Politique

PONT-SAINT-ESPRIT Débat d’orientations budgétaires : la mairie sur sa lancée

Hier soir, lors du conseil municipal de Pont-Saint-Esprit (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)
Hier soir, lors du conseil municipal de Pont-Saint-Esprit (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Le traditionnel débat d’orientations budgétaires, qui précède le vote du budget primitif, se tenait hier soir à Pont-Saint-Esprit.

Et si le fond ne change pas, la forme évolue avec la loi NOTRe : ainsi, le rapport présenté était bien plus détaillé qu’auparavant. Pour vous donner une idée, le document faisait… 99 pages.

Iceberg et taux d’imposition stables (pour l’instant)

99 pages pour faire le point sur le contexte national, qui est pour 2017 encore à la baisse des dotations de l’Etat, puis sur le contexte spiripontain, encore marqué par une importante dette, matérialisée dans le document par un joli iceberg : « La partie émergée, ce sont les 16 millions d’euros de dettes, présente la première adjointe Claire Lapeyronie. Mais ce qu’il y a en dessous, ce sont les 50 millions d’euros d’immobilisations, en partie dus à un retard patrimonial, à des besoins d’investissement qui n’ont pas été faits dans les décennies précédentes. C’est un retard énorme qu’il faudra combler, et il faudra 15 ans pour le rattraper. » Le rattraper tout en versant 1,4 million d’euros par an pour rembourser la partie émergée de l’iceberg, enfin la dette.

Question trésorerie, « il n’y a pas de problème, la ville a en moyenne 2,5 millions d’euros en caisse, nous payons les fournisseurs », affirme la première adjointe, avant d’insister sur la « maîtrise des dépenses de fonctionnement malgré la chute des recettes » qui permet à la municipalité d’avoir une épargne de 626 000 euros. Une municipalité qui va taper à toutes les portes pour récupérer des subventions, encore 1,6 million en 2016.

Toujours au rayon rentrées d’argent, Claire Lapeyronie reconnaît que « à Pont-Saint-Esprit on paie des impôts conséquents, mais quand on regarde les faits, ils ont baissé depuis 2011. » Le fait est que si la ville est au niveau de sa strate en termes de taxe sur le foncier bâti, elle reste près de 13 % au dessus de la moyenne sur la taxe d’habitation. 

Ceci posé, le maître mot pour 2017 est « poursuivre » : « poursuivre le désendettement, la maîtrise des dépenses d’exploitation, une mobilisation active des ressources d’exploitation ainsi que des subventions d’équipement, une programmation de l’effort d’investissement dans le cadre d’une prospective financière 2016 - 2021 et la préoccupation de l’adaptation des services au service des habitants. »

Pour ce faire, la ville pourra compter sur « un produit fiscal qui évoluera peu, et les taux pourraient rester identiques, on verra au vote du budget en décembre », a lancé Claire Lapeyronie, en faisant comprendre que la décision n’avait pas été prise. Une chose est sûre, la ville veut « accroître » son épargne et « investir 3,8 millions d’euros » notamment pour rattraper le retard accumulé cité plus haut. « Notre effort d'équipement va durer plusieurs années », a conclu l’élue avant d’estimer que « Pont-Saint-Esprit a retrouvé une crédibilité financière. »

Contrats aidés, hôtel-dieu et film catastrophe

La parole était ensuite à l’opposition, le centriste Valère Segal s’interrogeant sur les ambitions de l’équipe municipale : « ne sont-elles pas trop élevées pour les impôts des spiripontains ? » « On ne gère pas une commune à la petite semaine, si nous voyons que nous pouvons baisser les impôts, nous le ferons, mais au regard des investissements à faire et des contraintes fortes, si ce n’est pas raisonnable, nous ne le ferons pas », répondra Claire Lapeyronie.

La conseillère du groupe Aimons Pont-Saint-Esprit Carine Fournier reviendra sur le personnel municipal, mettant en regard une baisse des titulaires et une hausse des contrats aidés : « c’est ça votre vision du service public ? » « On ne remplace pas les titulaires par des contrats aidés, mais on utilise ces contrats pour des personnes qui peuvent se mettre en piste », lui répondra le maire Roger Castillon. « Nous quand on recrute c’est à bon titre, pas pour des raisons électoralistes », taclera avec gourmandise l’adjoint Vincent Rousselot.

Le conseiller du groupe Aimons Pont-Saint-Esprit Gérard Guillen militera ensuite « pour une légère pause dans l’investissement au profit d’une baisse partielle mais significative de l’impôt » avant de préconiser une « vente à la découpe » de l’Hôtel-Dieu. Passant au sujet sécuritaire, le conseiller baumettiste dénoncera le fait « qu’il n’y a pas d’opérateurs de vidéo-protection du samedi 15 heures au lundi matin » en tissant un scénario d’attentat à base de colis piégé posé durant ce laps de temps à proximité d’une école. « Nous préférons plus d’agents à la vidéo et réduire de quelques mètres certains travaux de viabilisation », conclura l’élu.

Le maire lui répondra que sur l’Hôtel-Dieu, la procédure de cession était en cours : « nous verrons bien combien nous aurons de candidatures le 29 novembre » avant d’évacuer la piste de la vente à la découpe, « le meilleur moyen d’urbaniser d’une manière complètement anarchique. » Sur la sécurité, l’édile reprochera à son adversaire de « tomber dans la mode catastrophiste » avant d’affirmer qu’il ne varierait pas sur ce point.

L’élu FN Alain Salsano interviendra en dernier : « je voulais parler sur les impôts, mais c’est fait, et vous connaissez ma position sur les contrats aidés. » Ainsi s’est achevé ce premier débat d’orientations budgétaires de l’ère post-loi NOTRe, qui maintenant se vote, et qui a donc été acté avec 6 abstentions.

Et aussi :

Avant ≠ après : pour le deuxième conseil municipal consécutif, l’assemblée était amenée à se prononcer sur une dénomination de place publique après son inauguration. Après la place Danielle Casanova le mois dernier, qui avait déjà fait grincer des dents dans l’opposition « mise devant le fait accompli », c’est cette fois le rond-point de la bataille de Verdun, inauguré le 11 novembre dernier, qui est passée au vote une semaine plus tard. « On est mis de nouveau devant le fait accompli, on votera contre » (ils le feront, avec 3 voix contre + 2 abstentions frontistes), lancera Gérard Guillen, avant que Carine Fournier n’en fasse le thème de la première question orale de l’histoire récente spiripontaine : « en vertu de quels principes et de quels textes inaugurez vous avant les délibérations ? » Le maire lui répondra qu’« aucun texte ne régit les dates d’inauguration » avant de « regrett(er) que l’opposition polémique sur cet événement, à chacun son sens de l’éthique. »

Le changement, c’est maintenant : il y a du neuf dans le groupe Pont Bleu Marine, avec la démission d’Aurélie Da Costa Hameau, remplacé par Thierry Barré. Il sera intronisé la prochaine fois, puisqu’il était absent hier soir.

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

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Thierry Allard

32 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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