Objectif Gard : Quel était le but des deuxièmes assises de l'oléiculture familiale qui ont eu lieu à Nîmes ?
Luc Poulain d’Andecy : le premier intérêt était de rassembler les professionnels et les oléiculteurs familiaux du pays nîmois mais aussi de toute la France. Ils sont venus de Bretagne, de Normandie, de Haute-Garonne, des Pays de la Loire et du Lyonnais.
Qu’en est-il ressorti ?
Cela a créé plein d’initiatives pour développer des nouvelles filières oléicoles, professionnelles ou familiales. Dans ces régions, l’olivier qui était jusqu’à présent ornemental se met à faire des olives et les gens se disent qu’il faut en faire quelque chose.
Que pèse l’oléiculture française face au géant espagnol ?
La France produit 5 000 tonnes par an pendant que l’Espagne en produit 1,5 million de tonnes. On est minuscule et on importe 98% de ce que l’on consomme, c’est-à-dire 120 000 tonnes.
L’arrivée de l’oléiculture industrielle vous inquiète-t-elle ?
Faut-il passer à la haie fruitière ? C'est-à-dire comme les pommiers. Taillé à la scie circulaire, passé à la machine à vendanger. Ce n’est plus du tout le même type d’olivier ni l’agriculture traditionnelle. Les arbres vivent 30 ans et après ils meurent. Faut-il aller là-dedans pour un prix de revient qui est beaucoup plus cher qu’en Espagne ? La crainte est de savoir si l’arrivée de l’oléiculture industrielle ne va pas tuer l’ancienne. On pourrait voir disparaitre nos AOP et nos variétés locales.
L’oléiculture familiale gardoise a toujours un avenir ?
Absolument. On est le deuxième département de France en termes de production d’olives. Dans le Gard et à Nîmes, l'oléiculture familiale a un bel avenir.
Quel bilan faites-vous des assises de l’oléiculture familiale ?
Un bilan œcuménique dans le sens où l’interprofession a reconnu que nous étions majoritaires et que nous étions très importants. Amateurs et professionnels ont échangé et des gens sont venus de toutes les régions. L’olivier n’appartient qu’aux gens du sud. Je suis très content de ce rendez-vous.