Publié il y a 1 h - Mise à jour le 09.07.2026 - Yannick Pons - 3 min  - vu 461 fois

FESTIVAL DE NÎMES Marilyn Manson plonge les arènes dans le noir

Marilyn Manson

- Yannick Pons

L’Antichrist Superstar est revenu dans les arènes ce mercredi 8 juillet, invité par le festival de Nîmes. Plus besoin de brûler une Bible quand les basses font trembler les pierres. Les arènes exultent.

Trente ans après ses premiers fracas, Brian Hugh Warner traîne toujours derrière lui une silhouette unique, des obsessions morbides et cette réputation de meilleur ennemi de l’Amérique conservatrice. Sous le maquillage, le blasphème et les outrances, Marilyn Manson construit depuis trois décennies une critique de la société américaine des médias et de la religion. Interrogé par Michael Moore dans Bowling for Columbine sur ce qu’il dirait aux familles des victimes de la tuerie de Columbine, il répond par une phrase devenue célèbre. « Je ne leur dirai pas un seul mot. Je les écouterais. C’est précisément ce que personne n’a fait. »

Sa tournée One Assassination Under God lancée en 2025 à la sortie de son douzième album relance l’histoire d’un artiste qui a fait de la provocation une matière première sans perdre sa puissance créatrice. Après Milan, Munich, Lisbonne ou Séville, elle passait ce mercredi par les arènes de Nîmes. Le 14 août, l’Américain publiera One Assassination Under God – Chapter 2.

La première partie était confiée à Vowws, duo australien installé à Los Angeles. Le groupe revendique une death pop nourrie par le cinéma, la publicité et une nostalgie fabriquée comme un souvenir d’un monde qui n’a jamais existé. Une mise en bouche idéale avant l’avènement de l'Antéchrist vêtu de noir.

Bête de scène

Sur la scène nîmoise, Marilyn Manson affiche une maîtrise retrouvée, sobre, concentré, affûté. Sa voix surtout surprend. Grave intacte timbre reconnaissable dès les premières secondes, les aigus sont moins forcés. Le personnage a changé. Le décor lui reste noir.

Lumières sombres, fumée, costumes funèbres, atmosphère de messe inversée. L’imagerie religieuse demeure suggérée plus qu’assénée. La reprise de Personal Jesus, de Depeche Mode, accentue cette symbolique. Plus de bibles brûlées mais les croix renversées sont toujours là. Manson n’a plus besoin des effets de choc qui ont construit sa réputation. Le show ne cherche plus à provoquer. Il installe un climat sec et lourd qui laisse la musique faire le job. Et c’est plus que réussi.

À ses côtés, Tim Skold tient la basse. Piggy D. et Nick Annis les guitares, Gil Sharone la batterie. Les dernières dates de la tournée ont montré une formation précise, puissante, entièrement tournée vers un répertoire qui traverse les décennies. Disposable Teens, Angel With the Scabbed Wings, The Nobodies, The Dope Show, Sweet Dreams ou The Beautiful People, retrouvent leur place aux côtés de plusieurs titres de One Assassination Under God dont Nod If You Understand choisi pour ouvrir le concert. Celui qui faisait autrefois scandale par ses provocations revient aujourd'hui défendre son travail artistique. La voix, elle, est revenue. Et quel son !

Setlist

Nod If You Understand

Disposable Teens

Angel With the Scabbed Wings

Great Big White World

This Is the New Shit

Dried Up, Tied and Dead to the World

Exit Wound

The Nobodies

The Dope Show

Sweet Dreams (Are Made of This)

mOBSCENE

The Beautiful People

Tourniquet

Personal Jesus

If I Was Your Vampire

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