Objectif Gard : il y a dix ans avaient lieu les États généraux du rail. L'un des chantiers prioritaires était d’améliorer l’attractivité des trains régionaux. Une décennie plus tard, estimez-vous que le but est atteint ?
Jean-Luc Gibelin : Le but est partiellement atteint avec une augmentation de la fréquentation de près de 70 % entre 2019 et 2025. C’est plus du double de la moyenne nationale. Nous avons trouvé le public mais il faut continuer jusqu’à la fin de ce mandat et j’espère que lors du prochain il y a la poursuite et l’augmentation de cette attractivité.
L’un des points à améliorer est la ponctualité des trains avec un chiffre, pour 2025, de 86,5 %, qui est plus bas que la moyenne nationale (90,7 %).
Ce chiffre n’est pas satisfaisant et c’est un recul par rapport à ce que nous avions les années précédentes. Ce n’est pas acceptable. Il est clair que le groupe SNCF soit au rendez-vous à la fois sur le réseau et à la fois sur les voyageurs.
Une modernisation des trains régionaux est-elle prévue ?
La gamme des trains est en modernisation puisque nous avons acquis des nouveaux trains. Nous allons encore recevoir des trains à partir de cette année. Il y aura 18 rames supplémentaires. Il y a aussi des trains qui sont remis à neuf et qui repartent pour vingt ans. Notre matériel roulant est tout à fait modernisé.
Y aura-t-il des aménagements sur les trains de la rive droite du Rhône ?
Oui, à partir de 2030 et des cinq nouveaux trains qui seront mis en place sur cette ligne, il y aura le retournement à Pont-Saint-Esprit. Cela veut dire que, quand le train arrivera dans cette gare, il pourra être mis en terminus provisoire et repartir en direction d’Avignon ou de Nîmes. Aujourd’hui il faut monter jusqu’au Teil (en Ardèche, NDLR) pour faire ce retournement. Aller-retour, cela représente 70 km à vide. C’est une hérésie et ça ne peut pas durer éternellement.
L’attractivité, c’est aussi à travers la gamme tarifaire. Quelle est la politique régionale dans ce domaine ?
Nous avons la gamme tarifaire la plus attractive de France avec le train régional le moins cher et la possibilité d’avoir des trains à un euro. Le premier week-end de chaque mois, les trains sont à un euro. Nous sommes à près de 140 000 billets à un euro vendus par week-end. Pour le 1ᵉ mai, nous avons eu une augmentation de la fréquentation de 56 % par rapport à l’année dernière.
Quels sont les projets régionaux dans les Cévennes ?
En 2028, il y aura l’ouverture de la ligne Alès – Saint-Ambroix, en 2030, l'ouverture de la ligne Saint-Ambroix – Bessèges. Ce sera la possibilité d’avoir un transport efficace jusqu’à Bessèges et c’est un décloisonnement de cette vallée. C’était aussi une demande de 2016 et nous faisons tout pour l’honorer.
Le réseau ferroviaire représente un investissement lourd pour la Région, mais cela rapporte-t-il de l’argent ?
Non, ça ne rapporte pas d’argent. C’est quelque chose qui coûte, mais c’est un choix politique fort. C’est une marque de fabrique de la Région et nous sommes très fiers de le mettre en œuvre.