département ou la Région ?
Au Département, il y a moins d’argent… Même si je vois régulièrement les conseillers départementaux Muriel Dherbecourt et Gérard Blanc. Quant à la Région, je la trouve un peu éloignée. C’est difficile de faire remonter un dossier. Après, peut-être que l’on s’y prend mal… Nous, nous n’avons jamais eu de retour de subvention du conseil régional.
Quel regard portez-vous sur le changement de gouvernance de Nîmes Métropole, vous qui avez participé à la création de la communauté d’agglomération ?
Chaque période correspond à une étape. Lors des premiers mandats, de 2001 à 2014, il n’y avait pas réellement de groupes politiques. Puis, à partir de 2014, les choses ont évolué. Ce n’était plus le maire de Nîmes, Jean-Paul Fournier, mais son adjoint, Yvan Lachaud, qui présidait l’Agglo. Cela a marqué une nouvelle phase. Nous avons alors été témoins de certaines tensions entre la Ville et l’Agglomération, même si cela ne nous concernait pas directement. Cela a malgré tout pu constituer un frein. Par la suite, avec Franck Proust, la présidence s’est voulue plus consensuelle.
Vous avez plutôt le cœur à gauche. L’arrivée de Vincent Bouget est-elle une bonne nouvelle pour vous ?
Je m’attache davantage à la personne qu’à sa sensibilité politique. Vincent Bouget est quelqu’un de posé, de calme. Il ne va pas tout bouleverser. Je le trouve ouvert d’esprit, sans agressivité dans ses propos ni dans sa manière d’être. Il fait preuve de bienveillance et de tolérance. Bien sûr, il a ses idées, et il faut les respecter, mais je ne pense pas que ce soit ce qu’il met en avant en priorité. Il montre une certaine ouverture, comme en témoigne le maintien d’Olivier Fabregoul à la vice-présidence au développement économique : c’est un signe fort. Après, je n’idolâtre personne. Au fond, l’objectif de chacun reste le même : faire au mieux.
« Il faut que l’Agglo monte en puissance »
Concernant l’avenir de Nîmes Métropole, pensez-vous qu’il faut que l’intercommunalité se dote de nouvelles compétences ?
Oui, c’est une question qui mérite d’être étudiée durant ce mandat, notamment sur des domaines comme le sport, la restauration ou encore une éventuelle évolution vers une communauté urbaine. Ce sont des sujets qui doivent faire l’objet de débats approfondis. Ces échanges seront d’autant plus intéressants qu’ils feront émerger des visions complémentaires, appelées à converger. L’objectif est clair : permettre à l’Agglo de monter en puissance.
Vous conservez votre vice-présidence au personnel. Quelle est votre mission exactement ?
La première chose est de m’entretenir avec Vincent Bouget afin qu’il me définisse sa feuille de route. Au quotidien, nous travaillons avec la DRH (direction des ressources humaines) pour mettre en place les aspects réglementaires, gérer les relations avec les syndicats et répondre aux situations particulières… Nîmes Métropole compte un peu plus de 400 agents. À l’Agglo, le télétravail a été instauré à la suite de la crise sanitaire, à raison d’un jour et demi maximum par semaine, avec l’accord du chef de service. Certains agents travaillent également sur une semaine de 4,5 jours. L’objectif est que chacun se sente bien au travail.
La mutualisation de certains services entre Nîmes et l'Agglo est-elle une bonne chose ?
Il faut que ce soit une volonté de la ville-centre. Si l’on arrive à faire des économies, de manière harmonieuse et intelligente, c’est dommage de ne pas le faire. Nous avions commencé à mutualiser avec l’ancien maire de Nîmes Jean-Paul Fournier, mais une partie a été détricotée ensuite, comme les finances.
Lors du dernier rapport sur l’égalité femme-homme, il est apparu que plus de 80 % du temps partiel était exercé par des femmes. Quel regard sur cette statistique ?
La société est faite comme ça. Beaucoup de mamans prennent du temps partiel. Ça ne relève pas de Nîmes Métropole mais de l’organisation mise en place par la famille.
Un temps partiel subi ou choisi ?
Est-ce que cela nous regarde ? Je ne peux pas entrer dans l’intimité des agents. Le rôle de l’employeur est de mettre en place ce temps partiel dans les bonnes conditions. Après, si quelqu’un veut venir me parler, bien sûr, je serai disponible.