La flamme du Rassemblement National, n'a pas jailli à Pont-Saint-Esprit, lors des municipales en 2026. C'est le maire sortant, Valère Segal, qui s'est imposé largement, avec 54,53 % des voix. Un mandat complet est dans la ligne de mire de l'actuel élu municipal, pour construire "Le Pont de demain". La bataille avait été rude avec l'opposition, notamment avec un ancien conseiller municipal d'opposition, Emmanuel Lepargneux, aussi candidat, lors des élections municipales anticipées, dite "partielle intégrale", d'avril 2024.
Pour rappel, en 2020, le jeune politicien spiripontain, qui a depuis raccroché, ou plutôt mis entre parenthèses ses fonctions, avait terminé second, derrière Gérôme Bouvier, avec 34,55% (1 330 voix) des votes. Pourtant, malgré ce score notable, les espoirs placés en un candidat d'extrême droite, s'est semble-t-il vite évaporé. Le 22 mars dernier, parmi les cinq listes en lice, pour devenir le ou la prochaine maire de Pont-Saint-Esprit, aucun(e) ne s'était revendiquait du Rassemblement National. Pas même Aurélie Delwarte, rattachée au RN en 2024, qui a préféré depuis, prendre ses distances avec ce parti.
Porte-parole d'une partie de la jeunesse
Et si un nouveau visage, parvenait à porter l'étendard, de celles et ceux, qui défendent une autre vision à Pont Saint-Saint-Esprit ? Rachel Subirana veut-être une porte-parole d'une jeunesse nationaliste. Étudiante à l'université d'Avignon, et en alternance, cette spiripontaine de naissance, trouve du temps, pour aller à la rencontre de la jeune génération. Lorsqu'elle n'est pas au rayon fruits et légumes de l'Intermarché, la responsable de la 4e circonscription du RNJ (Rassemblement National de la Jeunesse, ndlr) tente de remplir son rôle et sa mission : "Je suis très attachée", avoue-t-elle. Avant de dire tout haut ce qui la heurte.
Pourquoi s'engager en politique, lorsque l'on est une femme bien occupée, à l'aube de ses 23 ans ? Celle-ci s'explique : "J'ai vu la société se dégrader. Il n'y a pas d'écoute du peuple. Au RN, une voix et une oreille nous écoute", considère-t-elle. Quelles sont les priorités pour améliorer le quotidien des habitants à ses yeux ? "La sécurité", annonce-t-elle. Un thème clé à mieux contrôler, selon cette politicienne déterminée.
"Redynamiser le centre-ville"
Car "on ne peut plus sortir le soir" à Pont-Saint-Esprit, témoigne-t-elle. "Il y a une augmentation de la prostitution, plus de trafic de drogues. Il y a même les tarifs sur les murs. Nous voyons les rues désertes", s'alarme Rachel Subirana, qui veut redorer l'image d'une ville du Gard Rhodanien, en reconstruction. "Redynamiser le centre-ville" est l'une de ses priorités, et celles portées par ses soutiens.
Son rôle, même si elle navigue entre deux villes, elle désire l'assumer, jusqu'au bout : "Il n'y a aucune raison que je les abandonne. Nous voulons garder cet esprit de groupe". Les résultats récents des élections municipales est une source de motivation. Au courant qu'une ville voisine, Bagnols-sur-Cèze, est passée sous pavillon Rassemblement National, avec l'élection de Pascale Bordes.
Lutter contre la délinquance
Un exemple à suivre selon ses dires : "Elle porte les mêmes idées que nous. On peut se réjouir du travail qu'elle a effectuée", énonce-t-elle, élogieuse. Même si à son avis, la lutte, pour plus de sécurité, voire de vitalité, à Pont-Saint-Esprit, commence à peine : "Je ne pense pas que la délinquance s'arrêtera à une heure précise", interprète-t-elle, soucieuse de sévir, plutôt que de faire de la pédagogie, avec les fauteurs de troubles. "C'est ce que l'on l'a fait en 2024, d'accès sur la santé, la sécurité", martèle, en réponse, le maire spiripontain.
Adversaires sur le papier, avec le maire réélu Valère Segal, la représentante de la RNJ, souhaite tout de même renouer le dialogue : "Nous ne sommes pas fermés aux discussions". La remise en eau des fontaines de Pont-Saint-Esprit, l'admet-elle, est une "bonne idée", lancée par la municipalité en place. Une action illustrée par les Foulées du Patrimoine, couronnée de succès, car elle allie sport et Histoire.
Avant de repartir, pour préparer un partiel, celle-ci se projete, avec sa casquette de politicienne locale : "On a reconstitué une équipe. Nous serons bientôt prêts à proposer un projet", avance-t-elle, avec une même volonté, chevillée au corps : "embellir la ville" et la rendre plus "sécurisée", sur du long terme.