Publié il y a 1 h - Mise à jour le 19.02.2026 - Thierry Allard - 4 min  - vu 133 fois

PONT-SAINT-ESPRIT Orientations budgétaires, débats houleux et adieux : c’était le dernier conseil municipal de la mandature

Mercredi soir lors du conseil municipal de Pont-Saint-Esprit

- Thierry Allard

À moins d’un mois du premier tour des municipales, le conseil municipal de Pont-Saint-Esprit s’est réuni une dernière fois sous ce mandat. Un conseil présenté comme « technique » par le maire Valère Segal, lors duquel la majorité a présenté le débat d’orientations budgétaires, sans toutefois prévoir de voter le budget avant l’élection.

32 délibérations, dont une rafale de subventions aux associations, de l’Opération programmée de rénovation de l’habitat ou encore de la Politique de la ville. Rien de bien passionnant, mais « ce dernier conseil est nécessaire pour permettre à nos associations et aux services de la commune de fonctionner », affirme Valère Segal. Qui a donc fait le choix de présenter le débat d’orientations budgétaires, qui doit se tenir obligatoirement avant le vote du budget, vote qui doit intervenir avant le 30 avril.

Alors pour la majorité sortante, passer le « DOB » avant l’élection était « une obligation règlementaire », affirme l’adjointe aux Finances Karine Bommenel. Et ce alors qu’une ville comme Bagnols n’a a priori pas décidé de tenir son « DOB » avant l’élection, par exemple. Soit, alors comme le vote du budget n’interviendra qu’après l’élection « par la nouvelle majorité sortie des urnes », précise le maire, le « DOB » millésime 2026 sera bien moins politique que d’habitude.

Dette en hausse

Car d’ordinaire, cet exercice permet à la majorité et à l’opposition de débattre sur les orientations et les projets à venir. Là, il était « volontairement factuel et prudent », affirme l’adjointe, qui est longuement revenue sur l’état des finances de la commune, et surtout sur de la prospective. De quoi envisager une forte hausse de la dette dans les années à venir, hausse justifiée par les importants travaux de protection contre les inondations à venir, les fameux bassins de rétention au-dessus de la nouvelle gendarmerie.

Ainsi, la dette passerait de 6,1 millions d’euros en 2026 à 14,7 millions en 2030. La majorité sortante fait par ailleurs l’hypothèse d’une stagnation des taux communaux de fiscalité locale, et « des hypothèses prudentes sur le fonctionnement », dit Karine Bommenel, sachant que le fonctionnement a augmenté en 2025 et doit continuer à le faire en 2026, notamment du fait de l’augmentation des charges de personnel, passées de 8,58 millions d’euros en 2024 à 9,37 millions en 2026. Une hausse notamment due à l’augmentation des effectifs de police municipale.

Sur les investissements, la majorité sortante prévoit 5,2 millions d’euros en 2026, contre 2,6 millions en 2025. Et, pour les années à venir jusqu’à 2030, entre 5 et 6,6 millions d’euros par an. Avec des projets à terminer, comme l’îlot Hôtel-Dieu, qui aura coûté en tout 6,7 millions d’euros d’ici 2030, et des projets à lancer, comme les aménagements de protection des inondations, estimés à 9,3 millions d’euros en tout, dont 6,6 millions à investir d’ici 2030, « une opération nécessaire pour la sécurité des habitants, qui nécessite des investissements très significatifs », commente Karine Bommenel. On y retrouve aussi 300 000 euros par an à partir de 2027 pour végétaliser les cours d’écoles, un important effort pour la voirie et le foncier (715 000 euros en 2026, puis 500 000 euros par an jusqu’à 2030), et près de 800 000 euros en tout pour la restauration du prieuré Saint-Pierre.

« Vous mentez comme un arracheur de dents »

De quoi faire dire à l’opposante et ancienne maire Claire Lapeyronie que ce « DOB » n’était « pas si technique que ça, c’est un acte politique », avant de critiquer des « dérives » sur le fonctionnement, puis des « imprécisions » sur les bassins de rétention : « comment avancer des chiffres, alors que l’étude n’est pas terminée ? » Et l’ancienne maire d’accuser la majorité sortante de pratiquer le « après moi le déluge. » Karine Bommenel répondra que sur les bassins, l’estimation à 9,3 millions « sort des documents qu’on a trouvés dans le dossier », donc une évaluation « à la louche », estime Claire Lapeyronie, avant que Valère Segal ne l’accuse d’avoir mis ce problème « sous le tapis » du temps où elle était aux affaires.

L'opposition spiripontaine • Thierry Allard

« Vous êtes radiologue, mais vous auriez dû faire dentiste, tant vous mentez comme un arracheur de dents », grincera Claire Lapeyronie au maire, avant que l’adjoint François Carli ne lui rétorque que « ça fait deux ans que vous nous agressez », et d’accuser l’ancienne maire au passage d’avoir sous-estimé le coût pour la commune du projet Hôtel-Dieu. Ce que l’élue réfutera, arguant d’un « prévisionnel clair », comme pour l’étude sur les inondations « qui était au budget 2024 », avant de qualifier les orientations de la majorité de « pétassage ». Karine Bommenel lui répondra qu’il s’agissait de « rattraper le retard », alors « effectivement nous n’avons pas de projet à 10 millions d’euros, mais nous avons des projets pour le bien vivre des Spiripontains. »

L’opposante Aurélie Delwarte prendra ensuite la parole pour dénoncer « la trajectoire avec moins d’épargne et plus d’endettement » et railler la majorité sortante pour les travaux d’accessibilité « réalisés juste avant l’élection », ce que Karine Bommenel expliquera par « le temps des marchés publics ». Puis l’assemblée prendra acte que le débat s’est tenu, puisqu’il ne se vote pas.

Ce dernier conseil, à l’image des précédents, verra les invectives laisser la place aux délibérations techniques mornes, avant que Claire Lapeyronie ne prenne la parole à l’issue de la séance pour faire ses adieux à la politique municipale spiripontaine. « Je veux redire la fierté que j’ai eue de servir les Spiripontains pendant quinze ans », dira-t-elle, avant de « souhaiter une bonne campagne à tous les candidats, j’espère qu’elle sera à la hauteur des attentes des Spiripontains. » Puis sa colistière Françoise Savelli, qui raccroche elle aussi après quinze ans de mandats, voudra dire elle aussi un mot d’adieu, rapidement interrompu par le maire après qu’elle ait lancé que « pour moi il est l’heure de dire au revoir et pour vous (le maire, ndlr), il est l’heure de dire adieu. »

« Là, vous dérapez », lancera Valère Segal sans la laisser reprendre, ce qui fera dire à l’opposante que « votre comportement suffisant est à la hauteur de votre état d’esprit. » Pour ne pas laisser le dernier conseil de la mandature sur une fausse note, le maire aura un mot pour remercier son premier adjoint Claude Conan, « qui a servi la commune avec brio, je regrette qu’il ne reparte pas avec nous. »

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