Un nouveau message fort à l'Etat et à Emmanuel Macron a été adressé ce 18 juin par les élus locaux appelés à venir poser pour une photo commune contre la ligne aérienne très haute tension que RTE veut construire entre Jonquières Saint-Vincent dans le Gard et Fos-sur-Mer dans les Bouches-du-Rhône. Le lieu de la photo n'était pas choisi au hasard. C'était au mas des Bernacles, chez Claire Mailhan, agricultrice et élue de la majorité arlésienne de Patrick de Carolis, très directement impactée par ce projet.
Trente-neuf élus d'Arles, de Saint-Martin-de-Crau, de communes des Alpilles mais aussi du Gard et plus généralement des territoires concernés ont répondu à cet appel particulièrement symbolique en ce jour anniversaire du message du Général de Gaulle à la Nation appelant la population française à la résistance contre l'occupant nazi.
Unanimité contre la THT
Jeudi 11 juin, le conseil muncipal d'Arles avait voté à l'unamité un avis défavorable sur la déclaration d'utilité publique de ce projet. Tout en reconnaissant les enjeux nationaux de décarbonation et de réindustralisation de la zone économique et industrielle de Fos, le patrimoine naturel et agricole de la Camargue, de la Crau et de la Terre d'Argence d'une valeur reconnue mondialement ne doit pas être sacrifié sur l'autel de ces objectifs. ll est nécessaire de revoir la copie, de pousser plus loin les études d'impacts, d'étudier d'autres alternatives comme l'enfouissement des lignes, dit en résumé cette délibération.
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Elle intervenait et a été votée le jour même où Renaud Muselier, président de la région Paca demandait au préfet de région, dans un courrier, "de ne pas sacrifier un territoire dont la préservation constitue depuis cinquante ans une réussite collective exemplaire". Il est possible selon lui, "de construire une solution partagée, respectueuse à la fois des impératifs de réindustrialisation, de décarbonation et de préservation des patrimoines naturels exceptionnels de notre région. Nous sommes face à deux ambitions construites. Elles ne doivent pas être mise en oppositon". Et de conclure, "qu'aucun des élus n'acceptera une logique de passage en force".
Vincent Bouget, le maire de Nîmes et président de Nîmes Métropole était absent sur la photo de groupe. Il a tenu néanmoins à donner sa position très défavorable au projet de RTE. "Même si je ne suis pas directement concerné, je demande que toutes les solutions techniques permettant de réduire l'impact environnemental et rural du projet soient étudiées de manière transparente et approfondie. Les propositions alternatives, notamment celles relatives à l'enfouissement du tracé ou à l'optimisation des infrastructures exsitantes, doivent faire l'objet d'une expertise objective et partagée".
Réévaluer les besoins en énergie
Patrick de Carolis, le maire d'Arles et président d'ACCM, salue "cette unité des élus locaux face à ce projet innaceptable qui met à mal un modèle économique en Camargue. J'en appelle au dialogue, à mieux étudier les besoin en énergie de la zone de Fos". Des besoins qui vont diminuer avec l'arrêt du projet de l'entreprise Carbon (3 000 emplois prévus). Cette société devait produire des panneaux solaires et, pour ce faire, avait besoin de beaucoup d'énergie décarbonnée. "D'autres solutions sont à étudier comme des lignes enterrées et pourquoi pas jumelées avec le contournement autoroutier d'Arles. Nous voulons tous un dialogue constructif avec l'Etat. Pour l'instant c'est un dialogue de sourd".
Les élus de l'opposition arlésienne "L'Union pour Arles" manquaient à l'appel. Ils s'en sont expliqués. "Ni les élus de notre groupe, ni plusieurs collectifs et associations mobilisés depuis de nombreux mois contre le projet n'ont été associés. Nous le regrettons. Nous refusons toute tentative de récupération politique de ce dossier...". Un petit couac sans doute dans l'organisation.
Une consultation citoyenne demandée par "l'Union pour Arles"
Quoiqu'il en soit, la proposition faite lors du conseil muncipal du 11 juin, mérite d'être soulignée. "Depuis 2024, nous demandons qu'un véritable débat démocratique soit organisé autour de ce projet. Les Arlésiennes et les Arlésiens doivent pouvoir se prononcer sur un projet dont les conséquences seront majeures pour leur cadre de vie et pour l'avenir de notre territoire. C'est pourquoi nous renouvellons notre demande d'organiser une consultation citoyenne".
Les habitants peuvent d'ores et déjà, et jusqu'au 15 juillet, s'exprimer et donner leur avis et leurs observations sur le registre numérique mis en place durant la phase de concertation avant que ne soit entérinée la déclaration d'utilité publique. Cela est possible en envoyant un mail sur : creation-ligne-aérienne-feuillane-jonquieres@mail.registre-numérique.fr.
Pour Jean-Laurent Lucchesi, porte-parole du collectif Stop THT13/30, cet appel du 18 juin bien suivi par les élus du territoire constitue une réelle dynmique venant renforcer l'action des associations. "Le 11 mai, à Arles, les élus nous ont dit qu'ils voulaient reprendre la main. Ils sont en capacité de le faire. C'est bien. Nous, les membres du collectif, on saura leur rappeler leur engagement. Les élus ont une légitimité démocratique, ils représentent le peuple. Depuis deux ans, les électeurs s'opposent à la THT. Que les élus en tiennent compte et s'engagent, c'est tant mieux".