« On est loin du compte », estimait samedi le président des Amis d’Albert André Elian Cellier à propos du projet municipal. La mairie se fend ce mardi d’un communiqué pour « apporter des précisions factuelles, techniques et juridiques sur le projet de réhabilitation de la maison de la rue de Boulogne. »
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Elle le fait en six points, que voici : « 1. Un édifice en danger : la priorité à la sécurité
L’étude APS a révélé des désordres structurels : une fissure verticale sur la façade Ouest de haut en bas ainsi que des infiltrations d’eau au niveau des combles. Ces dégâts sont causés par l'atelier aménagé dans les combles par Jacqueline Bret-André dans les années 50, une structure ajoutée aux murs d'origine. Supprimer cet ajout n'est pas un choix arbitraire, mais une obligation technique pour sauver la maison, et la restituer dans son état historique du temps d'Albert André.
2. Un projet validé en toute transparence
La municipalité rappelle que le comité de pilotage composé de l’éxecuteur testamentaire, l’association des amis d’Albert André, l’Agglomération du Gard rhodanien, la conservation des musées et la commune, a été étroitement associée à chaque étape. Lors des Comités de Pilotage des 30 juillet (APS) et 8 octobre (APD) 2025, les techniciens ont exposé l'intégralité du projet : de la suppression de l'atelier au changement d'entrée pour l'accessibilité PMR, jusqu'à l'installation du service culturel au premier étage. Le comité de pilotage dont le président de l’association des amis d’Albert André, avait alors validé les études sur ces bases précises.
Concernant le jardin, il est bien prévu de restaurer la treille au Sud, objet de nombreuses représentations dans les tableaux d’Albert André
3. La voie de la sécurité juridique
Le testament de Jacqueline Bret-André, rédigé en 1999, se heurte aujourd'hui à des réalités juridiques incontournables : l'opposition de l'État (DRAC) à la création d'un musée supplémentaire sur le territoire et des coûts de gestion impossibles pour notre commune. En plein accord avec l’exécuteur testamentaire Alain Girard, qui reconnaît l’inapplicabilité du testament en l’état, la Ville a saisi le Tribunal Judiciaire de Nîmes pour une révision des charges. L'audience du 26 mars 2026 devrait permettre d'entériner un projet « propre », fidèle à la mémoire du peintre mais adapté aux normes de sécurité et d'accueil du XXIe siècle.
4. Une maison vivante et non un bâtiment administratif
L'occupation du premier étage par le service culturel n'est pas une confiscation de l'espace, mais une garantie de pérennité : la maison sera chauffée, surveillée et entretenue au quotidien, évitant ainsi le retour de l'humidité qui l’a déjà tant dégradée.
5. Gouvernance du projet
La municipalité tient à préciser que si l’acte de notoriété de 2006 esquissait initialement une gestion partagée entre la Commune et le Département pour un projet de « musée », le refus définitif de ce label par l’État en 2009 ainsi que l'impossibilité financière pour une petite commune d'assumer un tel fonctionnement ont rendu ce cadre inapplicable en l'état. L’association des Amis d’Albert André a été étroitement informée de la révision de ces charges portées par le tribunal judiciaire lors des comités de pilotage.
6. L'immersion culturelle :
Le projet prévoit une « maison augmentée » avec des technologies numériques et acoustiques pour faire vivre l'œuvre d'Albert André auprès d'un large public. Il sera co-construit dans les prochaines années de la même façon que le projet de réhabilitation de la maison, avec le même comité de pilotage et une participation financière de l’Agglomération du Gard Rhodanien. »
La mairie conclut en rappelant que « Vingt ans après le décès de Jacqueline, le don de la maison et malgré la disparition des 552 343,51 € intégrés au budget de fonctionnement de la commune en 2007, la municipalité est la première à transformer les intentions en actes concrets réalisables », et souligne que ce projet se fait « Avec le soutien de l'exécuteur testamentaire, la validation du comité de pilotage pour sortir d’une impasse et l'arbitrage prochain de la Justice ». Elle termine en affirmant que « C’est la seule condition pour que des travaux puissent enfin être lancés au printemps. »