Fernando Maria, 46 ans, est un homme occupé. Pâtissier et chocolatier depuis 30 ans, formateur depuis 15 ans, ses cours ne désemplissent pas, et sa chaîne YouTube revendique 60 000 abonnés. Il a aussi co-signé un livre de pâtisserie vendu à plus d’un millier d’exemplaires. Pour autant, sur son temps libre, il fréquente les réseaux sociaux. « Je vois dans des groupes Facebook des personnes qui dénigrent beaucoup la ville, je les comprends, ça veut dire qu’elles ont beaucoup d’amour pour elle », explique-t-il.
Le déclic vient il y a quelques semaines, quand il voit une photo de la place Mallet vide un jour de marché, accompagnée de commentaires négatifs. « Alors oui, elle est vide, mais c’est à nous de la remplir, de prendre la place en allant boire un café », lance-t-il, soucieux de « recréer des liens, des connexions, pour créer des opportunités pour tout le monde. » Le premier « Café des optimistes » naît ainsi sur Facebook, et est hébergé par la Crêperie de la place de Christophe Prévost, lui-même candidat aux municipales, même si Fernando Maria affirme « n’avoir aucune ambition politique, n’être sur aucune liste. »
Et ça marche : « entre 9h et midi, par 2°C, une centaine de personnes sont venues, des gens super bienveillants, contents de se voir, dont la plupart ne se connaissaient pas », affirme-t-il. Lors de ce café, les gens « discutent, échangent sur des solutions », poursuit-il, tout en affirmant qu’il ne « s’attendait pas » à voir autant de monde pour une première. En pleine campagne, « j’y ai vu tous les candidats à part le RN, ils sont venus boire un café, ce n’était pas un meeting politique », rajoute Fernando Maria.
Il se dit convaincu que « les gens ont besoin » de se retrouver ainsi, et veut « montrer que c’est possible. » Et sur les réseaux, les commentaires sous l’événement sont tous positifs, une rareté : « Il y a beaucoup d’ondes positives dans les commentaires, j’en suis content, c’était un peu mon objectif », affirme-t-il.
Alors il veut creuser le sillon en proposant cet événement « tous les quinze jours, trois semaines » dans un lieu différent du centre-ville, « toujours chez un commerçant. » Le prochain sera le dimanche 8 février à 14h rue de la République, même si le lieu exact reste encore à affiner.