Pour réparer sa voiture, ce prévenu a fait dans le circuit court. Dimanche 15 mars, peu avant 3h du matin, Djibril a été retrouvé par les agents de la gendarmerie de Vauvert en train de voler des pièces directement sur une Peugeot 208, garée pour la nuit. Pris la main dans le sac, ou plutôt dans le cambouis, il a pris la fuite à bord d’une voiture Volkswagen Polo. Il n’a pourtant pas tardé à être interpellé, des gants en latex noirs aux mains, et des pièces Peugeot plein sa voiture.
Le capot, retrouvé dans le coffre, des optiques de phares, sur la banquette arrière, et quelques accessoires déposés sur le siège passager correspondent aux éléments dérobés sur le véhicule, stationné à Aubord. Ils ont été restitués à la victime. Interrogé sur les causes l’ayant conduit à voler, il évoque avoir été missionné par un commanditaire, chez qui il devait faire réparer sa propre voiture. En échange de 120 €, il s’est donc adonné à l’activité nocturne de vol de pièces pour automobiles. D’autant qu’il n’en est pas à son coup d’essai. « Avant, je volais des pièces pour les revendre sur Leboncoin », explique-t-il.
« J’avais besoin d’argent »
« C’est la première fois que je le refais », lance Djibril, déjà condamné en 2025 par le tribunal correctionnel de Nîmes pour des faits en tous points similaires. « Je comptais en faire un et puis arrêter, j’avais besoin d’argent », se justifie le prévenu, avant d’expliquer qu’il a tout perdu lors d’une sortie au casino. L’objectif de ce vol était de pouvoir payer les réparations sur son propre véhicule, selon Djibril. Dommage que les pièces de Peugeot ne soient pas compatibles avec celles d’une Volkswagen…
Face à la réitération de ces faits, Arnaud Massip, procureur de la République, a requis 7 mois d’emprisonnement ferme et la révocation totale du sursis probatoire prononcé en 2025, soit 6 mois supplémentaires. Des réquisitions contestées par maître Cécile Bargeton-Dyens, rappelant l’insertion socio-professionnelle de son client, sous contrat CDI du haut de ses 20 ans.
Malgré tout, le tribunal, présidé par Jérôme Reynes, a prononcé une peine surpassant les réquisitions. Djibril a été condamné à 10 mois d’emprisonnement avec maintien en détention. L’intégralité de son sursis probatoire a également été révoquée. Pour réparer le préjudice subi par la victime du vol, il devra lui payer 250 € au titre des réparations à effectuer et 400 € pour son préjudice moral. À l’annonce de la condamnation, la mère du prévenu s’est effondrée en larmes dans la salle d'audience.