Publié il y a 1 h - Mise à jour le 09.02.2026 - François Desmeures - 3 min  - vu 55 fois

ALÈS Activité en hausse persistante à la Maison de la justice et du droit

Ce lundi avait le deuxième conseil de la Maison de la justice et du droit

- François Desmeures

Inaugurée l'an dernier dans la galerie de l'ancien Centr'Alès, mais active depuis 2024, la Maison de la justice et du droit a vu son activité augmenter fortement l'an dernier. Si la structure sert notamment à désengorger le tribunal, l'engorgement la guette... Ce qui n'est pas sans poser des problèmes de sécurité pour les deux permanentes. 

Ce lundi avait le deuxième conseil de la Maison de la justice et du droit • François Desmeures

Elle a vu 8 735 justiciables en 2024, et presque 2 000 de plus l'an dernier. Soit 10 649 personnes reçues en 2025 entre simple accueil, accès au droit, conciliations et médiations dans le cadre des modes alternatifs de règlement des différends, et activité pénale. Une hausse qu'on aurait pu mettre sur le compte d'une meilleure visibilité de la Maison de la justice et du droit (MJD), installée depuis fin 2024 dans ses locaux propres, rue Michelet, dans la galerie du centre. Mais la hausse est continue : sur le seul mois de janvier 2026, plus de 1 000 personnes ont déjà franchi les portes de la Maison. 

"Il y avait ce besoin de justice de proximité", constate donc Abldelkrim Grini, procureur de la République du tribunal d'Alès, à l'occasion du deuxième conseil de maison de la structure, ce lundi 9 janvier. Tandis que la nouvelle bâtonnière d'Alès, Aude Guiraudou-Samson, loue l'accueil qui est réservé aux avocats par les deux permanentes dont Aurore Nollet, greffière coordinatrice, qui gère la Maison de la justice et du droit au quotidien. 

"L'activité pénale a augmenté, et je pense qu'elle n'aura de cesse de le faire"

C'est donc à elle qu'est revenue la tâche de détailler l'activité de la Maison de la justice et du droit pour 2025, aux acteurs de la justice réunis dans le public. En commençant par un peu d'histoire. "Le premier point de justice d'Alès, en 2013, avait reçu 100 personnes sur l'année. Nous étions montés à 6 000 quand nous étions à Mairie Prim'." Pour atteindre, donc, 10 649 personnes l'an dernier. Et, déjà, 1 091 personnes en janvier de cette année. 

De gauche à droite, Claire Gadat, présidente du conseil départemental de l'accès au droit, Aurore Nollet, greffière coordinatrice de la MJD, Simon Lanes, président du tribunal d'Alès, et Abdelkrim Grini, procureur de la République • François Desmeures

"L'activité pénale a augmenté, et je pense qu'elle n'aura de cesse de le faire, poursuit Aurore Nollet, avec l'arrivée d'un nouveau délégué du procureur". Alternatives aux poursuites, médiations pénales ou contrôle judiciaire ont concerné 1 803 personnes en 2025. 

La Maison de la justice et du droit a mis en place une permanence du droit des étrangers, le deuxième vendredi de chaque mois, mais fait face à un problème de taille : "Le défenseur des droits n'a plus de communication avec la préfecture. Il est donc dans l'obligation de rediriger les justiciables vers un avocat spécialisé."

"J'ai reçu Claire Hédon, la Défenseure des droits, le 30 janvier, intervient Claire Gadat, présidente du conseil départemental de l'accès au droit. Elle sortait d'un rendez-vous avec le préfet du Gard. Elle nous a dit que la communication est plus fluide dans d'autres départements. Elle s'est saisie officiellement de la situation."

Aurore Nollet a ensuite abordé "le point noir" de la réunion, selon ses propres termes : la sécurité de la MJD elle-même. "Depuis août 2025, j'ai produit huit rapports d'incidents. Trois ont fait l'objet de plaintes pénales et sept personnes ne sont plus autorisées à avoir un rendez-vous." En cause, des comportements déplacés, insultants, ou même des menaces. "Nous sommes deux femmes", rappelle Aurore Nollet, qui ont dû prendre une décision radicale face au danger encouru : la fermeture de la MJD s'il n'y a qu'une seule agente et pas d'intervenant. "Nous demandons la mise en place d'un agent de sécurité, comme tous les services publics", plaide Aurore Nollet. 

Sollicitée par le président du tribunal d'Alès, Simon Lanes, Martine Magne, adjointe dédiée notamment au conseil local de prévention de la délinquance, a renvoyé le problème au ministère de la Justice, en précisant qu'il n'y a pas non plus d'agent de sécurité en mairie. "La sécurité des bâtiments de justice est décidée par marché public", précise Claire Gadat. Dans la salle, une conciliatrice de justice suggère la pose d'un visiophone, qui permet déjà un premier filtre des entrants. 

Enfin, Aurore Nollet s'est réjouie que le bureau d'aide aux victimes mineures prenne "sa place au sein de la MJD". Tout en regrettant que son existence soit encore peu connue. Malgré cela, elle a tout de même accueilli 14 mineurs depuis le mois de septembre...

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