Economie

GARD Les présidents des délégations d’Alès et de Bagnols de la CCI appellent à ne pas voter le budget

De gauche à droite : Jean-Pierre De Faria, Philippe Broche et Éric Giraudier. Photo Tony Duret / Objectif Gard

Dans un mail envoyé mercredi soir aux élus de la Chambre de commerce et de l’industrie du Gard (CCI), les présidents des délégations d’Alès et de Bagnols de la Chambre, Jean-Pierre de Faria et Philippe Broche, appellent à ne pas voter le budget primitif présenté ce jeudi par l’institution.

Ils étaient déjà montés au créneau pendant le confinement, et ils remettent ça pour ce qui est l’un des actes, si ce n’est l’acte le plus important de l’année à la CCI : le vote du budget primitif 2020. Un vote dématérialisée qui se tient ce jeudi. Jean-Pierre de Faria et Philippe Broche alertent d’abord sur la situation financière de la CCI du Gard. « Le BP (budget primitif, ndlr) 2020 montre à quel point la CCI Gard s’appauvrit annuellement depuis 3 ans : 1,5 à 2 M€ manquent chaque année pour boucler le budget, et la trésorerie diminue fortement », écrivent-ils, avant d’affirmer que « Nous n'avons pas de stratégie autre que de céder des actifs ou se séparer de collaborateurs compétents pour maintenir un résultat. Les résultats des budgets successifs présentés ne sont donc qu’une façade et l’édifice est bien fragile. »

Idem sur la trésorerie, qui « continue à chuter (2,8 M€ en 2018 ; 655 K€ au BP 2020), le fonds de roulement net a été divisé par deux pour être inférieur à un mois seulement au BP 2020 », écrivent ensuite les deux présidents de délégations.

Parallèlement, « l’argent perçu par la vente du siège a été mis de côté au sein d’une structure ad hoc dédiée à la construction du nouveau projet de siège : un projet qui faisait rêver en 2016 mais qui est clairement anachronique à présent », estiment-ils. Les deux hommes justifient leur position en affirmant que « structurellement, la CCI n’a pas montré sa capacité à présenter un budget réellement équilibré depuis 3 ans. Ce n’est pas en vendant les actifs d’un côté et en mobilisant 10 millions d’euros (pour le projet de nouveau siège, ndlr) qu’elle va améliorer sa situation financière, bien au contraire. »

Ils arguent également du contexte plus global induit par la crise du covid-19, qui laisse entrevoir pour la suite « une profonde crise économique touchant tous les secteurs et notamment le tourisme, levier économique majeur de notre département. » Dans ce contexte, « les entreprises en difficultés peuvent rapidement se tourner vers nous pour des aides financières concrètes. Il sera alors difficile de leur expliquer que le choix a été fait de procéder à des investissements immobiliers en lieu et place des aides attendues », affirment Jean-Pierre de Faria et Philippe Broche.

Les deux présidents estiment enfin que « la structuration du budget CCI Gard nécessite donc de changer radicalement la politique mise en œuvre au niveau des actifs et du patrimoine immobilier en particulier. C'est pour cette raison essentielle que nous vous appelons à voter contre le budget proposé. »

Tout en réaffirmant leur « dévouement » pour la CCI Gard, Jean-Pierre de Faria et Philippe Broche se disent « disponibles et à (l’)écoute pour repenser un budget plus adapté aux conditions du moment. » Une chose est sûre : plus que jamais, le torchon brûle entre le président de la CCI du Gard, Éric Giraudier, et les présidents de ses deux délégations.

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

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Thierry Allard

32 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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