Il y avait mieux à faire. De l'avis de tous, directement impliqués ou simples observateurs. La gauche alésienne a beau avoir recueilli au total 27,5 % des voix au premier tour des élections municipales (15,06 % pour Alès c'est Vous - PCF et LFI ; 10,95 % pour Alès Commun - PS et Écologistes ; 1,48 % pour Lutte ouvrière), elle aurait pu faire mieux, avant même le premier tour, mais aussi juste après. Désunies depuis le début de la campagne, les deux listes majoritaires ne sont pas passées loin de s'unir, mais ont finalement fait le choix, toutes deux, de se retirer. Un "choix sage car il y avait un vrai risque RN" pour Basile Imbert.
La nuit porte conseil et fait diverger les versions
Après une nuit de négociations avec Alès c'est vous, la tête de liste socialiste "a fait ce qu’il fallait faire" et soutenu "Christophe Rivenq pour des valeurs". Il rembobine : "On s'était mis d'accord au Prolé le dimanche soir. Mais la nuit porte conseil. Après avoir réévalué les résultats, on s'est retrouvé au local d'Alès c'est vous et ils nous ont dit d'entrée : 'Le risque RN est trop gros. On se retire, qu'est-ce que vous faites ?'. On n'a pas eu d'autres choix. Je ne voulais pas rentrer dans la vie politique comme celui qui a laissé Alès devenir le nouveau Beaucaire."
Une version largement contestée par le candidat communiste (voir ICI). Selon Basile Imbert, les déclarations de ce dernier sont des "mensonges visant à nous salir pour casser notre dynamique".
Le résultat logique d'un échec à long terme
Cette mésentente n'est au final qu'une énième dans la longue histoire entre les deux organisations politiques. Qui n'ont jamais réussi à se retrouver, faute de "différences d'approche stratégique" : "On se dit depuis deux ans et demi que la mairie est prenable. Mais la condition que tout le monde partageait était de faire l'union la plus large. La gauche était en capacité d'être deuxième et taquiner le maire au second tour."
Là où il y a eu divergence a été sur la question de l'incarnation : "J'estimais aussi qu'il fallait un renouveau de la tête d'affiche. On était prêts à ne pas avoir la tête de liste, mais le PCF a fait le forcing pendant des mois pour mettre Paul (Planque) en tête. Ce n'est rien de personnel ou d'anticommuniste, mais on allait à la défaite avec lui. On a perdu collectivement et ce n'est pas surprenant. Il y a un goût d'inachevé, c'est dommage car le scénario à la nîmoise existait."
Un casse-tête et des réunions sans fin qui n'auront abouti à pas grand-chose : "Si c'était à refaire, j'aurais passé plus de temps avec les Alésiens qu'avec la gauche alésienne", retrace le candidat.
Et maintenant ?
Conséquence directe de ces désistements, la gauche ne sera plus présente au conseil municipal cévenol, "un petit séisme" pour celui qui est né le même mois que l'élection de Max Roustan en 1995 et "aurait préféré y siéger". Mais "côté sucré, on a été la bonne surprise. Ce qu'on a fait, toutes proportions gardées, c'est un exploit politique."
En attendant une "reconfiguration nationale" et d'"apaiser quelques tensions", le travail de terrain va reprendre, avec un message déjà lancé : "L'après-Rivenq a déjà commencé. On est dans la situation de Vincent Bouget en 2020 : une gauche éclatée et à la fin, la victoire !"