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VINS Une nouvelle campagne de communication engagée pour les Côtes du Rhône

Le président d'Inter Rhône Philippe Pellaton, entouré de ses deux vice-présidents Samuel Montgermont et Denis Guthmuller (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)
Le président d'Inter Rhône Philippe Pellaton, entouré de ses deux vice-présidents Samuel Montgermont et Denis Guthmuller (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

L’interprofession des Côtes du Rhône Inter Rhône a présenté ce jeudi à Sorgues (Vaucluse) la nouvelle campagne de communication de l’appellation. Une campagne axée sur l’engagement, et prochainement déployée en France et à l’international. 

Les temps changent, et la communication autour du vin aussi. Ainsi, la nouvelle campagne des Côtes du Rhône se veut « dans la rupture avec ce que nous avons pu faire », présente le président d’Inter Rhône, le Laudunois Philippe Pellaton. 

La rupture, c’est que cette campagne ne vise plus à appuyer la notoriété des Côtes du Rhône, mais à aller chercher une clientèle en quête de sens dans ses achats. C’est la raison pour laquelle « quatre thèmes sont à l’honneur, la transparence des pratiques, protéger la biodiversité, respecter les terroirs et préserver les ressources et transmettre un héritage », pose Philippe Pellaton. Le fait que les vignerons de l’appellation soient engagés dans une démarche de réduction d’utilisation de désherbant, mais aussi vers une certification Haute valeur environnementale ou équivalente pour à terme 100 % du vignoble sont autant d’arguments avancés par Inter Rhône. 

Sur la biodiversité, le vice-président d’Inter Rhône Denis Guthmuller rappelle que des chartes ont déjà été signées et sont en cours d’application sur les paysages et les pratiques, « et cette année un observatoire de la biodiversité a été mis en place, avec l’objectif de pouvoir faire un état des lieux », explique-t-il. Par ailleurs, des nichoirs à mésanges et à chauve-souris ont été installés dans le vignoble pour favoriser la biodiversité et limiter l’usage d’intrants. 

Sur le respect des terroirs et la préservation des ressources, le vice-président d’Inter Rhône Samuel Montgermont évoque l’essor du vitipastoralisme, comprendre le pâturage de brebis juste après les vendanges ou encore les labels environnementaux « qui explosent, aujourd’hui c’est un tiers de la surface du vignoble, en 2025 ce sera plus de 70 %. » D’ailleurs sur ce point, la bascule est faite : « nous avons dépassé la notion de contrainte réglementaire, nous sommes dans une philosophie, un cheminement personnel, un grand mouvement est en marche », affirme Samuel Montgermont. Idem sur les déchets, avec la mise en place d’une filière pour les plastiques et cartons. 

Enfin, sur la transmission, Philippe Pellaton évoque « un aspect technique, avec la mise en place de l’Institut rhodanien à gouvernance interprofessionnelle » qui travaille « sur le changement climatique, l’eau, le potentiel de production, l’agroécologie avec des variétés résistantes aux maladies, la sortie du désherbage, les vins sans résidus et sans sulfites. »

Le vigneron Grégory Brunel illustre la nouvelle campagne des Côtes du Rhône (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Voilà pour le discours qui accompagne cette campagne, illustrée par des portraits de vignerons de l’appellation, comme Grégory Brunel, du domaine Géorand, à Chusclan. Issu d’une famille de vignerons « depuis 1600 », Grégory Brunel exploite 123 hectares avec ses cousins. Il n’est pas en bio, mais en « raisonné », tout en traitant une partie de son vignoble uniquement avec du cuivre et du souffre, comme en bio. « Je suis engagé Haute valeur environnementale niveau 3 depuis trois ans, et je vais certainement débuter le bio cette année sur le blanc », explique le vigneron. 

Illustration du message de la campagne, Grégory Brunel a installé des nichoirs sur son vignoble, et compte désormais planter des haies et des arbres pour favoriser la biodiversité. Par ailleurs, il utilise des herbes dans les rangées pour créer ensuite un paillage. « On arrive à gagner un mois de l’arrosage qu’on n’a pas en évitant l’évaporation, et on limite les passages de tracteurs, ce qui joue aussi sur le bilan carbone », commente-t-il. 

On retrouve le vigneron dans le film et sur un des visuels d’une campagne qui se veut « bien dans son temps, dans les enjeux du moment », estime Philippe Pellaton. Reste à voir si le message sera porteur. 

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

Thierry Allard

32 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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