Publié il y a 1 an - Mise à jour le 15.11.2022 - marie-meunier - 3 min  - vu 1761 fois

GARD Troquer, donner ou acheter des fruits et légumes locaux, c'est possible sur "Je vends mon potager"

Maxime Peyron, étudiant de 23 ans en alternance à Nîmes, a créé un système d'échange, de vente et de don de fruits et légumes en local. (DR)

Il y a un peu plus de deux mois, Maxime Peyron, étudiant de 23 ans, crée le groupe Facebook "Je vends mon potager - Gard (30)". Depuis, 2 300 personnes de tout le département et des alentours se sont inscrites. Des annonces sont publiées pour vendre, échanger ou donner les surplus de production en fruits et légumes aux autres membres. Une bonne alternative contre le gaspillage alimentaire ouverte à toutes les bourses !

Maxime Peyron est actuellement étudiant à l'IAE (Institut d'administration des entreprises) de Montpellier et se forme en alternance dans le groupe La Poste à Nîmes. Il a décidé de se lancer en parallèle dans une autre aventure : celle de "Je vends mon potager". Le jeune homme a puisé dans ses souvenirs d'enfance du côté de Briançon pour matérialiser son idée : "Mes grands-parents avaient un jardin, ils avaient beaucoup de surplus. Pour éviter de jeter ces fruits et légumes, ils en donnaient aux voisins, à la famille... J'ai bénéficié de ça petit. Malgré tout, ils étaient parfois obligés de jeter, c'est dommage que des bons produits se perdent", raconte-t-il.

Et le cas de ses grands-parents est loin d'être une exception. Maxime Peyron a voulu offrir une interface où l'offre et la demande se rencontrent. Il a donc ouvert un premier groupe Facebook dans les Hautes-Alpes, qui a très bien fonctionné. Six autres ont suivi, notamment le Vaucluse, la Lozère, la Drôme et le Gard qui a démarré le 28 août. Maxime Peyron détaille : "C'est un secteur qui n'est pas imposable dans certaines limites. Le potager ne doit pas excéder 500 m2. L'habitation doit être accolée au terrain (si ces deux conditions sont respectées, il n'y a pas de déclaration fiscale, ni de demande d'autorisation à formuler, ndlr)."

"Plus il y aura de membres, plus ce sera facile pour les gens de trouver des produits locaux"

Dans le Gard, un petit marché virtuel s'est donc mis en place. "Plus il y aura de personnes, plus ça évoluera dans le bon sens, notamment pour la justesse des prix", atteste le fondateur de "Je vends mon potager". À travers cette démarche, l'étudiant veut, à son échelle, limiter le gaspillage alimentaire mais aussi élargir l'accès au "bien-manger" à l'ensemble de la population. Notamment celle qui n'a pas toujours les moyens d'acheter local et bio ou celle qui habite en ville et n'a pas de parcelle pour aménager un potager. C'est aussi un moyen original pour faire des rencontres pas loin de chez soi. Sur les sept départements où des groupes Facebook ont été créés, la communauté totalise 15 000 membres.

Parmi eux, il y a Caroline Saint-Michel et son conjoint, Jean-Nicolas Hermet. Tous deux sont producteurs d'œufs et de volailles plein air, à la tête de la ferme Etot à Laudun-l'Ardoise depuis 2019. Ils ont tout de suite vu le potentiel du groupe "Je vends mon potager" : "En parallèle de l'exploitation, on a aussi fait un potager à côté de la maison, relate Caroline Saint-Michel. On met notre surplus de légumes en vente à petit prix sur le groupe Facebook. On publie des offres toutes les semaines et on trouve rapidement preneur. On a beaucoup proposé de poivrons, les salades d'hiver sont déjà là. La semaine dernière, on a même une personne qui a fait la route depuis Pont-Saint-Esprit pour chercher ses légumes car elle ne trouvait pas son bonheur plus près."

Avant cela, l'excédent de production était donné aux voisins et aux animaux de la ferme. Pour l'exploitation laudunoise, ces échanges apportent donc une vraie plus-value : "Beaucoup de monde a du surplus ou fait du mono-produit. Ce système permet aussi de faire des échanges. En tant que producteurs, cela permet de nous faire connaître également." Un peu à la manière des initiatives qui avaient spontanément émergé pendant le confinement, ces groupes Facebook renouent avec l'agriculture en direct et de proximité : "Plus il y aura de membres, plus ce sera facile pour les gens de trouver des produits locaux. C'est toujours mieux de privilégier des petits producteurs ou des particuliers qui cultivent chez eux, sans produits, plutôt que la grande distribution", conclut l'éleveuse.

Marie Meunier 

Rendez-vous sur le groupe Facebook "Je vends mon potager - Gard (30)"

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