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Publié il y a 7 ans - Mise à jour le 24.09.2015 - coralie-mollaret - 3 min  - vu 158 fois

DÉPARTEMENT Taxe sur l'électricité : le courant passe mal entre Fournier et les élus Républicains

Denis Bouad, président PS du conseil départemental. Photo : Coralie Mollaret / Objectif Gard.

En politique il y a les grandes mais aussi les petites histoires. Celle qui s'est déroulée ce matin au Département est à classer dans la seconde catégorie. Les conseillers départementaux devaient se retrouver logiquement pour gérer les affaires courantes. Une simple "formalité", expliquait même l'exécutif. Seulement, dans un contexte de majorité relative, le moindre petit tacle peut se transformer en casus belli.

Une délibération laissait toutefois présager quelques remous : celle concernant la hausse de la taxe sur l'électricité. Une décision étonnante puisque celle-ci avait été rétorquée par l'opposition lors du dernier conseil de juin.

Selon nos informations, le patron des Républicains du Gard, Jean-Paul Fournier, se serait au préalable entretenu avec le président Denis Bouad (PS). Dans un contexte budgétaire difficile, la Majorité a besoin de nouvelles ressources pour édifier le budget 2016. Quant à la droite nîmoise, elle réclame depuis plusieurs années un coup de pouce du Département pour financer ses projets. Alors, histoire de converger leurs intérêts, une partie des élus du Bon Sens Républicain était prête à s'abstenir sur la délibération si, en contrepartie, la Majorité s'engageait financièrement sur plusieurs de leurs dossiers. Echange de bons procédés. Seul hic et pas des moindres : tous les élus du Bon Sens Républicains ne sont pas de cet avis… Zut !

8h30 : réunion de crise chez Les Républicains

Alors, pour faire bonne figure, Les Républicains du Département se sont retrouvés en amont du conseil pour tenter d'adopter une position commune. "On a procédé à un vote à main levé pour savoir si on s'abstenait", dévoile une source. D'un coté, les élus nîmois désireux d'écouter "le patron de notre parti" et de l'autre, les conseillers départementaux "qui ne veulent plus que le sénateur-maire Jean-Paul Fournier et le président de Nîmes Métropole Yvan Lachaud s'ingèrent dans leurs affaires". Le président de groupe Laurent Burgoa n'a pas pris position. Pris entre deux feux - ses élus et son patron - il a refusé - courageusement - de se prononcer à titre personnel préférant suivre la majorité de ses élus.

Mais après quelques minutes, aucune position n'est entérinée et il est l'heure de se rendre dans l'hémicycle pour la séance publique. Le président UDI et Indépendants Thierry Procida comprend vite la situation et demande subitement une suspension de séance. Finalement, les élus hostiles à cette hausse prennent le dessus. L'élue Bon Sens Républicain Pascale Bories prend la parole : "nous sommes très surpris de retrouver cette délibération moins de trois mois après que nous l'ayons rejetée ! Cela donne l'impression qu'il y a eu des tractations entre les deux séances". Thierry Procida conclut : "durant la campagne, nous nous étions engagés à ne pas augmenter la fiscalité. (…) Attendons les résultats de l'audit qui donneront de nouvelles pistes d'économies autre que l'impôt". Bilan de la délibération : elle sera rejetée à la majorité par l'opposition (Bon Sens Républicains - UDI et Indépendants - FN). Fiasco total !

Représailles de Denis Bouad

Denis Bouad digère mal l'affront. Faut-il y voir un lien de cause à effet - oui, probablement - mais la Majorité décide contre toute attente de retirer la délibération 103 de l'ordre du jour. Vengeance ! "Ce rapport concernait la garantie la garantie d'emprunt à hauteur de 50% pour la construction de l'EPHAD d'Euzet les Bains et du collège privée Emmanuel D'Alzon du Grau-du-Roi !", s'indignent les élus Caroline Breschit, Frédéric Gras et Léopold Rosso. "Ce matin tout le monde a chié dans la colle. Les socialistes n'auraient jamais dû représenter cette taxe et nous, nous n'aurions pas dû nous abstenir la première fois".

Silencieux, Laurent Burgoa est resté impassible. S'il n'a pas officiellement pris position, son silence a irrité Jean-Paul Fournier et plusieurs élus de son groupe qui attendaient sans doute davantage de soutien. Si le titre compte, être chef c'est aussi fixer un cap. La prochaine étape pour Laurent Burgoa ?

Lire aussi : DÉPARTEMENT La taxe sur l’électricité de retour à l’Assemblée

Coralie Mollaret

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