Avec quatre listes pour une commune d’un peu plus de 6 000 habitants, c’est peu dire que la campagne a été intense à Laudun-l’Ardoise, notamment sur les réseaux sociaux. C’est par là qu’Yves Cazorla a commencé sa prise de parole ce jeudi soir, dénonçant « des fausses informations publiées à outrance » par « plusieurs candidats, certains plus que d’autres, qui ont abusé de ces moyens de communiquer pour brouiller les cartes et se donner plus de chances d’aboutir à leurs fins ».
Évoquant rapidement son « très bon bilan », Yves Cazorla a rappelé les crises, du covid d’abord, de l’énergie ensuite, politique nationale et locale aussi, avec notamment de nombreuses démissions au sein du conseil municipal, qui ont « toutes été bien gérées pas notre équipe qui a redoublé de courage et de dynamisme pour garder une commune stable et sereine », affirme le maire-candidat, et ce grâce à « beaucoup de travail ».
Un réquisitoire
Puis il s’est engagé dans un long réquisitoire de ses trois concurrents, « mon ex-premier adjoint, l’ancien maire et le secrétaire de mairie », comme il présente respectivement Patrick Pannetier, Patrice Prat et Ludovic Di Rollo, sans toutefois jamais les nommer. En commençant par Patrick Pannetier, une nouvelle fois accusé de ne pas pouvoir « donner du dynamisme à notre commune parce qu’il en est totalement dépourvu » et d’avoir « des ambitions qui vont bien trop au-delà de ses capacités », ce que l’intéressé appréciera.
Yves Cazorla l’accusera ensuite d’avoir « trahi son groupe et ses électeurs » en démissionnant, et réfutera les dires de Patrick Pannetier, sur la paternité du redressement budgétaire de la commune d’abord, sur les demandes de subventions pour les projets municipaux après, sur le cimetière des enfants de Harkis plus tard. Yves Cazorla s’en prend aussi à la mesure proposée par Patrick Pannetier de construire une maison de santé, « qui représente une énorme dépense pour rien puisque nous avons déjà des locaux neufs », entre autres.
Puis il est passé à Patrice Prat, « l’ancien maire qui ne veut pas qu’on parle du passé », un passé « plutôt sombre » aux yeux du maire sortant, accusant l'ancien maire d’avoir « ruiné la commune, trahi son plus fidèle ami qu’il a mis lui-même aux commandes de notre commune », mais aussi d'avoir « mis la pagaille dans les comptes, croqué le legs de la fille adoptive du peintre Albert André, laissé tous les équipements en désuétude parce qu’il était probablement plus préoccupé par la préparation de sa campagne pour être député. »
Ne s’arrêtant pas en si bon chemin, Yves Cazorla s’est ensuite attaqué à la piscine : « il est dit que je suis responsable de la fermeture. Eh bien au moins, il y a quelqu’un de responsable dans cette mairie. Parce que pendant des années c’était Beyrouth. Des trous énormes dans les gaines de ventilation, des dalles de plafond qui tombaient dans le bassin, des chaudières au bout du rouleau, des fuites d’eau chauffée et chlorée de 50 m3 par jour. Et tout ça était connu depuis au moins 2010. Mais il ne l’avait dit à personne. » Au passage, Yves Cazorla rappellera l’élection de Patrice Prat en 2020 à Nîmes aux côtés de Vincent Bouget, « pour démissionner encore une fois un an plus tard. Encore un non-respect de ses engagements. »
Dernier à être ciblé par le maire sortant, Ludovic Di Rollo, le « secrétaire de mairie d’une commune voisine », en l’occurence Lirac, qu’Yves Cazorla accuse d’avoir « harcelé les élus du conseil municipal, majorité et opposition ces dernières années pour qu’ils démissionnent. Ça c’est un programme », et d’être « allé jusqu’à m’accuser de corruption envers un élu d’opposition qui avait souhaité rejoindre l’équipe majoritaire. Et pour le faire, il est allé jusqu’à la calomnie ». Il s’agit cette fois du cas de Mohamed Berkane, que nous avions révélé. Ni la mairie, ni Yves Cazorla n’ont usé de leur droit de réponse ni ne nous ont attaqué en justice pour cet article, soit dit en passant.
Pour en revenir à Ludovic Di Rollo, il serait « quelqu’un qui ne pense qu’à détruire », dont le programme « c’est open bar pour tout le monde. Mais comment va-t-il faire ? Le sait-il vraiment ? Bien sûr que non », affirme le maire sortant. Le candidat, qui a annoncé qu’il continuerait à travailler en plus de son mandat de maire s’il est élu, est repris par Yves Cazorla sur ce point, qui estime que « être maire à mi-temps d’une commune comme Laudun-l’Ardoise, ce n’est pas possible ». Et, pour terminer sur Ludovic Di Rollo, Yves Cazorla rappelle qu’« il a dans sa liste, le président du comité de défense de l’Ardoise (Dominique Griotto, ndlr). Celui qui parle toujours, à tort, à la place des Ardoisiens. Celui qui est un opposant éternel. Celui qui est toujours contre tout », qualifié de « bombe à retardement. »
« Choisissons le meilleur compromis »
Globalement, Yves Cazorla dénoncera des candidats « systématiquement contre toutes les décisions prises par le maire », comme sur le projet pour la maison Albert André, « que l’exécuteur testamentaire a validé » et dont il dit la Conservation départementale « enchantée », ou sur le projet pour la fraiche de l’Ardoise, sur lequel « Ils sont aussi tous contre. Tous. Ils ne veulent donc pas des 400 emplois, ni du milliard d’euros qui nous est offert et qui trouvera forcément une autre commune très rapidement en cas de refus du maire de valider. »
« Aucun des trois autres candidats n’a de courage politique », résume Yves Cazorla, très offensif, qui en a gardé une petite pour Patrick Scorsone, là aussi sans le nommer, conseiller départemental du canton, sur la liste de Patrice Prat, qui « a dépassé quelques limites avec cette campagne ». Accusé de ne pas avoir respecté une promesse de ne pas se présenter contre lui, mais aussi de ne pas s’être « mis à l’écart de la présidence de la Segard ni de la SPL30 qui gèrent un grand nombre de nos dossiers alors qu’il est candidat contre l’équipe municipale. »
« En ce qui nous concerne, vous connaissez notre façon de gérer la commune, avec des résultats que d’autres veulent minimiser mais qui sont bien là », poursuivra Yves Cazorla, avant d’évoquer les projets en cours de finalisation, comme le pumptrack, le skatepark, le parc ombragé au complexe sportif, et pour le prochain mandat de « la création d’une piscine, d’une grande crèche, la construction de 6 padel également au complexe sportif, la réhabilitation de la maison Albert André, la réhabilitation de l’école Kergomard et de la cantine, l’étude complète sur le gymnase Leo Lagrange qu’il faudra réhabiliter, l’étude pour la création d’un boulodrome couvert et d’un terrain de football synthétique, la poursuite de la réhabilitation de l’église, la réhabilitation du cinema que tous les autres candidats veulent démolir, la création d’un EHPAD, d’une deuxième résidence séniors, finaliser la révision du PLU pour continuer de moderniser notre commune. »
Le maire sortant conclura en enjoignant les électeurs : « ne retournons pas dans le passé. Ne prenons pas des chemins sinueux avec des risques d’explosion imminent dès le lendemain des élections, ne prenons pas le risques d’une mandature incohérente et dangereuse », mais « choisissons le meilleur compromis. Celui de la garantie. Celui de la sagesse, celui qui fonctionne et qui continuera à fonctionner après le 22 mars. »