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FAIT DU SOIR La cellule de prévention veut anticiper une probable vague d’entreprises en difficulté

Ce vendredi comme chaque mois depuis le début de la crise sanitaire, la cellule de prévention et de traitement des difficultés des entreprises, composée notamment d'élus de la CCI et du tribunal de commerce, s'est réunie. L'occasion de faire un point sur la situation économique des 75 000 entreprises du département. 

Jusqu'ici tout va bien. "Nous notons une baisse de 36% des entreprises en difficulté par rapport à 2020 et de 57% par rapport à 2019, chiffre Jean-Marie Albouy, président du Tribunal de Commerce de Nîmes. Aujourd'hui, les aides gouvernementales sont extraordinairement efficaces. Mais il faut être lucide, quand il faudra rembourser le prêt garanti par l'État (PGE) et les cotisations en retard cela risque d'être plus compliqué, notamment pour les petites structures." 

En moyenne en temps normal, 600 entreprises déposent le bilan dans le Gard chaque année. Une tendance qui a été considérablement freinée par les dispositifs d'aides étatiques mis en place depuis le début de la crise sanitaire. "En 2020, nous n'avons eu à traiter que 300 dépôts de bilan, et ce début d'année il n'y a eu qu'une trentaine de dossiers à traiter. Mais les difficultés de ces sociétés n'ont pas disparu, bien au contraire, estime Jean-Marie Albouy. Elles ont simplement été reportées dans le temps. Il faut s'attendre à une vague importante à la reprise." 

Anticiper les difficultés à venir

À l'heure actuelle, pour la commission de prévention, l'heure est donc à l'anticipation. "Nous sommes une cellule informelle et transversale qui met en relation la CCI, le tribunal du commerce, des avocats, des comptables et des banques, indique Éric Giraudier, le président de la Chambre de commerce de l'industrie du Gard. L'objectif est de coordonner nos informations et nos actions au service des entreprises pour les accompagner au mieux quand les difficultés apparaîtront. Car ce n'est pas parce que tout va bien aujourd'hui que ce sera aussi le cas demain."

Tous incitent d'ailleurs les entrepreneurs à anticiper le plus possible les problèmes qui pourraient apparaître. "Il faut qu'ils passent du statut de victime à celui d'acteur", image Jean-Marie Albouy. Tandis qu'Éric Giraudier complète : "Là où les choses se passent mal c'est quand elles n'ont pas été anticipées. Les chefs d'entreprise ne doivent pas rester isolés. Ils peuvent se faire aider par leur avocat, leur comptable, la CCI ou le tribunal de commerce. La commission permet à tous ces interlocuteurs d'être sur la même longueur d'onde et de trouver des solutions adaptées au cas de chacun." 

Une aide psychologique mise en place

"Le tribunal peut faire peur, reconnaît sa vice-présidente, Marie-France Bancel. Mais nous pouvons conseiller les entreprises en difficulté en toute amabilité et confidentialité. Notre rôle est d'identifier les meilleures solutions face aux problèmes de chacun. Après quoi, le chef d'entreprise est bien sûr libre de conduire des actions comme il l'entend." 

Pour pallier à cette situation inédite, une association a également été montée pour apporter une aide psychologique aux entrepreneurs. "Le stress accumulé peut engendrer une détresse importante et un risque de suicides non négligeable, prévient Marie-France Bancel. L'association APESA est là pour accompagner les personnes les plus touchées." Car la crise sanitaire est en passe de devenir une crise multidimensionnelle.

Boris Boutet

APESA numéro vert : 0805 65 50 50

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