A la uneActualitésSociété

NÎMES Grands jeux romains : poursuite des répétitions

Le spectacle est pour l’instant toujours prévu les 1er, 2 et 3 mai prochains dans les arènes de Nîmes.

Le champ de toutes les batailles (Photo Anthony Maurin).

Un grand pré parfaitement et récemment tondu. Séché depuis la dernière répétition et la pluie qui allait avec, le sol prend soleil et vent en ce samedi un peu spécial... Une répétition des Grands jeux romains se tient à Comps, comme si de rien n'était.

Un peu spécial ? En effet, alors que les restrictions pleuvent, que les confinements pointent le bout de leur nez et que les annulations de spectacles sont légion, les reconstituteurs des Grands jeux romains préparent encore le dixième anniversaire de leur sortie préférée.

Hadrien vous salue bien (Photo Anthony Maurin).

Pas d'Italiens. C'est normal, outre les problèmes sanitaires, ils ne viennent à Nîmes qu'au dernier moment, comme chaque année, mais répètent en partie de leur côté. La séance du jour est maintenue car il faut quand même préparer les spectacles du 1er, 2 et 3 mai prochains car à l'heure où ses lignes sont écrites l'annulation n'est pas annoncée.

L'empereur vient saluer les reconstituteurs (Photo Anthony Maurin).

La Leg X de Comps, une légion, arrive précédée d'archers. Les Mercenaires du temps de Codolet sont de la partie tout comme la Leg VI d'Arles. Le praeco (narrateur du spectacle), Éric Dars, en a fini avec les cours conventionnels mais pour l'heure sa voix porte celle de l'histoire passée, celle des GJR. Éric Teyssier, qui lui aussi en a fini avec les cours, concepteur du scénario et Pompée dans le spectacle, est accompagné de Mike, régisseur et animateur de la mise en scène.

Mike regarde la mise en place d'une tortue rétrécie et simplifiée pour dépouiller le mouvement et les phases cruciales de son exécution (Photo Anthony Maurin).

Le but de la journée est de répéter l'entrée en piste des troupes avec l'empereur Hadrien en personne (le nôtre, pas le vrai évidemment !) mais aussi la grande bataille finale de Pharsale et la fuite de Pompée en Égypte.

L'empereur arrive mais ne croyez pas qu'une âme humaine sera allongée de la sorte le jour J ! (Photo Anthony Maurin).

" C'est un peu bizarre mais on verra bien ", entend-on dans toutes les discussions. Les retrouvailles se font dans les règles de l'art, certains se touchent des coudes, d'autres des poings mais les plus esthètes choisissent d'entrechoquer leurs pieds. Le rendez-vous est donné pour démarrer la séance à 14h.

Pendant que certains se grattent la tête, prennent les armes et lisent le scénario, d'autres prennent une pause lascive au soleil... Les vrais travailleurs de l'ombre ! (Photo Anthony Maurin).

Dans le spectacle, avant le combat de gladiateurs et la course de chars, l'ensemble des troupes entre en piste et salue la foule des arènes. Macrinus et des légions déboulent alors, l’empereur et des celtes le suivent et la totalité de ce beau monde va prier Jupiter ou prêter serment à l'empereur ou un peu des deux on verra bien.

Les entraînements donnent des idées aux petits natifs du village. Un futur irréductible compsois ?(Photo Anthony Maurin).

Les protagonistes présents se mettent en place, sortent d'un toril improvisé et délimité par deux grosses pierres que deux braves légionnaires sont allés chercher sur les rives du Gardon, et c'est parti. On voit des boucliers, des casques, des glaives, puis des arcs et un barbu, c'est lui, Hadrien.

Éric Teyssier a trouvé l'idée mais les légions doivent le suivre (Photo Anthony Maurin).

Les troupes guerrières s'écartent pour accueillir majestueusement l'empereur quand il passe à leurs côtés. Ce dernier fend l'armée et la salue d'un geste magnanime. Et là, le drame... " Si on reste comme ça, on aura la plus belle vue sur les jupettes de nos Romains " lance une voix, celle d'Aureck, le cascadeur et confectionneur sur-mesure de sensations fortes.

Éric Dars, allongé encore plus près de la première ligne casquée, pour mieux prendre le soleil, l'annonce, " C'est pas mon type les Romains ! " Il préfère les Romaines.

Ça sent la fin... Mike à terre, Aurek en chemise à carreaux n'est plus très crédible après son tour en poney fictif...  (Photo Anthony Maurin).

Il y aura une scène en moins que d'habitude mais deux batailles se dérouleront avec des décors toujours aussi grandioses pour les GJR 2020. " Avant la bataille finale, on franchit le Rubicon, on prend Marseille, on va à Dyrrachium... L'idée, ici, c'est d'avoir des blocs de légions qui s'affrontent, alors rapprochez-vous ! ", crie Éric Teyssier. " Nous on craint les postillons chef ! ", s'amuse un légionnaire un peu rebelle.

Pause ensoleillée pendant un changement de position en piste (Photo Anthony Maurin).

Maintenant, Pompée part à la poursuite de César qui ne parvient plus à trouver de soutiens. Les deux camps s’affrontent à Pharsale au nord de la Grèce. Les deux armées sont épuisées mais César finit par triompher et Pompée s’enfuit pour ne pas être capturé. " En bleu, c'est Pompée, c'est moi ! ", avoue avec une rigolote grandiloquence le maître Teyssier qui jouera aussi son rôle traditionnel de Macrinus le Nîmois.

Un empereur ravi de ses troupes (Photo Anthony Maurin).

" Je vous demande un effort d'imagination... ", poursuit Éric Teyssier. Oui il en faut un poil car 50, c'est pas 500 ! Il y aura en mai 500 personnes en piste donc autant de possibilités de ne pas être parfaitement raccord avec le script. " Allez, on le refait car c'était tellement beau que je pense que c'est de la chance. Allez on le refait car là, c'est du hasard certainement ! " Ni chance ni hasard, les troupes y mettent du cœur et restent concentrées car tout se joue maintenant. Le scénario évolue au fil des minutes.

Une petite pause bien méritée. Pour boire, on ne le fait pas au goulot, à l'ancienne, mais dans des verres personnels prévus à cet effet... Les temps changent vraiment ! (Photo Anthony Maurin).

" Ça, c'est la V17 (NDLR lisez version 17) ! Eh oui, c'est toujours comme ça, tu vois ? C'est ici que ça se passe, on peut faire le meilleur des scripts au bureau, on le rode toujours sur le terrain et ça nous permet d'ajuster. C'est toujours un plaisir, c'est du spectacle vivant ! ", lâche Mike avec un large sourire aux lèvres.

" Allez, on refait le tout et on va goûter ! ", conclut Éric Teyssier. Mais à la fin, Septimus tue Pompée et César devient enfin César...

Les plans se font et se défont. Ainsi font, font, font... (Photo Anthony Maurin).

En attendant la suite des événements, César sera incarné par Thierry, un Tourangeau qui vient de Vendée à ce qu'on dit. Domitius, vous le connaissez déjà car il prenait les traits de Marius, star des Grands jeux 2019, c'est Jean-Pierre Fernay.

Aureck sera Marc-Antoine, et Caton sera joué par un mercenaire du temps. Marc Barbier interprétera logiquement un Grec et quelques surprises viendront émailler les représentations. Le directeur de Culturespaces à Nîmes, Christophe Beth, donnera sa voix à Vercingétorix quand Valérie Espin sera celle de la déesse Venus, son premier rôle.

En guise de clôture de séance, une petite vidéo, à destination des amis italiens, frère et sœurs d'armes qui sont bloqués ou victimes du virus, a été tourné. " Si avec ça ils ne guérissent pas... Ça les motivera au moins ! "

L'équipe visionne la vidéo tournée pour les Italiens (Photo Anthony Maurin).

Dans l'ensemble, voici l'histoire du scénario de cette année. Nous sommes en 49 avant notre ère et vous verrez la suite du destin de Jules César, conquérant des Gaules. Pour accéder au pouvoir à Rome, il affronte son plus grand rival, le consul Pompée le Grand, conquérant de l’Afrique du nord et de l’Orient.

Les GJR évoqueront cette guerre civile romaine à travers plusieurs batailles célèbres : le siège de Marsiglia, le siège de Dyrrachium, la bataille de Pharsale remportée par César. Poursuivi par César, Pompée se réfugie en Égypte, où il est donc assassiné. César triomphe, soumet l’Égypte et rencontre Cléopâtre...

Pour acheter vos places, c'est par ici. Pour une partie du programme des festivités prévues, c'est par là.

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

3 réactions sur “NÎMES Grands jeux romains : poursuite des répétitions”

  1. Ils confirment l’adage: « complètement con ces romains… »
    Se regrouper ainsi en rangs serrés avec le Covid 19 qui poursuit son invasion, il faut être idiot ou complètement barrés. Vos proches à qui vous allez peut être transmettre le virus vous remercierons.

    1. je crains qu’il y a un nombre bien supérieur de mou du bulbe dans le Gard que dans les autres régions et je ne pense pas finir ma vie ici

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Bouton retour en haut de la page
Fermer
Fermer

Adblock détecté

S'il vous plaît envisager de nous soutenir en désactivant votre bloqueur de publicité