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INDUSTRIE Tamaris, Shelbox, Ducros, Call Expert… La colère gronde dans le bassin alésien

Les Richard Ducros, Tamaris, Shelbox et Call Expert unis pour préserver leur emploi. Photo DR/S.Ma
Les Richard Ducros, Tamaris, Shelbox et Call Expert, même syndicat, même combat. Photo DR/S.Ma

Feu Richard Ducros, Tamaris Industrie, Shelbox et Call-Expert. Voilà des entreprises aux savoir-faire bien distincts mais qui ont pourtant un point en commun, en plus de celui d'être implantées sur le bassin alésien : Dans ces quatre entreprises, les salariés se sont battus ou se battent encore pour la préservation de leur emploi.

Ce jeudi 11 juillet, sous un soleil de plomb, une conférence de presse a été organisée par la CGT pour faire un point sur la situation des entreprises Tamaris Industrie et Shelbox. La première placée en liquidation judiciaire au mois d'avril, apprend-t-on par la voix de Marc Bastide de la Fédération de la métallurgie, a été visitée le 1er juillet dernier par un industriel italien, très connu dans les domaines de la sidérurgie, nommé Faser. Une bonne nouvelle qui ne provoque pas de mouvements d'euphorie chez les salariés préférant rester prudents. L'épisode Delachaux-Aiken, les a quelque peu refroidi. L'Américain avait promis 7 millions d'euros d'investissement, aujourd'hui, les salariés sont au chômage partiel.

"Nous demandons à ce qu'une table ronde soit tenue sous l'égide du sous-préfet d'Alès ou du préfet du Gard pour que des discussions puissent s'engager sur les besoins de l'industrie française et que le dossier Tamaris refasse surface en terme de perspectives" a précisé Marc Bastide tenant dans ses mains une étude de l'INSEE, "que l'on ne peut pas qualifier de CGT", qui prouve l'importance de la place du secteur industriel dans la région Languedoc-Roussillon "avec un taux de 8% d'emplois directs et trois emplois induits. A titre de comparaison, le tourisme représente 7% d'emplois directs et génère un emploi induit."

Shelbox, les repreneurs potentiels ont tous fui

Au mois de juin, l'entreprise Shelbox installée aux Salles-du-Gardon, elle aussi placée en liquidation judiciaire au mois de mars, avait dans ses filets un repreneur potentiel, le chef d’entreprise Franco-Allemand, M.Dubarry. Il a quitté le navire, le laissant partir à la dérive. "Il avait un projet industriel mais sans plan de financement, le tribunal de commerce a rejeté son dossier." Si la situation est critique, la Fédération de Métallurgie et l'Unité départementale CGT du Gard restent soudées autour des salariés, et comptent bien reprendre contact avec les entreprises qui avaient montré de l'intérêt à la reprise de Shelbox pour leur soumettre à nouveau leur propre plan industriel (Lire ici). "Sur cette industrie, le taux de croissance atteint, selon mes chiffres, de 10 à 12%. On a besoin de mobil-homes et notamment dans le secteur de l'Hôtellerie en plein air qui ne cesse de se développer" s'enthousiasme Marc Bastide. Bref on le comprend, le combat n'est pas terminé.

La polémique de la lettre du préfet du Gard

Au même titre que celui des salariés de Call-Expert* à Saint-Christol-lez-Alès, venus ce jeudi assurer leur soutien à leurs camarades de Tamaris et Shelbox, se rapprochant des représentants de l'UD CGT 30. Une réponse toute en démonstration au préfet du Gard, Hugues Bousiges, qui a provoqué la colère de "toute la CGT" par l'envoie d'un courrier à l'UD CGT peu flatteur à l'égard de l'Unité locale CGT d'Alès (Lire ici). Chacun y est allé de son petit mot pour défendre l'unité du syndicat.

Mais la parole revient plus particulièrement à Richard Valmalle, secrétaire du syndicat CGT Richard Ducros, très atteint par les propos du préfet du Gard qui n'a pas hésité à décrire les actions menées par l'Unité locale CGT d'Alès comme des "méthodes musclées d’un autre temps qui ont par exemple contribué à la fermeture définitive de la société Richard-Ducros Alès sur en 2011. En écartant les discussions et en privilégiant la violence et les pression, l’Union Locale d’Alès a clairement découragé tout repreneur potentiel de venir s’installer à Alès, alors même que les autres sites Richard-Ducros ont trouvé des repreneurs, prouvant la viabilité de l’activité." [Fin de citation du préfet]

A Richard Valmalle de reprendre maintenant : "Ce haut fonctionnaire s'intéresse à nous... un peu tard. Il est vrai que le 4 février 2011 en pleine procédure collective, il refusait de nous recevoir en table ronde à Nîmes prétextant qu'il n'avait pas assez de chaises..." L'entreprise Ducros placée en liquidation judiciaire peu de temps après son rachat par le Groupe Fayat, les salariés avaient tout de même tenu à protéger le matériel de l'entreprise comme le font actuellement ceux de Tamaris, de Shelbox et comme l'on fait ceux de Call-Expert. "Nous avons organisé avec l'UIMM et la CCI des visites de l'entreprise afin de chercher des solutions de reprise. Aujourd'hui, un préfet montre son nez et veut nous donner des leçons ? C'est inadmissible M. le Préfet, c'est absolument dégueulasse, c'est révélateur du climat actuel qui consiste à dégoûter le citoyen de la politique au sens noble du mot, mais cela ne marche pas avec nous, nous sommes toujours-là, lucides et bien debout."

*Les salariés de Call-Expert lancent un appel à la solidarité financière. Ceux qui souhaitent les aider peuvent les rencontrer tous les mercredis matin dans les locaux de l'Unité locale d'Alès.

Stéphanie MARIN

stephanie.marin@objectifgard.com

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2 réactions sur “INDUSTRIE Tamaris, Shelbox, Ducros, Call Expert… La colère gronde dans le bassin alésien”

  1. Mr Delamarre doit rembourser les aides obtenues et payer les charges sociales dues.
    La perspective d’une scoop est toujours d’actualité.
    Que le préfet se bouge un peu plutôt.

  2. Ce Préfet a une préférence pour les salariés très soumis qui se laissent virer sans faire de vague. Pour lui, il est plus digne de mourir en silence. Quel manque de savoir vivre que de manifester contre les licenciements!

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