Politique

PAYS D’UZÈS La zone d’activités Les Sablas déchaîne les passions

(Photo : Coralie Mollaret)
Au centre avec la veste noire : le nouveau président socialiste du Pays d'Uzès, Fabrice Verdier (Photo : Coralie Mollaret)

Située sur la commune de Montaren, la zone d’activité est dans les tuyaux depuis 30 ans. Polémique, les élus ont voté - non sans difficulté - la réalisation du projet. 

C’est « le » dossier chaud de l’Uzège : la zone d’activités Les Sablas. Un projet dans les tuyaux depuis une trentaine d’années, prévu sur la commune de Montaren. Le but ? Permettre aux entreprises de s’installer et même de rester sur le territoire de l’Uzège. « Ce projet a entraîné quatre recours déposés à chaque fois par les mêmes cinq requérants. Ces recours ne sont pas suspensifs donc nous pouvons continuer à travailler », introduit le maire d’Uzès et vice-président de la communauté de communes, Jean-Luc Chapon. 

Réunis en conseil communautaire hier soir, les élus ont voté la création du projet, sur la première tranche de quatre hectares, avec le lancement des premières mesures compensatoires pour la préservation de l’environnement ainsi que le vote d'une enveloppe de 1,4 M€ pour équiper ces terrains. In fine, le prix de la commercialisation d’un mètre carré sur la première tranche a été fixé à 70€ pour cette première tranche.

Oppositions tous azimuts

 Jean-Luc Chapon a alors fait la « la genèse » du projet : « Nous avons beaucoup d’élus qui ne connaissent pas les dossiers. Il s’agit d’une zone d’aménagement concertée et non commerciale. Dès 1989 la mairie de Montaren a réservé sur son POS (Plan d’occupation des sols) les terrains des Sablas pour accueillir des activités artisanales. Aujourd’hui, toutes nos zones d’activités économiques (Lussan, Fournès, Domazan, Pont des Charrettes, Moussac) sont pleines. » 

Avec la veste marron, Jean-Luc Chapon, maire d'Uzès et vice-président du Pays d'Uzès (Photo : Coralie Mollaret)

À l’issue de la présentation, plusieurs maires sont montés au créneau. Celui de Garrigues-Sainte-Eulalie, Didier Kielpinski, s’est dit « déçu. Vous nous proposez, sans autre débat, d’accepter ou de s’opposer au projet. Je pense que par rapport aux nouveaux élus, assez nombreux, il aurait été utile de leur rappeler ce qui allait être construit sur cet ensemble ! » Remarques similaires de la part des édiles de Vallabrix et Sanilhac-Sagriès : « On aurait pu faire travailler la Commission économie avant de soumettre ça au vote », fustige Guy Crespy. 

Christophe Cavard à Jean-Luc Chapon : « Vous n’êtes pas le prince ici ! »

Les opposants sont d’autant plus remontés qu’au niveau national, « un moratoire sur les zones commerciales a été pris pour lutter contre l’artificialisation des sols.» Et de citer d'autres solutions pour accueillir des entreprises comme l’aménagement du Mas de Meze. L’opposante d’Uzès et ex-candidate, Lydie Defos du Rau, interroge : « En quoi consistent les mesures compensatoires ? Sont-elles mises au point ? Parce que dans le cas contraire, vous ne pouvez pas défraichir ! » 

 

Christophe Cavard, élu d'opposition de la Ville d'Uzès et du Pays d'Uzès (Photo : Coralie Mollaret)

En réponse, Jean-Luc Chapon n’a pas manqué de tacler ses opposants : « Vous ne sortez pas de l’œuf ! Je viens de vous faire la genèse du projet ! Ça fait 10 ans que l’on travaille. On a fait face à plusieurs recours !  On n'a pas attendu ici aujourd’hui pour développer l’économie ! » Heurté par ces propos, le maire de Sanilhac-Sagriès, Guy Crespy, a quitté la séance.

L’opposant uzétien, Christophe Cavard, monte alors au créneau : « M. Chapon, vous n’êtes pas le prince ici ! La genèse, c’est que votre projet a été retoqué par la première enquête publique et qu’avec des petits arrangements en amis, notamment avec le secrétaire général de la préfecture de l’époque, François Lalanne, une deuxième enquête publique a été organisée… Le dossier était le même sur le fond ! Si ça gêne du côté de la préfecture, qu’ils viennent me voir ! » S’adressant à Fabrice Verdier, nouveau président du Pays d’Uzès, l’écologiste lance : «Très franchement, je pensais que ça se passerait autrement ! » 

Fabrice Verdier n’a pas manqué de répondre aux attaques. Une réponse en plaidoyer pour la défense de l’activité économique du territoire : « Je le dis depuis le début : les Sablas c’est nécessaire ! Vous avez vu où sera créée la zone ? En face d’Intermarché, ce n’est pas dans les gorges du Gardon ! Vous êtes dans un débat politicien. Aujourd’hui, les entreprises partent : regardez Meduz, qui va déménager à Alès parce qu’elle n’arrive pas à trouver la place nécessaire pour s’étendre ! Moi, je n’arrive pas à me satisfaire de ça… À moins que l’on ne veuille accueillir que des vieux et faire que de la "silver économie" ! »  Au final, les trois délibérations ont été votées à la majorité avec neuf oppositions et quatre abstentions. 

CM

coralie.mollaret@objectifgard.com 

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Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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