Un appel et tout dérape. C’est ce que ressentent les victimes d’escroqueries au faux conseiller bancaire. Celle de ce dossier a vu plus de 1 500 € être retirés de son compte. Désormais répandue, cette arnaque est simple. Un prétendu conseiller bancaire du service anti-fraude d’une banque comme le Crédit mutuel appelle pour avertir le client qu’une ou plusieurs transactions frauduleuses sont en cours, lui demandant alors de valider une prétendue annulation de ces sorties d’argent. Problème : il ne s’agit pas d’une annulation, mais d’une autorisation de transaction, bien souvent vers une plateforme en ligne, à l’image de Winamax. La victime a déposé plainte le lendemain des faits, le 4 novembre 2023.
Pourtant, ce n’est pas l’auteur de cet appel malveillant qui comparaît ce jeudi 4 juin, devant le tribunal correctionnel nîmois, mais le titulaire du compte Winamax sur lequel la somme détournée a été versée. « J’ai été approché via Snapchat », explique le prévenu à la barre. Il raconte ensuite avoir vendu une copie de sa carte d’identité, ainsi que son compte de paris sportifs pour la somme de 150 €. « J’avais aucune idée de ce qui allait se passer », lance le jeune homme de 29 ans. Pourtant, Rayan, qui dispose de deux mentions sur son casier judiciaire, a déjà été condamné pour les exacts mêmes faits en 2025 : une escroquerie au même mécanisme fourbe. Bon « faux conseiller », mais très mauvais parieur, la somme escroquée à la victime a été lamentablement perdue au détour de paris successifs.
« Je pensais qu’il était interdit de jeu », soutient le prévenu, interrogé sur la raison de vendre un tel compte, pourtant aisément accessible à l’inscription. Aucune preuve ne permet de rattacher le prévenu à son éventuel rôle de faux conseiller dans cette machination, mais « il a participé à la mise en œuvre d’une escroquerie », souligne Stéphane Bertrand, procureur de la République, envisageant la requalification des faits d’escroquerie reprochés en faits de complicité de cette dernière. L’avocat de la défense s’est pourtant opposé à cette éventualité à ce stade des débats, soulignant qu’elle aurait dû être soulevée dès le début du procès. S’appuyant sur cet argument et dans une plaidoirie express, le conseil a demandé la relaxe de son client concernant les faits d’escroquerie. Application faite du droit, le tribunal a relaxé le jeune homme des fins de la poursuite, provoquant chez lui une vague visible de soulagement.