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PONT-DU-GARD Par où va passer la voie verte sur le site ?

L'association "Les amis du Pont du Gard et de sa voie verte" rendra publiques plusieurs propositions pour améliorer les conditions d'accès des usagers lors de son assemblée générale.

Agnès Sénicourt, vice-présidente de l'association "Les amis du Pont du Gard et de sa voie verte", et Jean-Yves Gréhal, président, vont faire plusieurs propositions sur la traversée du Pont du Gard par la voie verte, lors de l'assemblée générale du 28 février. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Petit bijou patrimonial du département, le Pont du Gard a frôlé le million de visiteurs en 2019. Il peut compter sur une nouvelle manne de touristes et d'usagers : les cyclistes et les randonneurs puisqu'il est au cœur de la voie verte dont le tronçon nord part d'Uzès (qui est quasiment terminé) et le sud qui rejoint Beaucaire.

Si tout semble bien amorcé, l'association "Les amis du Pont du Gard et de sa voie verte" tique sur un détail :  "Les conditions dans lesquelles les usagers de la voie verte traverseront le site". Son assemblée générale programmée demain le 28 février, à 18 heures, salle des Rempart, à Castillon-du-Gard, portera sur ce sujet.

"Pour 2019, l’association s’était fixée comme unique objectif l’officialisation du passage de la voie verte du Pont du Gard au pied du Pont du Gard après fixation concertée des modalités de ce passage. Malgré les promesses reçues de MM. Denis Bouad, président du conseil départemental, et Patrick Malavieille, président de l’établissement public du site du Pont du Gard, rien n’est venu", indique dans un post Facebook le président, Jean-Yves Gréhal. 

Ce n'est pas la première lutte dans laquelle s'engage l'association. Autrefois sous la forme du collectif "Liberté-gratuit-Pont-du-Gard", ses membres s'étaient engagés entre 2013 et 2016 pour le libre accès au site pour les piétons et les cyclistes. Une revendication qu'ils ont pu concrétiser : "Après cette bataille, nous nous sommes posés la question de la voie verte", poursuit Jean-Yves Gréhal. Aujourd'hui, la portion partant de Beaucaire s'arrête à l'entrée de Remoulins et celle rejoignant Uzès redémarre au rond-point de Vers jusqu'au Pont des charrettes.

Quatre scénarios envisagés

"Il faut que le conseil départemental dise enfin comment la voie verte va passer par le Pont du Gard. [...] C'est important de tirer les choses au clair", atteste le président, appuyée par sa vice-présidente, Agnès Sénicourt : "Officiellement, on n'a pas reçu d'information. Le conseil départemental avait fait une étude mettant en perspective quatre scénarios. Il y a une solution qui ne coûte quasiment rien, avec une perspective économique exploitable, c'est de faire passer la voie verte sur le Pont du Gard. Les trois autres solutions nécessitent des investissements trop importants. Le conseil départemental devra statuer." Du côté du Département du Gard, on nous répond que le tracé définitif n'est toujours pas arrêté.

Les cyclistes empruntent déjà le pont Pitot pour rejoindre les deux rives. Jean-Yves Gréhal souhaiterait que cette portion soit qualifiée comme aire piétonne ou zone de rencontre pour casser la vitesse, assurer la sécurité de tous les usagers et aussi donner envie aux cyclistes de s'attarder sur les détails historiques du pont. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Les cyclistes, eux, n'ont pas attendu l'officialisation de la décision et empruntent déjà le pont Pitot. Mais pour Jean-Yves Gréhal, il est "question d'organiser la cohabitation pour toutes les personnes qui sont sur le site." L'association arrêtera des "propositions concrètes lors de son assemblée générale et les rendra publiques. Elle entend ainsi débloquer un dossier qui aurait pu être réglé il y a des mois déjà." Parmi les idées, le président évoque la qualification du passage du pont Pitot et ses abords en aire piétonne ou zone de rencontre et ainsi limiter la vitesse à 20 km/h. Et que cette application soit inscrite quelque part pour que les cyclistes puissent en être avertis.

Carte à l'appui, Agnès Sénicourt a aussi recensé d'autres tracés qui lui semblent plus judicieux pour les vélos. Rive gauche, elle interroge s'il ne serait pas possible de rouvrir l'accès par l'ex RD 981, aujourd'hui fermée par un portail. Ce qui permettrait aux usagers à vélo de passer devant le musée, la boutique souvenirs et les espaces commerçants et donc, peut-être, de consommer.

De plus, l'actuel tracé par l'espace Mémoires de Garrigue est, selon elle, "agréable, mais impraticable pour les cyclistes et peu pratique pour les piétons" et passe par un sous-bois parsemé de marches d'escalier. Du côté de la rive droite, elle préconise le passage par une autre portion fermée de l'ex-RD 981 afin d'éviter un détour derrière le parking, endroit en terre parfois abîmé par les intempéries.

"Il faut revenir à la tarification par prestation consommée"

L'association veut mettre aussi sur la table le sujet de la tarification. Actuellement, les personnes venues en voiture payent le stationnement qui donne accès au musée. Pour ceux qui sont à pied ou à vélo, c'est gratuit. Sauf s'ils souhaitent visiter le musée. Ils devront alors payer le même tarif que les automobilistes, sans déduction pour le non-stationnement. "Tout est lié au ticket de parking. Il faut revenir à la tarification par prestation consommée : ceux qui vont au musée, payent le musée, ceux qui viennent en voiture, payent le parking...", atteste Jean-Yves Gréhal.

Pour l'association, pas question d'être catégorisée "dans l'opposition" mais plutôt "force de propositions". Elle espère participer au débat avec les décideurs publics..."C'est une voix parmi les autres qui prend toute sa place dans le débat. Il faut aussi entendre les nouveaux conseils municipaux, les élus du conseil d'administration du Pont-du-Gard, le Département... Il y a un travail de proximité avec tous les acteurs", assure Sébastien Arnaux, directeur général de l'EPCC (établissement public de coopération culturelle) du Pont du Gard depuis 2 ans et demi. Il a toujours été en lien avec l'association des Amis du Pont du Gard et de sa voie verte : "Ils sont réguliers dans leurs demandes depuis longtemps. Ils n'ont pas de demandes irresponsables."

Un tracé "historique" par le pont Pitot ?

Très enthousiaste de l'arrivée de la voie verte sur le site, il est persuadé que ça va métamorphoser le site : "Je reste convaincu que le vélo électrique va révolutionner le tourisme. Quand on faisait 15 km à vélo avant, on en fait 50 km en électrique. Ça va révolutionner l'attractivité du Pont du Gard. Aujourd'hui, il y a une réflexion sur l'emplacement où la voie verte va traverser le Gardon, sur quel pont ? Celui du Pitot, de Remoulins ou construira-t-on un 3e pont ? Tout est envisageable."

Il faut regarder toutes les options même si celle du Pont Pitot paraît évidente, "c'est le sens de l'histoire", admet Sébastien Arnaux. Tout le travail de réflexion autour des installations, de tracés, de tarification devra être mené "quand la décision aura été arrêtée sur l'endroit va passer la voie verte. Mais ce sont des équations auxquelles je dois répondre au quotidien", assure le directeur général. Affaire à suivre donc...

Marie Meunier

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