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FAIT DU SOIR Après la Présidentielle, la Gauche à l’heure des règlements de compte

Denis Bouad, en discussion avec Nicolas Pellegrini, jeune Insoumis (photo : Nicolas Dhombres)
Denis Bouad, en discussion avec Nicolas Pellegrini, jeune Insoumis (photo : Nicolas Dhombres)

Au soir du premier tour de Présidentielle, la Gauche a eu la gueule de bois. Le candidat de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a raté de peu sa qualification au second tour. Aujourd’hui les partis veulent solder leurs anicroches de campagne dans l’espoir de se refaire aux élections législatives. 

Dimanche, la soirée des Insoumis a été longue… Jusqu’au bout, ils ont cru en la qualification de leur champion. Finalement, c’est la candidate Rassemblement national qui se qualifie au second tour, à 1% près. Le score de Jean-Luc Mélenchon est toutefois meilleur qu’en 2017 avec 22% des voix, malgré la présence de trois autres candidatures de Gauche :  le communiste Fabien Roussel, l’écologiste Yannick Jadot et la socialiste Anne Hidalgo. À Gauche, la campagne du premier tour de la présidentielle a laissé quelques traces. Après l’entrée en guerre de la Russie en Ukraine, les candidats PS et EELV ont vertement critiqué la position jugée complaisante de Jean-Luc Mélenchon à l’endroit du président russe, Vladimir Poutine.

Les anicroches de la campagne électorale 

Lundi soir, sur le plateau de Bonsoir le Gard, le chef de file LFI de la sixième circonscription, Nicolas Pellegrini, n’a pas manqué de le rappeler au sénateur PS Denis Bouad que « tout le long de la campagne et même avant, le PS nous a dit que nous étions sortis du champ républicain ! » En réaction, Denis Bouad se rappelle à son tour au souvenir du Nîmois : « Qui voulait de véritables primaires six mois avant les élections ? » Un partout la balle au centre. Après le PS, les communistes sont aussi dans le viseur des Insoumis : « C’est vrai qu’il y a des électeurs de Jean-Luc Mélenchon qui estiment que sans la candidature de Fabien Roussel, on aurait pu être au second tour », a constaté Nicolas Pellegrini qui ne partage pas cet avis estimant que sa candidature « a permis d’élargir le spectre de la Gauche. » 

Arnaud Bord, patron du Parti Socialiste dans le Gard (photo : Nicolas Dhombres)

Pour le responsable du PS du Gard, Arnaud Bord, « les paroles malheureuses sont le lot des campagnes électorales ». À l’approche des élections législatives, « chacun va devoir prendre ses responsabilités. Soit on reste dans nos querelles de boutiquiers, soit nous trouvons des points de convergences pour faire élire des députés de Gauche et permettre à l’Assemblée nationale d’être un véritable contre-pouvoir ». Si les discussions sont nationales, les fédérations dans le Gard entendent se rencontrer. « Pour que l’union marche, il faut d’abord parler programme et avoir un contenu commun », poursuit le socialiste.

Chacun devra donc faire des concessions même si les programmes de Jean-Luc Mélenchon, Anne Hidalgo, Fabien Roussel et Yannick Jadot ont quelques similitudes. Jean-Luc Mélenchon et Anne Hidalgo proposaient une réduction du temps de travail, soit à travers la semaine des 32 heures ou la sixième semaine de congés payés. Concernant la lutte contre le réchauffement climatique, Jean-Luc Mélenchon et Fabien Roussel proposaient un mix énergétique même si le communiste ne comptait pas sortir du nucléaire. « On a des différences, c’est vrai mais rien n’est insurmontable », pointe Frédéric Deschamps du Parti communiste qui prend exemple sur l’union des dernières élections départementales.

« L’hégémonie du PS, on en a soupé ! » 

Aujourd’hui, le rapport de force est clairement en faveur de la France insoumise. « Attention, il ne faut pas retomber dans l’hégémonie comme avec le PS, on en a soupé ! », s’exclame Frédéric Deschamps. L’Insoumis Nicolas Pellegrini indique que « la décision d’une union ou pas se prendra au niveau national. Mais pourquoi pas ? On peut imaginer que des députés PCF viennent sous la barrière de l’Union populaire qui serait la maison commune de la Gauche ». Le partisan de Jean-Luc Mélenchon ne sont toutefois pas dupes : « Sans union, il y a fort à parier que le nombre de députés PS fondra comme neige au soleil. Les écologistes ont aussi besoin de nous pour avoir des élus et rembourser leur 2 M€ de dette ! ».

Implantés dans le Gard, socialistes et communistes entendent remettre les pieds sur terre à LFI : « Les élections Législatives ne sont pas les mêmes que la Présidentielle. Le vote utile sera moins fort et nos formations politiques vont retrouver des couleurs ! » Arnaud Bord s’en souvient : « En 2017, le candidat socialiste a fait 4% sur la 4e circonscription à la Présidentielle et le député Fabrice Verdier a fait 16% aux Législatives ! »  Dans le Gard, la 5e circonscription est la plus favorable à la Gauche. Reste à savoir qui sera le candidat de l’union.

Michel Sala, chef de file LFI et maire de Saint-Félix-de-Pallières ? Le communiste Sylvain André, maire de Cendras et président de l’association des maires ruraux du Gard ? Ou encore le socialiste Martin Delord, conseil départemental du Vigan ? Le casting est dense… « Tout peut se discuter. N’oublions pas non plus qu’aux Législatives, les personnalités comptent et les communistes sont implantés dans le département. » C’est à se demander si, à Gauche, l’union n’est pas plus compliquée que le scrutin en lui-même.

Coralie Mollaret 

coralie.mollaret@objectifgard.com

Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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