Il ne manque que ça pour que cette saison de la renaissance du Nîmes Olympique soit parfaite : une remontée immédiate en National, désormais officiellement transformé en Ligue 3. En 89 ans d'histoire, jamais les Crocos n'étaient descendus aussi bas, en quatrième division. En début de saison, ils étaient même condamnés, dans un premier temps, à la rétrogradation en R1. Le club a été repris, a sauvé sa place et l'a retrouvée dans la ville, auprès des partenaires et des supporters, avec l'ambition désormais de s'en refaire une plus honorable dans le football français. Pour rappel, le NO c'est 36 saisons de L1 et 35 de L2.
Comme l'a répété le président Thierry Cenatiempo, "l'objectif n'était pas de monter cette saison", mais l'ambition s'est installée au fur et à mesure des journées avec des résultats probants, surtout aux Antonins où les joueurs se sentent bien. Avec 11 victoires remportées en 15 réceptions, Nîmes finit meilleure équipe à domicile de ce groupe C. Mais cela ne suffit pas pour terminer premier au classement général et monter en Ligue 3, car seul le leader de chacune des trois poules accède directement au Graal. Et l'éventualité de finir meilleur deuxième pour potentiellement être repêché administrativement semble peu probable. Alors, avant cet ultime rendez-vous que Nîmes attaque avec un point de retard sur Cannes, on peut forcément regretter les deux défaites amères à domicile, les deux seules de la saison, face à Saint-Maur (1-2) et Rumilly (1-2) encaissées en fin de partie. Ou encore la lourde défaite à Andrézieux (4-1) après le festival face à Cannes (3-0).
"On croit à notre bonne étoile"
Trop tard, le mal est fait et même si Nîmes échoue, cette saison de la résurrection aura quand même été une réussite avec plus de 5 000 spectateurs de moyenne et un match à guichets fermés à 8 000 fans. Néanmoins, un goût d'inachevé demeurera. Et cela mettrait un coup d'arrêt dans la progression du club impulsée par la nouvelle direction. Car les meilleurs joueurs de l'équipe qui se sont distingués auront certainement des touches pour jouer plus haut, l'accompagnement de la nouvelle municipalité ne sera peut-être pas au même niveau que l'ancienne qui a largement contribué au sauvetage du club et enfin les partenaires qui ont justement mis la main à la poche pour aider cette institution seront peut-être moins généreux au moment d'aborder une deuxième saison d'affilée en quatrième division.
Mais comme l'ont souligné Clément Depres et Mickaël Salamone après la victoire face à Istres (3-0), "on croit à notre bonne étoile". Avec tout ce qu'a traversé ce groupe cette saison, l'histoire ne peut pas se terminer ainsi en échouant si près du but. Pour ce soir, l'équation est simple, Nîmes (2e, 56 pts) doit absolument gagner à Limonest, 11e et assuré d'être maintenu, en espérant en même temps un match nul entre Cannes (1er, 57 pts) et Saint-Maur (3e, 55 pts) voire même une victoire des joueurs du Val-de-Marne. Certes les Cannois sont presque aussi performants que les Nîmois à domicile avec une seule défaite, mais comme l'ont encore affiché les supporters la semaine dernière : "Impossible n'est pas nîmois."
Un exploit qui dépend des autres
Dans le même temps, l'Olympique d'Alès en Cévennes est encore en lice pour jouer la montée en National 2, qui deviendra la National 1 à partir de la saison prochaine. Dans une année de reconstruction, après le départ du président Didier Bilange, présent depuis 15 ans au club, et l'arrivée d'une nouvelle direction menée par Jean-Christophe Lafont, les Cévenols ont dû se rebâtir à leur manière. Avec un budget divisé presque par deux et un encadrement de la masse salariale par la DNCG, les Bleus et Blancs ont également vu leurs meilleurs joueurs partir à l'intersaison.
Mais pas de quoi effrayer ce club qui a connu six saisons en Ligue 1 et trente en Ligue 2, et qui souhaite, comme Nîmes, retrouver sa place et ses honneurs en accédant à l'échelon supérieur. Alès a donc misé en début de saison sur un recrutement jeune, et cela s'est avéré efficace pour la bande de Jean-Marie Pasqualetti. Les Alésiens ont démontré toute la saison leur force loin de leurs terres, en terminant d'ailleurs meilleure équipe de la poule à l'extérieur avec dix victoires.
Mais alors qu'ils étaient invaincus et largement en tête du championnat, le ciel est tombé sur la tête des Olympiens en octobre 2025. L'OAC a été reconnu coupable d’avoir aligné plus de quatre joueurs mutés sur deux rencontres en début de saison (OM II, Lyon-La Duchère), alors qu’une décision disciplinaire reçue en juin l’en empêchait. Conséquence immédiate : perte des six points récoltés, plus un point de pénalité par match. Soit huit points envolés au classement. Une bourde administrative qui laissera évidemment d'énormes regrets en cas d'issue non favorable, ce soir, car sans ce retrait de points, l'accession serait déjà bien actée.
Un retard historique qu'Alès a tenté de combler tout au long de la saison en se battant jusqu'au bout avec un effectif qui avait soif de prouver qu'il méritait cette promotion à l'étage supérieur. Avant de démarrer l'ultime journée, l'OAC, troisième à deux points du leader, a encore un mince espoir de chiper la première place sur le fil, seul ticket pour la montée. En pleine feria de l'Ascension, à Pibarot, il faut battre l'OM II et espérer une défaite du leader Lyon-La Duchère contre Montpellier II (7e), ainsi que Fos-sur-Mer (2e) ne gagne pas à Seyssinet (13e). Un scénario digne d'un film hollywoodien qui pourrait offrir une conclusion héroïque à une saison quasi irréprochable sur le plan sportif. Et comme l’a glissé Tom Larcier : « Avec cette équipe et les phénomènes qu’il y a dedans, tout est possible et tout peut arriver. » Finalement, impossible n'est pas Gardois !
Dispositif spécial
Comme, à chaque journée, le match entre Limonest et Nîmes Olympique est à suivre en direct à 18 heures sur le compte YouTube Objectif Gard. Pour cette journée spéciale, Objectif Gard vous propose un dispositif spécial avec la retransmission également à 18 heures de la rencontre entre Alès et la réserve de l'OM sur le compte Facebook Objectif Gard.