Politique

MUNICIPALES À Nîmes, Vincent Bouget : « On sera en capacité de rassembler »

Le candidat aux municipales à Nîmes Vincent Bouget (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Pour la première fois, le Club de la presse et de la communication de Nîmes et du Gard organisait ce lundi matin une série d’interview des candidats aux municipales nîmoises.

Tous les médias locaux étaient présents pour « une conférence de presse inversée », comme la qualifiera le président du Club, Guillaume Mollaret, avec les questions de l’ensemble de la presse gardoise ainsi qu’une question posée par un autre candidat. La matinée a vu défiler cinq candidats sur les sept en lice, le maire sortant Jean-Paul Fournier ayant fait le choix de décliner l’invitation, et David Tebib ayant un impératif d’ordre familial. Place à Vincent Bouget, soutenu notamment par le Parti communiste.

Vous affirmez être à la tête de la seule liste de Gauche. Le sondage de la Gazette et de France Bleu vous crédite de 7 %. Il n’y a plus que 7 % des gens qui sont à Gauche aujourd’hui ?

Évidemment non. Le sondage a eu lieu en tout début de campagne. On venait juste d’annoncer notre candidature. Les programmes n’étaient pas connus, les listes non plus. Ce sondage s’est fait sur mon seul nom et sur une seule étiquette. Depuis nous avons avancé. Nous avons une liste large, issue de toutes les couleurs de la Gauche, y compris sans appartenances partisanes. Et on a commencé à faire connaître le projet et on va continuer.

Il y a tout de même des Insoumis un peu partout, notamment chez Daniel Richard.

Il y a des Insoumis qui se sont divisés. Certains sont partis avec Daniel Richard, d’autres avec nous.

En cas de duel au second tour, faire barrage au Rassemblement national ça veut dire voter pour son adversaire ?

Mon engagement politique est marqué par la lutte contre l’extrême-Droite. Je pense qu’il faut une politique sociale offensive. Le meilleur rempart pour moi est un projet de Gauche, social, solidaire, écologiste. On voit comment les politiques libérales font monter l’extrême-Droite. Selon les circonstances, mais je ne crois pas qu’on en soit là, on a déjà appelé à voter pour faire barrage. Je suis dans la bataille du premier tour. Nous sommes en capacité de les faire reculer. Notre ligne de conduite est de faire gagner un projet de Gauche, social, solidaire, écologiste et démocratique. On sera en capacité de rassembler.

Malgré vos différends, appelleriez-vous à voter Daniel Richard au second tour ?

Je fais la même réponse. On sera qualifiés et je suis sûr qu’on aura une surprise. Qui peut prédire aujourd’hui ce qui va se passer le 15 mars ? Une bonne partie des Nîmois n’a pas fait son choix. On sait que ça se décide au dernier moment. On s’est engagés depuis plus de 18 mois sur l’idée de battre la Droite et faire gagner un projet écologique et citoyen.

Vous voulez des maisons de santé pour combattre les déserts médicaux. C’est une mairie qui embauchera les médecins ?

Ça existe, la Région en réalise un certain nombre. Il peut y avoir différents types de centres de santé. Il peut aussi y en avoir avec du personnel salarié, ça aide les professionnels à s’installer. La ville n’est pas seule, elle doit engager des partenariats. On voit aujourd’hui les difficultés. Si les urgences sont saturées, c’est aussi car on voit les difficultés à trouver un médecin. C’est une solution qui existe, c’est en partie l’avenir. Il faut que la ville ait une politique volontariste en matière de santé.

Y compris dans les quartiers, où SOS Médecins a des difficultés ?

Ces quartiers sont à l’abandon. À un moment donné il faudra mettre le paquet dans les quartiers en difficulté sinon on se voile la face. J’ai senti une situation très tendue à Pissevin, plus qu’avant, vécue comme un abandon des pouvoirs publics. Il va falloir mettre encore plus de moyens, sinon on va à la catastrophe.

La vidéosurveillance est-elle insuffisante, trop importante ou pas assez en ville ?

Nîmes est une des villes les plus vidéosurveillées de France. Ça ne règle pas tous les problèmes. Je me méfie car il y a aussi des tentations d’une société hyper-surveillée, avec la question de la reconnaissance faciale qui arrive. Nous y sommes opposés. Je ne suis pas convaincu que ce soit une solution miracle. Il faudra faire un audit. L’État doit prendre ses responsabilités. Il y avait une promesse d’ouvrir deux commissariats à Valdegour et à Pissevin. Il peut y avoir un large consensus pour les commissariats de proximité. On a besoin d’une police municipale redéployée, de médiateurs. Heureusement que dans ces quartiers là il y a des associations, malgré des situations financières variables et la suppression des contrats aidés. Il y a beaucoup de ressources.

Vous maire de Nîmes, la police municipale serait-elle toujours armée ?

Il est difficile de revenir en arrière sur ces questions, mais je crois ces questions de police sont du ressort de l’État. Il faut faire attention à ce que les collectivités territoriales ne se substituent pas à l’État qui laisse tout faire par les collectivités. On ne va pas désarmer tout le monde, mais l’objectif est qu’il y ait des commissariats dans ces quartiers. La police municipale ne doit pas jouer ce rôle-là.

Question posée par le candidat Daniel Richard : « Comment expliquez-vous que vous ayez échoué à rassembler la Gauche, là où Daniel Richard a réussi en quelques semaines ? »

On a rassemblé des gens. Des personnalités qui viennent de tous les horizons, qui n’ont pas accepté une tête de liste qui se dise ni de Droite ni de Gauche. Aujourd’hui on a besoin de clarté, de dire où on se situe, notamment vis à vis du gouvernement Macron. Daniel Richard n’a pas rassemblé toute la Gauche à Nîmes. Aujourd’hui sur la vague écolo il engage des gens. Je constate que ceux qui politiquement veulent de la clarté et de la sincérité dans l’engagement, ils sont sur la liste que je conduis.

Propos retranscrits par Thierry Allard

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Thierry Allard

32 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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