Publié il y a 1 h - Mise à jour le 09.07.2026 - Julia Razil - 3 min  - vu 147 fois

ARLES Pourquoi les organisateurs de Nuit de la Roquette ne rempilent pas cette année

La Nuit de la Roquette. 

- Photo Gilles Garnier

Pendant de nombreuses années, la Nuit de la Roquette, organisée par le Comité d'intérêt de quartier, aura été l'un des événements les plus attendus et appréciés de l'été arlésien. L'édition 2026 aurait dû se tenir ce jeudi 9 juillet.

"Le CIQ communique pour clarifier les choses : la Nuit de la Roquette n'aura pas lieu cette année. Suite aux débordements des deux dernières éditions ne correspondant pas à l'esprit de notre événement, le CIQ informe qu'il n'est ni impliqué, ni responsable des animations qui pourront avoir lieu le jeudi 9 juillet dans le quartier." C'est par ce message, clair et sans détour, que le Comité d'intérêt de quartier (CIQ) de la Roquette a annoncé qu'il n'y aurait pas, cette année, de Nuit de la Roquette. Une nouvelle qui a déçu de nombreux Arlésiens. "On a même été surpris par tant de réactions à ce message, confie Véronique Duris, la présidente du CIQ. Beaucoup ont dit regretter que ça ne se fasse pas, ont demandé les raisons. On ne pensait pas que ça toucherait tant de gens."

Il faut dire que depuis 2008 - date à laquelle la Nuit de l’Année a quitté le quartier, poussant les habitants à se mobiliser pour perpétuer une soirée centrée sur la photo au cœur de la Roquette - l’événement s’était imposé comme un incontournable de l’été arlésien. Chaque jeudi de la semaine d’ouverture des Rencontres de la photo, c’était le rendez-vous à ne surtout pas manquer. "On pouvait m’inviter à n’importe quoi d’autre, cette soirée, je ne la ratais jamais", sourit Cathy, habitante du quartier. "C’était le moment où on se retrouvait tous. J'en garde plein de souvenirs. Je me souviens notamment de ce monsieur qui avait avancé son piano jusqu’à sa baie vitrée pour jouer pour les passants dans la rue..."

Car tel était l’esprit originel de la manifestation : une soirée où les maisons s’ouvraient, où leurs façades servaient de support à des projections inédites, où les commerces offraient leurs vitrines ou leurs locaux, et où chacun, quel qu’il soit, pouvait exposer ses photos ou ses créations artistiques. Et ce, sans aucune sélection : plutôt rare. "On adorait la Nuit de la Roquette, parce qu’on entrait dans des maisons atypiques, on découvrait des expositions dans des garages, dans des caves, raconte Jérôme, un autre habitant. Nous, on prêtait notre façade pour des projections. C’était magique de déambuler dans les rues, en famille ou entre amis. C'était comme si tout le quartier offrait un spectacle son et lumière."

Jusqu'à 6 000 personnes

Née de la mobilisation d’une poignée de Roquettiers, la Nuit de la Roquette était devenue, au fil des ans, un événement capable de réunir 5 000 à 6 000 personnes en une soirée. Une quinzaine de bénévoles s’investissaient dans son organisation, des mois à l’avance. Et bien plus encore le jour J. "Chaque année, on élaborait un jeu de piste avec une thématique, rappelle Nathalie Israelian, bénévole de la première heure elle aussi. Entre 35 et 40 lieux d'exposition étaient recensés à travers tout le quartier. C’était une belle organisation collective, toutes générations confondues." Pour monter cet événement, le travail était titanesque… "mais on se marrait !".

Pourtant, l’énergie collective s’est peu à peu épuisée. Et puis, la Nuit de la Roquette a, petit à petit, pris une autre tournure sous l'impulsion de personnes étrangères au CIQ, au point de dénaturer ce rendez-vous précieux. Le comité, purement bénévole, avait le sentiment de devenir presque un prestataire. Des comptoirs improvisés et de la musique à fond ont essaimé ça et là… Loin, trop loin de l’esprit originel. La fête n’était plus la même, et l’idée de la photo au centre de l’événement s’est estompée. "On ne reconnaissait plus l’esprit autour de l’image, du collectif, de la photo amateur au sens noble du terme", regrette Nathalie. Sans compter les manquements à la charte de la Nuit de la Roquette, notamment en matière de respect des voisins et de nuisances sonores.

Une pause pour mieux renaître ?

Dès lors, hors de question pour les membres du CIQ de porter la responsabilité d’un événement dans lequel ils ne se reconnaissaient plus. "Que ce soit clair : chacun prend ses responsabilités cette année. Nous, on ne fait rien", lâche Véronique. Quelques animations sont effectivement prévues dans différents lieux de la Roquette. Le quartier ne sera d'ailleurs pas bouclé comme il l'est depuis 2008 à l'occasion de cette soirée.

Pourtant, cette absence pourrait bien être un mal pour un bien. Face au petit "électrochoc" provoqué par cette annonce, les organisateurs ont retrouvé un regain d’envie : celle de préparer, pour l’année prochaine, un revival de la Nuit de la Roquette, fidèle à son esprit originel. En s’appuyant sur les forces vives qui se sont manifestées ces derniers jours, et surtout, en s’assurant, en collaboration avec la Ville, de conserver la maîtrise de l’événement. Avec un objectif : revivre cette folle Nuit de la Roquette qui manque tant à beaucoup.

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Julia Razil

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