« Il a essayé de m’embrasser », dit une jeune femme avec tristesse à la barre du tribunal correctionnel de Nîmes. Elle raconte avoir été la victime d’une agression sexuelle, au niveau du boulevard du Sergent-Triaire, à Nîmes. C’est le matin du lundi 9 mars dernier que les faits se seraient produits. Comme à son habitude, la jeune stagiaire dans un établissement scolaire marche en direction de son lieu de travail. « J’ai senti une main sur mes fesses, dit la victime. Puis je me suis retournée ». À la barre du tribunal correctionnel de Nîmes, elle explique avoir cru que l’on lui volait son téléphone. Mais il n’en est rien. Avant qu’elle n’ait eu le temps de réaliser, elle a été agrippée par le bras et entraînée contre son agresseur qui a ensuite tenté de l’embrasser.
Apeurée, la victime a pris la fuite en courant. Une réaction qui n’a pas empêché l’homme, décrit comme ayant un regard hagard, de continuer à la suivre. C’est une passante qui a finalement appelé les forces de l’ordre. L’homme d’une quarantaine d’années et originaire du Sénégal a été interpellé quelques rues plus loin. Pour ajouter de l’étrange à l’horreur, une fois en cellule, il s’est dévêtu avant de se masturber. Interrogé, il explique avoir consommé « un bonbon avec du cannabis », selon ses dires. À l’audience, il a fait le choix de garder le silence.
Une vidéosurveillance éloquente
Pour faire la lumière sur les faits, contestés par le prévenu, la vidéosurveillance de la ville a été exploitée. Surprise : Pape, le prévenu, n'en est pas à son coup d’essai ce jour-là. Il est identifié à plusieurs reprises dans les rues de la ville en train de suivre des femmes, visiblement dérangées par son comportement plus que déplacé. « Il n’hésite pas à changer de direction lorsqu’il croise des femmes », décrit le président à l’audience. Visiblement très touchée par l’épisode traumatique qu’elle a vécu, la victime confie au tribunal qu’elle n’a plus jamais emprunté ce chemin pour se rendre sur son lieu de stage. Une méfiance qu’elle répercute même en dehors de la ville de Nîmes et dans sa vie personnelle.
« Cette affaire est la triste illustration que la rue constitue, pour les jeunes femmes, une source de danger », lance la procureure de la République en guise de propos liminaire. « Elle est de dos, elle ne peut pas consentir », ajoute-t-elle avant de requérir 3 ans d’emprisonnement ferme à l’encontre du prévenu avec maintien en détention, une interdiction définitive du territoire français et une inscription sur le fichier des délinquants sexuels (Fijais). Reprenant les images de vidéosurveillance, maître Camille Proix, intervenant à la défense de son client, a souligné qu’à « aucun moment, on ne le voit agresser la victime ». Plaidant alors la relaxe pour un homme qui dit ne se souvenir de rien.
Malgré son casier judiciaire vierge, l’homme d’origine sénégalaise a été condamné pour les faits qui lui étaient reprochés. Le tribunal a suivi à la lettre les réquisitions du parquet. La constitution de partie civile de la victime a été accueillie et le prévenu a été condamné à lui payer 3 000 € au titre du préjudice moral. Entre larmes et soulagement, la victime a pu quitter la salle d’audience plus sereinement qu’elle y est entrée, en sachant que l’homme qui l’a agressée va dormir en prison.