"La situation est désormais critique. Une solution doit être trouvée à très court terme, alors que la date du 15 avril, marquant la fin de la conciliation, approche rapidement. Sans accord d'ici là, les deux usines seront placées en redressement judiciaire." L'inquiétude est grande quant à l'avenir des sites Fibre Excellence de Tarascon et de Saint-Gaudens. D'après la direction, la rentabilité est étouffée par le prix élevé du bois, un contrat électrique inadapté et une réglementation environnementale (quotas CO2) qui pénalise paradoxalement les efforts de décarbonation. "Par ailleurs, ajoutent les syndicats CGT, FO et CFDT dans un communiqué de presse, le groupe a engagé un recours juridique auprès de l'État pour concurrence déloyale. Aujourd'hui, nos usines ne produisent pas un volume de pâte suffisant pour être compétitives face aux producteurs du Brésil et d'Asie, notamment dans le contexte de la mise en place du traité du Mercosur."
Depuis le début de l'année, les rencontres se multiplient à Bercy devant le Comité interministériel de restructuration industrielle. Mais l'intersyndicale, autour de la table des négociations, assure qu'aujourd'hui elles sont au point mort et qu'il y "a urgence à trouver une solution" pour sauver les sites et les quelque 700 emplois directs menacés - dont 270 à Tarascon - 10 000 en comptant les emplois indirects.
En ce qui concerne l'approvisionnement en bois, "des pistes de solutions semblent émerger, mais leur mise en œuvre demande du temps. Les régions Occitanie et Provence-Alpes-Côte d'Azur, en lien avec les préfectures, travaillent actuellement sur ce dossier", relate l'intersyndicale. Et de poursuivre : "L'actionnaire a indiqué qu'il soutiendrait le groupe Fibre Excellence à condition que l'État s'engage par écrit à garantir, pour cette année ou l'année prochaine, une indexation du MWh sur le prix du bois. Concernant l'aide annoncée par l'État, les 150 millions d'euros évoqués correspondent en réalité à un étalement de la dette à hauteur de 75 millions d'euros, ainsi qu'à 75 millions d'euros destinés à de futurs investissements".
L'intersyndicale en appelle au Président de la République et au Premier ministre "afin qu'ils prennent leurs responsabilités pour sauver les emplois, l'avenir industriel des sites et l'ensemble de la filière bois, et qu'ils revoient leur position concernant l'indexation du MWh".
Les délégués syndicaux demandent "le maintien des sites du groupe Fibre Excellence et de tous les emplois, y compris si cela doit passer par une nationalisation. Le temps presse." Des revendications rappelées lors d'une nouvelle réunion avec le CIRI au ministère de l'Économie, vendredi dernier. L'intersyndicale demande également à ce que l'actionnaire, les représentants des régions PACA et Occitanie les rejoignent autour de la table "pour avoir le même niveau d'information", et n'exclut pas une mobilisation dans les prochains jours.