Ce refus d’obtempérer aurait pu coûter la vie à une jeune maman. C’est dans la commune de Saint-Chaptes, le 29 avril dernier, que tout a dérapé. Yohan, le prévenu dans cette affaire, a mal vécu sa rupture avec sa compagne. L’homme a déjà été condamné pour des violences conjugales exercées à son endroit, mais c'est pourtant lui qui a eu l'initiative de la rupture. Rien d’étonnant lorsque les faits sont détaillés devant le tribunal correctionnel de Nîmes. Visiblement en colère, Yohan aurait menacé son ex-compagne, notamment par le biais de SMS. Mais, malheureusement, il ne s’est pas arrêté là. L’homme aurait tenté de la percuter avec son véhicule, lui aurait crevé les pneus et dégradé sa porte d’entrée à force de coups.
Alertés, les policiers sont intervenus sur place mais, à leur arrivée, rien ne s’est passé comme prévu. Une course-poursuite s’est alors engagée entre le prévenu et l’équipe de policiers. Au détour d’une rue, lorsqu’il roulait à vive allure, il a failli percuter une piétonne. « J’ai eu terriblement peur et j’ai sincèrement craint pour ma vie », raconte cette victime, qui s’est constituée partie civile dans ce dossier. Face aux enquêteurs, elle explique que si elle avait été accompagnée de son jeune fils, elle n’aurait pas été en mesure d’éviter le chauffard qui, selon elle, l’a très bien vu. Une fois entre les mains des fonctionnaires, l’interpellation n’a pas été plus simple. Il a violenté les trois policiers en tirant les cheveux des deux femmes et en mordant les mollets de l’homme.
« Je voulais discuter », s’explique Yohan à la barre. Il reconnaît tout, sauf le fait d’avoir crevé les pneus de son ex-compagne, accusant alors les voisins avec qui elle aurait des différends. « J’étais dans un état second », ajoute le prévenu. Une allégation crédible compte tenu de sa positivité au cannabis et à l’alcool. « Il comparaît devant vous avec honte », complète son avocate. Mais la honte ne suffit pas à effacer les conséquences de ses actes. Yohan a donc été condamné à 2 ans d’emprisonnement, dont une année assortie d’un sursis probatoire pendant deux ans comprenant une obligation de soins, de travail, d’indemnisation des victimes et une interdiction de contact avec ces dernières. La partie ferme de sa peine est aménagée par le tribunal sous la forme d’un bracelet électronique. Une peine clémente en comparaison avec les réquisitions demandant une peine à hauteur de deux années de prison ferme.