Les votes à main levée ont permis de faire défiler les 23 délibérations en moins d'une heure. Principalement des désignations et élections au sein de commissions, syndicats mixtes et autres instances. Dans cette série de votes, souvent rapides, sans échanges particuliers, certaines candidatures et listes proposées par le président fraîchement élu, Nelson Chaudon, ont été adoptées à l’unanimité, à l’image du conseil d’exploitation de l'office de tourisme intercommunal, d'autres à la majorité (18 voix). Quelques ajustements ont néanmoins été opérés en séance, à la demande de l’opposition, composée des élus des majorités municipales de Bellegarde, Jonquières-Saint-Vincent et Vallabrègues, ainsi que de Luc Perrin, Françoise Sellem (groupe Unis pour Beaucaire) et Myriam Nesti (groupe Fourques unis pour demain). Christophe André (Beaucaire l'Esprit libre) était absent lors de ce conseil communautaire.
Ce fut notamment le cas pour la SPL Terre d’Argence. Si Nelson Chaudon a été élu délégué avec 18 voix contre 15 pour Luc Perrin lui aussi candidat, la composition des représentants proposée a suscité des interrogations. "Tous sont issus de la majorité, l’opposition n’est pas représentée ?", a questionné Juan Martinez, maire de Bellegarde et 2ᵉ vice-président de la CCBTA. Finalement, Luc Perrin qui s'est présenté à tous les postes, a pris la place de Martine Hours, 7ᵉ sur la liste. Une modification de dernière minute adoptée à l’unanimité. Même type d’intervention lors de l'élection des délégués au Pôle d'équilibre territorial et rural (PETR) Garrigues et Costières de Nîmes. Juan Martinez a rappelé que "le PETR n’est pas une instance très politisée". "Ce sont des projets portés par l’ensemble des communes, donc il me semble dommage, a-t-il insisté, qu’il n’y ait pas au moins un représentant de chaque commune parmi les membres titulaires et les suppléants". Là encore, la liste a été remaniée avant d’être validée à l’unanimité.
Le débat s'est invité à la table des élus communautaires à la 20ᵉ délibération, consacrée à la création d’un poste de collaborateur de cabinet de catégorie A. Une proposition assumée par Nelson Chaudon : "Le collaborateur de cabinet sera directement rattaché au président et l’assistera dans sa double responsabilité politique et administrative". "Le collaborateur n’a pas vocation à gérer les services de la collectivité territoriale ou de l’établissement car ce rôle est dévolu au directeur général des services et aux autres directeurs ou chefs de service", est-il inscrit dans la délibération. Pas de quoi convaincre l’opposition. Juan Martinez a annoncé un vote contre "par principe", rappelant que "depuis la création de la CCBTA en 2001, il n’y a jamais eu de poste de cabinet". Et d’ajouter : "On est une petite collectivité à taille humaine (...) les élus doivent être en direct avec l’administration, avec le DGS et l’ensemble de l’équipe de direction."
"Il y a une communauté de communes à faire tourner [...] il est assez logique que l’on puisse être le mieux équipé possible"
Même incompréhension du côté de l'élue d'opposition fourquésienne, Myriam Nesti : "On a un DGS - Hervé Boulle, NDLR - qui a prouvé par son travail depuis des années qu’il est hyper compétent (...) je ne comprends pas le rôle de ce collaborateur." Luc Perrin, lui, a pointé une contradiction politique : "Alors que le parti que vous représentez - le Rassemblement national, NDLR - est contre le millefeuille administratif [...], vous rajoutez des coûts sur cette strate-là."
Réponse du président : "Ça n’empêche pas les échanges entre les élus et les services." Et le même de défendre un poste qu’il juge "essentiel" pour "le conseil, l’organisation, l’accompagnement". "Si un jour la communauté de communes disparait, ce poste disparaitra avec", a-t-il adressé à Luc Perrin. Et de conclure : "En attendant, il y a une communauté de communes à faire tourner et je pense qu’il est assez logique que l’on puisse être le mieux équipé possible." Quant à savoir ce que ce poste va coûter, aucun montant précis n'a été annoncé, la délibération se limitant à rappeler le cadre réglementaire applicable : le collaborateur de cabinet ne peut pas être payé à plus de 90 % du niveau de rémunération des agents les mieux payés de la collectivité. La délibération a été adoptée avec 18 voix pour et 15 contre.
Quelques minutes plus tôt, le conseil avait pourtant validé une baisse des indemnités du président, fixées à 65 % de l’indice brut terminal de la fonction publique, soit un brut mensuel de 2 671€, contre 67,5 % prévus au maximum. "Nous avons fait le choix de baisser la part de mes indemnités comparé au précédent mandat. Concernant les vice-présidents (19,48 % au lieu de 24,73 % prévus au maximum, soit 800 € bruts) le choix a été fait qu'il soit le même sans distinction et nous fonctionnerons de la même manière pour les conseillers communautaires délégués (12 %, soit 493 € bruts), a expliqué Nelson Chaudon, précisant que "l’enveloppe indemnitaire globale ne sera pas entièrement consommée". Les 15 élus d’opposition se sont abstenus, pointant un choix qui fait écho à la création du poste de collaborateur de cabinet.