« C’est le nom de ma mère », lance Ahmed depuis l’écran de visioconférence du tribunal judiciaire de Nîmes. L’homme, détenu au centre pénitentiaire des Beaumettes, comparaît pour des faits datant d’août dernier, au niveau du camp des gens du voyage de la Croix d’Aspouze, à Milhaud. Interpellé par les gendarmes, l’homme qui a tenté de donner le prénom de sa maman en guise de nom de famille aux enquêteurs est soupçonné de participer au trafic de stupéfiants, sur un secteur bien connu pour abriter un point de deal. D’autant que l’homme a été identifié à proximité d’un véhicule Citroën Jumpy, régulièrement désigné comme lieu de stockage des marchandises illicites.
« Je ne savais pas que c’était un point de deal », affirme le prévenu face au tribunal présidé par Édouard Le Jan. Une allégation qui peine à convaincre les magistrats, réunis en collégiale. D’autant que l’homme, actuellement incarcéré pour des infractions liées à la législation sur les stupéfiants, n’a pas les poches vides. Sont retrouvés sur lui : 1 670 € en liquide et une note datant du 30 août. Sur celle-ci, des lettres avec leur correspondance chiffrée. Des éléments correspondant en tout point au « menu » de stupéfiants affiché dans certains quartiers mettant en relation les substances vendues et leurs prix.
Vente de scooter ou stupéfiants ?
Le prévenu, également poursuivi pour non-justification de ressources, tente de s’expliquer : « J’avais un scoot que j’ai vendu à Paris », dit-il. Pourtant, la somme retrouvée sur lui est bien supérieure à celle de la vente du véhicule à laquelle il fait allusion. Un écart qu’il ne sait pas expliquer. Une fois en garde à vue, Ahmed a refusé de communiquer les codes de son téléphone aux militaires. Un indice supplémentaire quant à son implication dans le trafic.
« Il est venu se faire un peu d’argent », lance le ministère public représenté par Stéphane Bertrand. Le procureur de la République a ensuite souligné que « c’est la mode maintenant de faire le tour de France pour vendre du stupéfiant », faisant référence à une pratique devenue commune pour les trafiquants, utilisée pour éviter d’être repéré trop régulièrement sur les mêmes points de deal. Le ministère public a ensuite requis 6 mois d’emprisonnement, auxquels il a ajouté 3 mois pour la prise d’une identité imaginaire.
Le prévenu a finalement écopé de 6 mois d’emprisonnement et de la confiscation de l’argent liquide et de son téléphone. Une condamnation qui repousse sa sortie de détention, initialement prévue en janvier 2027. Une fois de nouveau dehors, il devra donc envisager une reconversion professionnelle. Et cette fois, à son nom.