Dernier meeting de campagne jeudi soir pour Patrick de Carolis et ses colistiers d’"Arles au cœur". La salle des fêtes était comble et les supporters qui agitaient des fanions bleu blanc rouge mis à disposition en ont eu pour leur argent. Patrick de Carolis et sa future première adjointe en cas de victoire, Mandy Graillon, ont tenu des discours particulièrement offensifs, à l’encontre de l’unique adversaire désigné, le candidat "communiste", Nicolas Koukas, le seul à pouvoir lui ravir la mairie dimanche soir.
En guise d’apéritif, deux colistiers se sont succédé à la tribune. Claire Mailhan, agricultrice à Gageron, a tenu à souligner combien ce secteur, bien représenté sur la liste du maire sortant "contrairement à celle de son concurrent", avait de l’importance pour la ville d’Arles. En Crau le Mérinos, le foin, les fruitiers ; en Camargue la riziculture, l’élevage de taureaux et de chevaux ; mais aussi la vigne, le maraîchage. "L’agriculture est en crise : crise de vocation, crise bureaucratique, crise de reconnaissance. Les écologistes radicaux nous méprisent, mais les véritables écologistes ce sont nous, ceux qui travaillent la terre qu’ils aiment. Le danger c’est l’écologie politique, dogmatique, idéologique qui s’est infiltrée partout… Nous avons des combats à mener, pour maîtriser le foncier, agir pour installer des jeunes. Nous devons mettre tous les acteurs autour d’une table pour avoir une vision à long terme et apaisée du territoire. C’est tout l’enjeu pour dimanche alors votez et faites voter 'Arles au cœur'."
"Les risques d’une gestion communiste"
Puis Bernard Matheron, opticien bien connu du centre ville aujourd’hui retraité, a loué toutes les transformations réalisées ces six dernières années, les animations hors saisons, la réfection de la place Wilson et de la Cavalerie, le projet de 100 nouveaux logements à l’ancien collège Mistral, entre autres. "Des efforts qui seront poursuivis par l’équipe de Patrick de Carolis à même d’attirer les investisseurs, les chefs d’entreprises, ce qui n’est pas le cas du candidat communiste allié de la CGT et de LFI."
Très clairement engagé contre Nicolas Koukas, le passage à la tribune de Martial Alvarez, maire de Port-Saint-Louis du Rhône, réélu au premier tour et haut la main dimanche dernier. Conseiller départemental et binôme de Mandy Graillon sur le secteur d’Arles, il est venu parler du "risque d’un retour à la gestion communiste d’une ville". "Nous l’avons connu et la réalité est brutale : hausse des impôts, fuite des entreprises, baisse de l’attractivité et le pire peut-être, c’est l’isolement. Car pour eux la ville, c’est un instrument politique... Arles doit pouvoir continuer à avancer, Arles a besoin de vous, alors dimanche, votez et faites voter pour Patrick de Carolis."
Un devoir d’exigence
Tout aussi pugnace à la tribune, Mandy Graillon, s’est défendue d’être "une fasciste, réactionnaire" comme certains la perçoivent. "On n’est pas fasciste quand on a les traditions dans le cœur, quand on parle provençal. J’ai passé beaucoup de temps à Barriol, à Griffeuille, au Trébon, nous avons créé des fêtes votives dans ces quartiers que nous aimons et où nous avons réalisé de bons scores." Remerciant les agents communaux qui l’ont "aidé à avancer", l’adjointe à la sécurité a plaidé le devoir d’exigence pour faire avancer la ville dans la bonne direction. "Pendant six ans, nous avons payé les pots cassés par nos prédécesseurs. Tout ne se voit pas, peut-être n’avons nous pas assez communiqué, mais nous avons fait du bien à notre ville. Il faut se battre pour poursuivre le travail. Dimanche nous avons besoin de vous. Votez 'Arles au cœur'".
Saluant chaleureusement son adjointe, "qui promet", Patrick de Carolis a d’abord eu un mot de remerciement envers les 7180 électeurs qui ont choisi sa liste lors du premier tour dont il tire les enseignements. Une gauche qui plafonne à 35 % des voix ; le score du rassemblement national en progression comme partout en France, et puis "l’échec de mon ancien premier adjoint qui n’a pas su convaincre : 86 % des Arlésiens n’ont pas soutenu sa démarche personnelle".
Aux électeurs de Jean-Michel Jalabert, Patrick de Carolis lance un appel : "Ne servez pas involontairement de marche-pied à monsieur Koukas. Faites le choix de la raison. Votez utile, rejoignez-nous."
"Je vous propose de transformer l’essai"
Revenant sur tout le travail accompli en six ans, le maire-candidat a insisté sur l’enjeu de dimanche. "Avec notre adversaire, ce sont bien deux visions clairement opposées qui s’affrontent car nous n’avons pas les même valeurs. Nous sommes pour l’autorité et le respect des règles face au laxisme, car (citant Charles Péguy NDLR) l’ordre et l’ordre seul fait la liberté. Le désordre fait la servitude. Nos valeurs, c’est l’audace et l’ambition, avec de nombreux projets, les papeteries Etienne, le quartier des Minimes, l’Espace Mistral. Autant de projet que monsieur Koukas s’est engagé à détruire." Puis d’énoncer le sérieux budgétaire face à la hausse des impôts, la culture qui sert l’humain et qui ne véhicule pas une idéologie, ou encore la préservation du patrimoine face à la ligne THT, et la défense de tous les agriculteurs.
Patrick de Carolis finit son discours en adressant un message q'il veut fédérateur : "Certains souhaiteraient que je fasse un choix entre les abstentionnistes, les électeurs de monsieur Jalabert, les électeurs de monsieur Benson, comme si on pouvait être le maire d’un camp ou d’une clientèle électorale. Oui je m’adresse à tous les Arlésiens sans distinction, quel que soit leur vote du premier tour. Vous avez dimanche un choix simple : voulez-vous retourner en arrière ans et revenir à l’immobilisme des 20 ans de communisme comme l’a connue notre commune avec les résultats que l’on sait ? Ou souhaitez-vous poursuivre l’élan indéniable donné depuis 2020 ? Je vous propose de transformer l’essai pour faire définitivement d’Arles une ville fière, ambitieuse, conquérante." Comme la dernière fois, au Patio de Camargue, une Marseillaise a conclu le meeting du maire sortant, chantant l'hymne français la main sur le coeur.