Victor Hege, aux tubas, porte une chemise claire à motifs et un pantalon large rayé. Il a appris à jouer à Nîmes. Son professeur est présent dans la salle ce soir-là. Mardi 28 avril, Jazz 70 proposait le trio de Nicole Johänntgen. La Milonga del Angel retrouvait ce mélange de proximité et de justesse.
Un ange à la Milonga
Dans la lumière tamisée du lieu nîmois, Félix Akli accueille le public comme à son habitude. Quelques mots de Stéphane Kochoyan, un sourire, puis la musique. Le trio s’installe sur la scène, à quelques centimètres du premier rang. Saxophone et chant, sousaphone, tuba et batterie.
Le répertoire vient de Labyrinth II, le dernier album. L’énergie est là, physique, directe, souvent proche d’un esprit "brass band". Une formation peu commune. Sur inspiration de la Nouvelle-Orléans, mais jamais reprise telle quelle. Le souffle rauque des tubas tient les basses.
La saxophoniste Nicole Johänntgen porte une longue robe noire fendue sur sa jambe droite et des baskets blanches. Debout, elle ancre le poids sur une jambe, le saxophone près du corps, souffle précis, le buste orienté vers Victor. Il ne fait pas de figuration. Victor Hege, qui alterne tuba et sousaphone, porte une chemise claire à motifs et un pantalon large verticalement rayé. Le tuba est posé contre lui, pavillon vers l’avant. Il se penche légèrement vers la droite de la scène, face à la saxophoniste. Il a appris à jouer à Nîmes. Son professeur est présent dans la salle ce soir-là.
Dans le fond de la scène, le batteur zurichois pose le rythme. Chemise blanche, cymbales et caisse claire. Avant Labyrinth, le tuba et le saxophone se répondent en phrases courtes. Sans effet. Juste un échange fluide et naturel. Puis le morceau part. Nicole Johänntgen passe du chant au saxophone dans le même geste. La montée se fait crescendo et c'est beau. La salle suit, en redemande.