La cour d'appel de Paris a rendu sa décision ce mardi dans l'affaire des assistants parlementaires européens du Front national, devenu depuis le Rassemblement national. Les magistrats ont confirmé la culpabilité de Marine Le Pen pour détournement de fonds publics, tout en aménageant les peines prononcées en première instance.
La présidente du groupe Rassemblement national à l'Assemblée nationale est condamnée à trois ans de prison, dont deux avec sursis. L'année de prison ferme sera exécutée sous bracelet électronique. La cour a également ramené sa peine d'inéligibilité à 45 mois, dont 30 mois avec sursis. Cette décision met fin à la période d'inéligibilité résultant de la condamnation de première instance et permet à Marine Le Pen de se présenter à l'élection présidentielle de 2027.
Cette décision, très attendue, relance immédiatement le débat politique à moins d'un an de la prochaine élection présidentielle. Dans le Gard, les premiers responsables politiques n'ont pas tardé à réagir.
Les réactions dans le Gard
Patrick Malavieille, vice-président du Conseil départemental du Gard : « La justice vient de passer. Peu importe de savoir si l'on peut mener une campagne avec un bracelet électronique. Le fond du sujet est que Marine Le Pen vient d'être condamnée pour détournement d'argent public. D'un point de vue moral, peut-on imaginer à l'Élysée une personne condamnée pour un tel délit ? De surcroît, elle qui réclamait l'inéligibilité à vie pour les élus condamnés devrait s'en souvenir. »
Fabrice Verdier, président du Pays d'Uzès : « La condamnation en appel de Marine Le Pen confirme que les donneurs de leçons d'extrême droite sont capables du pire une fois aux responsabilités. Si Madame Le Pen est candidate à l'élection présidentielle, notre pays connaîtra une situation tristement inédite. Ce serait un exemple désastreux pour les citoyens de demain et un élément supplémentaire de défiance pour ceux qui ne croient déjà plus dans la capacité des responsables politiques nationaux à améliorer leur quotidien. C'est l'image de la France qui en pâtit, et c'est un regret de plus pour tous les anonymes engagés sincèrement dans l'action publique, à tous les niveaux. »
Nicolas Koukas, chef de file de l'opposition municipale à Arles : « La condamnation de Marine Le Pen suscite de nombreuses réactions. Une chose est pourtant frappante : certains se découvrent aujourd'hui une profonde défiance envers la justice, mais uniquement lorsque les décisions ne vont pas dans leur sens. Dans un État de droit, la justice est indépendante. Ses décisions peuvent être contestées dans le cadre des voies de recours prévues par la loi, mais elles doivent être respectées. C'est le fondement même de notre République. Pendant des années, les responsables du Rassemblement national ont réclamé une justice ferme, exemplaire et implacable. Aujourd'hui, parce qu'une décision les concerne, ils dénoncent un prétendu complot et remettent en cause les institutions qu'ils prétendaient défendre. Cette conception à géométrie variable de la justice est profondément inquiétante. On ne peut pas applaudir les juges lorsqu'ils condamnent les autres et les accuser d'être partiaux lorsqu'ils rendent une décision qui nous est défavorable. La démocratie repose sur le respect de la séparation des pouvoirs et de l'indépendance de la justice. C'est un principe qui s'impose à tous, sans exception. »
D'autres réactions sont attendues dans les prochaines heures, notamment de responsables du Rassemblement national, qui avaient reçu pour consigne de ne pas s'exprimer publiquement avant la prise de parole de Marine Le Pen au journal de 20 heures de TF1.