Objectif Gard : Pouvez-vous vous présenter ?
Jules Fernandez : J’ai 56 ans, je suis marié et j’ai deux enfants, de 33 et 22 ans. Depuis dix ans, j’ai mon entreprise de taxi. Je transporte principalement des habitants de Redessan pour leurs rendez-vous médicaux, mais pas que... Je suis un enfant du village, j’y suis arrivé à l’âge de 4 ans. Mes parents, originaires d'Espagne, sont arrivés en France du temps du dictateur Franco, d’abord à Aix-en-Provence puis à Nîmes, dans le quartier de Valdegour. C’était, à l’époque, plus convivial que ça ne l’est aujourd’hui…
« Le village s’est un peu endormi sur ses lauriers »
Pourquoi vous êtes-vous lancé dans l’aventure politique ?
Ce qui m’intéresse depuis toujours, c’est mon village. Ces dix dernières années, en transportant les personnes, nous avons beaucoup discuté de la situation du village et de son évolution. J’aime beaucoup Fabienne Richard mais, n’ayant pas eu d’opposition en 2020, le village s’est un peu endormi sur ses lauriers… Lors de ses vœux, quand elle a officiellement annoncé qu’elle ne se représenterait pas, j’ai décidé de me lancer. Au départ, je pensais que je serais le seul candidat. Puis son premier adjoint s’est déclaré avec plusieurs membres de l’ancienne équipe. Nous avons gagné. Nous sommes une toute nouvelle équipe.
Qu’avez-vous ressenti en vous asseyant dans le bureau du maire ?
Une grande satisfaction, même si nous avons beaucoup de travail qui nous attend. La passation s’est très bien passée avec la maire sortante. Elle est restée une semaine à mes côtés.
Comment définiriez-vous votre village et les défis auxquels il doit faire face ?
Certains pensent que c’est un village-dortoir. C’est faux. Il faut venir ici pour s’en rendre compte. Nous avons 44 associations avec des événements pratiquement tous les week-ends ! C’est d’ailleurs pour cela que nous avons commandé des panneaux pour afficher les événements à venir dans la commune. Aussi, pendant la campagne, j’ai mis le paquet sur la sécurité, notamment routière. Nous avons embauché un policier municipal pour porter l’effectif à trois agents, seulement l’un d’eux est actuellement en arrêt de travail. Ce mercredi, nous allons enlever les deux places de stationnement devant la pharmacie qui bouchent la visibilité, ce qui se révèle très accidentogène. Nous allons également renforcer la signalisation.
Quelles sont les premières mesures mises en place ?
La climatisation de l’école maternelle Marcel-Pagnol. Pour le reste, nous n’avons pas pu le faire en raison du coût et des règles qu’une municipalité doit suivre, notamment en matière d’appels d’offres. Pour mon équipe et moi, c’est nouveau… Nous découvrons la lenteur administrative. Nous allons donc lancer la rénovation de l’école primaire avec, notamment, la mise en place de faux plafonds, le renouvellement des menuiseries… On espère que le chantier sera terminé fin 2027.
« Créer une véritable place de village »
Quel autre projet avez-vous pour votre village ?
Nous aimerions créer une Maison des associations afin de les regrouper et de libérer la place Matteï pour en faire une véritable place de village. Un terrain a été acheté par l’ancienne municipalité, derrière Max Pneus. L’objectif était d’y installer une maison médicale… Sauf qu’ils n’ont jamais trouvé de médecins pour l’occuper !
Un distributeur de billets devrait également arriver prochainement…
Oui, ça a fait un peu le buzz au début de notre mandat. Mon premier adjoint, Jean-Louis Glorieux, et moi avons suspendu le versement de nos indemnités jusqu’en décembre afin de participer à son financement. Il y en a pour 70 000 €. À partir de 2 000 retraits par mois, les frais de fonctionnement seront couverts. Je me suis renseigné : à Meynes, ils enregistrent 4 000 retraits. On devrait y arriver.
Un mot sur Nîmes Métropole : quel est votre regard sur l’intercommunalité ? Et qu’attendez-vous de cette dernière pour votre village ?
Le nouveau président ne m’a pas désigné pour participer à la gouvernance à travers une vice-présidence ou la présidence d’un syndicat. Je siège simplement dans la commission qui s’occupe de Magna Porta, puisqu’elle est sur mon village. Avant que l’on pose la première pierre pour accueillir des entreprises, je veux que l’on s’occupe de la déviation Manduel-Jonquières afin d’éviter que les véhicules traversent notre village. S’il le faut, je mettrai des dos d’âne tout le long de la RD 999, comme sur la pénétrante de Rodilhan (rires) !
Quel regard portez-vous sur cette zone d’activité qui n’a toujours pas émergé ?
Nîmes Métropole a gelé des terrains de Redessan au titre de la compensation foncière. J’espère qu’au moins, nous pourrons en faire un parc solaire… Conséquence : nous ne toucherons pas, nous, de recettes fiscales comme ce sera le cas pour Manduel. Nous n’aurons pas de retombées et devrions prendre toutes les nuisances ? C’est non. Pour développer cette zone, je pense qu’il faut des hôtels, des restaurants… Je ne vois pas l’intérêt d’un développement industriel, porté par l’ancien président de Nîmes Métropole, Franck Proust, à côté d’une gare TGV. De toute façon, je suis là pour apporter ma pierre à l’édifice. Je ne veux pas que ça se décide sans nous. Aujourd’hui, je ne connais pas la vision de Vincent Bouget.
Départementales : « Moi non, mon premier adjoint oui »
Êtes-vous encarté politiquement ?
Non. Il y a seulement mon premier adjoint qui, lui, est un ancien légionnaire encarté au RN. Dans mon équipe, nous avons des obédiences politiques diverses.
À Nîmes Métropole, vous faites partie du groupe IEC présidé par Gaël Dupret. Pourquoi ce choix ?
Il y avait les communes voisines : Marguerittes, Manduel, Sernhac. J’aimerais que nous travaillions ensemble.
De nouvelles élections arrivent avec, d’abord, les élections sénatoriales de septembre. Pour qui allez-vous voter ?
J’hésite… (sourire). Ce que j’attends d’un sénateur, c’est beaucoup d’écoute et d’aide dans nos dossiers du quotidien.
Et les départementales ?
Moi, je ne serai pas candidat. Sans doute mon premier adjoint, oui. N’oublions pas que Redessan est le chef-lieu du canton avec 4 250 habitants.