Il a connu les doutes, les défaites, et les victoires. Dylan Antoine, combattant de MMA, va découvrir le monde professionnel à 26 ans et emmène avec lui l’ADN de la Bushido Academy Nîmes : discipline, humilité et rage de vaincre. Attention, Nîmes a un nouveau visage à défendre.
« Je suis un mec qui ne me prends pas la tête, mais qui a ce besoin d’extérioriser, d’aller dans la cage, de combattre. » Bien que Dylan Antoine, né à Nîmes, n’ait pas grandi avec l’idée de devenir professionnel, il a pourtant bien une attirance pour les sports de combat. Après des débuts en boxe pieds-poings, le confinement s’est, pour lui, avéré révélateur : il veut faire du MMA (arts martiaux mixtes). Une seule séance d’essai à la Bushido Academy Nîmes a suffi pour sceller son choix : « Je suis tombé par hasard sur la Bushido, j’ai fait un entraînement et j’ai tout de suite accroché », raconte-t-il, résumant en une seule phrase la bascule qui l’a mené du ring, à la cage et le début en compétition.
Sur le papier, son parcours amateur est plus que solide : neuf victoires dont trois par KO, pour seulement deux défaites. « Ce que je retiens le plus, ce sont mes défaites ! » confie-t-il en évoquant notamment une élimination aux championnats d’Europe qui l’a marqué émotionnellement. Plutôt que de se renfermer dans un nid de frustration, il a transformé ses échecs en un vrai carburant : « Après mes premières victoires, je me rends compte que je suis peut-être bien fait pour ça… ». Il a par la suite poursuivi ses efforts jusqu’à atteindre un premier cap et pas des moindres : un premier contrat dans le monde professionnel.
Quatre combats pros pour commencer
Sa signature, début mai, chez Ares, l’une des ligues phares du MMA en France, est loin d’être anecdotique. Derrière cette étape, il y a un travail collectif : l’entraînement quotidien avec son coach Romain Lange à la Bushido et la gestion de sa carrière par la BTT (Bulgarian Top Team) via son manager Stiven Joyeux. « Si j’ai signé chez Ares, c’est grâce à mon manager… et sûrement grâce à mon palmarès aussi ! », balance le gaillard qui combat dans la catégorie des 70 kg. Son contrat initial porte sur quatre combats professionnels ; l’objectif est clair : gagner pour prolonger l’aventure et viser les sommets.
Représenter Nîmes est tout sauf anodin pour Dylan. « Je suis un pur produit de Nîmes, ça me fait plaisir de représenter cette ville, j’espère aller le plus loin possible tout en portant fièrement les valeurs nîmoises. » Cette attache se retrouve aussi dans son discours sur la transmission : il invite les jeunes à, eux aussi, tenter l’expérience, à venir faire un essai à la Bushido, où l’esprit de famille et la bienveillance sont au rendez-vous.
Un premier combat pro annulé
Pour ses débuts professionnels, la feuille de route est claire : Dylan veut gagner et seulement gagner. Au-delà du résultat, il veut montrer qu’il a la tête dure. Il cite des combattants modèles comme Jon Jones pour sa complétude et Alex Pereira pour sa transition réussie du pieds-poings au MMA. Son ambition est nourrie par la confiance acquise au fil des combats.
Le premier combat pro prévu à l'Adidas Arena de Paris, le 3 juillet face à l'Ivoirien Dao, a été finalement annulé car son adversaire a déclaré forfait. Un remplaçant de dernière minute avait été trouvé mais il n'était pas à jour sur le plan administratif. Un contre temps que Dylan Antoine a appris une fois arrivé à la capitale. "C'est un peu dur à digérer car je m'étais préparé comme un malade mental avec une préparation de dingue. J'ai fait tout ce chemin pour rien, mais c'est comme ça. J'espère que la prochaine fois ça va le faire", confie le Nîmois qui garde néanmoins le moral.
Plus motivé que jamais, Dylan espère marcher sur les traces de Benoît Saint-Denis, le célèbre combattant nîmois actuellement cinquième de la catégorie poids-légers en UFC : « Surveillez moi de très près. J’aspire à de grandes choses ! » Et pour les jeunes qui hésitent : « Si vous avez envie, ce n’est pas pour rien, n’ayez pas peur… c’est très codifié, il y a un grand nombre de valeurs martiales, c’est le respect avant tout. » Il porte Nîmes dans la cage et n’a pas fini de nous surprendre.
Histoire de la Bushido Academy
Fondée en 1999, la Bushido Academy fait partie des clubs pionniers du MMA et du Jiu-Jitsu brésilien en Europe. À Nîmes, l’histoire s’accélère en 2018 lorsque Romain Lange reprend la succursale locale dans un petit dojo animé par quelques passionnés. Malgré quelques années difficiles, notamment le Covid, le club ne cesse de grandir jusqu’à franchir la barre symbolique des 100 élèves en 2023. Pour son coach, Romain Lange, la Bushido est avant tout un lieu où l’on transmet des valeurs : « La Bushido, c’est plus qu’un club : c’est une famille martiale, un lieu d’échange et de dépassement de soi, fondé sur l’entraide, le courage, le respect et la maîtrise de soi. » Aujourd’hui installée dans un dojo moderne avenue Maréchal Juin, l’académie continue de former débutants et compétiteurs et ce avec la même exigence.