C’est la tristement célèbre arnaque au faux coursier qui mène deux jeunes majeurs à comparaître devant le tribunal correctionnel de Nîmes, ce jeudi 29 janvier. Le 16 décembre 2025, une plainte est déposée pour escroquerie. La victime aurait reçu un appel téléphonique l’alertant d’une fraude qui serait en cours sur son compte bancaire. L’interlocuteur, à l’autre bout du fil, a ensuite convaincu la victime de remettre sa carte bancaire, ainsi que son code, à un coursier, prétendument dépêché pour rapporter le moyen de paiement au conseiller, chargé de sa destruction.
Problème, le conseiller et le coursier n’existent pas. Il s’avère même qu’il s’agit de la même personne. Noah, 20 ans au moment des faits, en serait à sa troisième escroquerie de ce genre. Bien ficelée, elle permet de dérober de l’argent à des personnes, généralement âgées ou vulnéables, en utilisant simplement leur carte et leur code. Eliott, 18 ans lors des faits, aurait conduit la voiture permettant à son ami de récupérer les cartes bleues. Rôle de conducteur qu’il aurait endossé à deux reprises, le 11 décembre, au Grau-du-Roi et le 15 décembre, à Caveirac.
Recrutés sur Télégram
Malgré leurs manigances pour dérober les cartes bancaires, les deux jeunes habitant Calvisson ne seraient pas à l’initiative de cette escroquerie. « On a été recrutés sur Télégram », dit Noah, avant d’expliquer qu’ils auraient touché 200 et 400 € à se partager. « Celui qui organise tout ça est bien tranquille, lui », souligne Maître Guilhem Benezech, intervenant pour la défense de Noah. « J’étais à découvert, j’ai accepté directement », ajoute le jeune garçon. Pourtant, l’un comme l’autre, fébriles à la barre, ont compris la gravité de leurs actes. « Le pire, c’est le regard déçu de mes parents », dit Eliott avec regret. « C’est comme si j’avais arnaqué mes grands-parents », réalise Naoh avec dégoût. Par chance, les deux jeunes hommes disposent d’un casier judiciaire vierge.
« Son rôle n’a été que secondaire », soulève Maître Camille Alliez, avocate intervenant pour la défense d’Eliott. À l’issue des délibérations, les deux jeunes majeurs ont écopé de 105 heures de travaux d’intérêt généraux (TIG), soit environ 3 semaines complètes. La Clio 5, utilisée pour commettre les méfaits, a été restituée à la maman d’Eliott. Le tribunal, présidé par Jérôme Reynes, a fait droit à la demande d’exclusion du bulletin numéro 2, faite par Maître Benezech, son client souhaitant se réengager dans l’armée. Une voie inaccessible avec un casier judiciaire. Ce premier passage devant une juridiction pénale va leur servir de leçon, du moins, il faut l'espérer.