Eux-mêmes parents d’Adrien Couffin, décédé en 2022 dans un accident de la route causé par un chauffard à la sortie d’Alès, ils ont pu voir quelle utilité un tel guide pourrait avoir. « Nous nous sommes rendu compte que les victimes se retrouvent complètement esseulées, elles ne savent pas quoi faire, sont perdues dans les démarches et n’ont pas la tête à tous ces tracas », explique Bernard Couffin.
Le but du guide, réalisé par l’association Victimes et avenir, est d'expliquer comment il faut procéder, notamment pour tout ce qui est déclarations aux assurances, aux banques ou encore à l’Assurance maladie, mais aussi les procédures judiciaires, la préparation d’un procès ou encore le système des indemnisations. « Nous, ça nous aurait aidé », résume Bernard Couffin.
Alors il a entrepris de diffuser largement ce guide, gratuit et disponible en ligne ici, à travers des tracts qu’il distribue dans les mairies, les gendarmeries, les commissariats de police, en commençant par le Gard rhodanien, lui-même étant installé à Saint-Gervais, près de Bagnols.
L’accompagnement des victimes fait partie des combats menés par Bernard et Evelyne Couffin depuis le décès tragique de leur fils. Le Collectif, qu’ils représentent dans le Gard, a été en pointe du combat pour l’entrée dans le droit d’un « homicide routier » permettant de condamner plus lourdement les auteurs d’accidents mortels. « Un combat de quinze ans », rappelle Bernard Couffin, qui a abouti il y a quelques mois.
Désormais, le Collectif se bat pour l’instauration d’une Journée nationale des victimes de la route le 16 mai. « Ce serait un acte de reconnaissance pour les 3 500 victimes de la route chaque année », souligne-t-il, soucieux de faire de la violence routière « une cause nationale. »
Alors en attendant, chaque année à la mi-mai, Bernard et Evelyne Couffin mènent une action de sensibilisation sur le marché de Bagnols, où ils dressent une table avec autant de convives absents que de tués sur les routes gardoises l’année précédente. Une action qui fait tâche d’huile, et qui devrait être proposée aussi à Pont-Saint-Esprit, et pourquoi pas à Nîmes, cette année. Pour la prochaine, le nombre de « convives » est déjà fixé : 61, le nombre de tués sur les routes dans le Gard en 2025.
Et aussi
Bernard et Evelyne Couffin attendent toujours la date du procès du chauffard qui a tué leur fils et grièvement blessé leur petite-fille, qui doit se tenir à Alès. « L’instruction est close depuis un mois », précisent-ils. Pour mémoire, les expertises ont démontré que le chauffard qui a tué leur fils circulait à 180 km/h et avait 1,9g d’alcool par litre de sang. Adrien Couffin, professeur à Villeneuve, avait 36 ans. Il est mort sur le coup. Sa fille Léa, qui avait 6 ans lors de l’accident, a quant à elle été grièvement blessée, et a dû subir quatre opérations. Elle continue aujourd’hui à suivre des séances hebdomadaires de rééducation, plus de trois ans après l’accident. La mère de Léa, Marion, et son frère Mathieu ont été plus légèrement blessés.