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Publié il y a 9 ans - Mise à jour le 19.09.2013 - stephanie-marin - 3 min  - vu 553 fois

FAIT DU JOUR Pierre Le Fur, des plateaux de tournage de Woody Allen au banc des accusés

Une des quatre roulottes louées par Pierre Le Fur que l'on pourra voir dans le prochain film de Woody Allen. Photo DR/S.Ma

Mi-aôut 2013. Pierre Le Fur, psychanalyste parisien installé à Saint-Quentin-la-Poterie depuis une douzaine d'année, très convoité par les grands noms du cinéma français et international, a pu approcher de près Woody Allen à l'occasion du tournage de son prochain film avec Emma Stone, Colin Firth et Jacki Weaver. L'homme à la barbe grisonnante n'est ni acteur, ni technicien de cinéma, il collectionne les roulottes authentiques et fait partager sa passion à qui le veut.

Sur un terrain perché dans la campagne de Saint-Quentin-la-Poterie, il expose ses trésors aux séduisantes allures tziganes. "La plus vieille roulotte date de 1840 et la plus récente de 1970" précise fièrement Pierre Le Fur. En cinq années d'existence, le musée Un siècle de roulottes est devenu un véritable repère pour les amoureux de la culture tzigane. Il faut dire que de par le monde, il n'existe que quatre musées dédiés aux roulottes authentiques, un à Munich, un à Barcelone, un non loin de Londres et le dernier à Saint-Quentin-la-Poterie. Reconnu comme un expert en la matière, Pierre Le Fur est ainsi régulièrement approché par les cinéastes qui imaginent tout (ou presque tout) un scénario autour de ses roulottes. Jacques Malaterre (Carmen), Olivier Marchal (Les Lyonnais) et Tony Gatlif (Liberté), tous l'avaient contacté pour louer ses précieuses cabanes en bois montées sur roues. Et alors venu le temps de Woody Allen, le très célèbre réalisateur américain que Pierre Le Fur a reçu sur ses propres terres avant de partir sur les plateaux de tournage dans le Studio Riviera à Nice et à Eze, dans les Alpes-Maritimes. "C'est un homme très consciencieux, très carré avec son équipe qui ne parle pas beaucoup. Il est très discret. D'ailleurs sur le plateau de tournage pour ne pas se faire entendre lorsqu'il se déplace, il fait mettre aux roues de son fauteuil des balles de tennis" se souvient avec amusement Pierre Le Fur. Le passionné et défenseur de la culture tzigane a même eu droit de jeter un coup d’œil au script. "Je veux bien louer mes roulottes mais je ne veux pas que l'on fasse n'importe quoi, que l'on trahisse l'Histoire." Et Woody Allen ou pas, il n'a pas manqué de signaler que dans les années 1920 (période lors de laquelle se déroule l'histoire dans le film) les assiettes en aluminium n'existaient pas encore. "Il n'y avait que de la terre cuite !"

"Je n'ai rien contre ce maire..."

Dès le mois de septembre, les quatre roulottes louées à Woody Allen sont retournées sur leurs terres à Saint-Quentin-la-Poterie. A peine remis de cette expérience "inoubliable" Pierre Le Fur a été ramené à la réalité avec cette affaire longue de plusieurs années, qui l'oppose au maire de Saint-Quentin-la-Poterie, Yvon Bonzi.

Lorsqu'il est arrivé il y a cinq ans sur le terrain où sont désormais installées ses roulottes, Pierre Le Fur découvre la présence d'amiante dans la bâtisse en préfabriqué de 75 m² déjà existante sur les lieux. Il envoie alors une demande d'autorisation pour mener des travaux sur le bâtiment en février 2008 et reçoit en guise de réponse "une non-opposition aux travaux." Le chantier démarre mais lors de l'opération de désamiantage, la bâtisse s'écroule. Pierre Le Fur décide alors de reconstruire à l'identique mais avec du béton la structure. Entre temps, les élections municipales se passent, Yvon Bonzi prend la place de Pierre de Cabissole.

Quelques temps après, un policier municipal se rend sur le terrain de Pierre Le Fur et lui demande d'arrêter les travaux. Yvon Bonzi porte-plainte une première fois, puis une seconde et finalement en août 2012 assigne le collectionneur au tribunal pour "travaux sans permis de construire" sur une zone naturelle protégée. La Justice a rendu ce mercredi 18 septembre son jugement : Pierre Le Fur a été relaxé sur le fond faute d'éléments suffisants. "Je ne peux être que content de cette décision, bien que la mairie ait dix jours pour faire appel, explique-t-il. J'espère que c'est enfin fini car j'ai vraiment souffert de cette affaire, je l'ai vécue comme un viol. Moi je n'ai rien contre ce maire, je trouve qu'il fait du bon travail, mais lui en a après moi. C'est une réflexion de psychanalyste, elle vaut ce qu'elle vaut, mais je pense que le maire fait un déni d'origine. Saint-Quentin-la-Poterie a été construit à la fin du XIXe siècle par les gitans." Objectifgard.com a tenté de joindre Yvon Bonzi, sans succès.

Stéphanie MARIN

stephanie.marin@objectifgard.com

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