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BEAUVOISIN Des finances inquiétantes et un avenir semé d’embûches

Le débat d'orientation budgétaire s'est déroulé ce mardi. (Photo Boris Boutet)
Le débat d'orientation budgétaire s'est déroulé ce mardi. La maire Mylène Cayzac et son DGS François Causse ont fait état d'une situation préoccupante. (Photo Boris Boutet)

Ce mercredi à Beauvoisin s'est tenu le débat d'orientation budgétaire. Sans surprise, c'est une situation assez inquiétante pour la commune qui a été exposée par le directeur général des services, François Causse. 

À Beauvoisin, la vie municipale n'est pas un long fleuve tranquille. Après les démissions au sein du conseil, à la fin du mandat précédent et au début de celui-ci, c'est au tour des finances beauvoisinoises de défrayer la chronique. Une situation loin d'être nouvelle mais qui n'en reste pas moins préoccupante pour une commune dont le dette par habitant est d'un quart supérieure à la moyenne des villes de sa strate. "Elle a explosé en 2006 avant de se stabiliser en 2011 et de véritablement entamer une décroissance en 2019", a rappelé la maire Mylène Cayzac.

Des contentieux qui compliquent les choses

Malgré cette tendance enfin positive, plusieurs sources d'incertitudes sont venues maintenir l'alerte rouge au cours du débat d'orientation budgétaire. En premier lieu, des contentieux, notamment liés à la taxe d'aménagement majorée par la Ville sans justification pendant cinq ans, et pour lesquels une centaine de plaignants sont en attente de jugement. "Nous héritons de ces dossiers compliqués que nous allons tenter de défendre du mieux possible, a souligné Mylène Cayzac. Mais nous devons provisionner près de 600 000 € pour être prêts à payer en cas de défaite." 

Autres problèmes d'envergure pour les comptes précaires beauvoisinois, la suppression à venir de la taxe d'habitation. "Malgré les compensations de l'État, elle ne sera pas sans impact sur le budget. Il faut s'attendre à des pertes de sèches pour la commune, a prévenu le DGS, François Causse. Nous ne savons pas non plus si nous continuerons à bénéficier des dotations de solidarité rurale. Beauvoisin est à la limite de sortir du classement des 10 000 communes qui y ont droit. On a seulement une garantie de son maintien à 50 %. Et dans l'optique d'une projection, mieux vaut être trop pessimiste qu'optimiste." 

"On marche sur la tête !"

Autant d'éléments qui font qu'il sera difficile pour Beauvoisin de dégager de l'épargne nette, pourtant indispensable au financement de projets, lors des prochaines années. "Dans la prospective, elle devrait même être largement négative en 2022 et 2023, a annoncé le DGS. Si la commune est dans le viseur de la préfecture, ce n'est pas pour rien. La situation est très inquiétante et une gestion saine de l'investissement est indispensable. Il ne faudra pas s'attendre à des miracles." 

En cas de bonne gestion, la commune devrait revenir à des standards acceptables à l'issue de l'année 2023. Problème, certains investissements ne peuvent pas attendre. "Nous sommes tenus d'offrir à nos enfants une école pouvant les accueillir dans de bonnes conditions ce qui n'est plus le cas", a pointé  Mylène Cayzac, qui avait pour projet la reconversion de la crèche en école et la création d'une nouvelle crèche municipale.

"L'école a été transformée en crèche en 2011 quand vous étiez adjointe aux Affaires scolaires, et on veut maintenant la retransformer en école. On marche sur la tête !, s'est emporté l'un des opposants, Christophe Tichet. Quant à la création d'une nouvelle crèche, cela signifie une augmentation des charges de personnel alors que vous nous répétez que l'heure est à la rigueur." 

"C'est la mairie des secrets !"

"Il y a donc 3 M€ à trouver pour financer ces projets. Quelle est votre stratégie ?", a quant à lui interrogé son colistier Frédéric Meseguer. Après avoir rejeté l'option d'une augmentation de la fiscalité, la majorité a annoncé travailler sur une solution à moindre coût pour la rentrée 2021 ou 2022. Une opportunité qu'elle n'a pas souhaité détailler pour le moment, malgré l'insistance de l'opposition. "En fait, on ne sait rien et on doit débattre sur du vide, s'est insurgé Frédéric Meseguer. C'est la mairie des secrets !" 

"On a eu des nuits compliquées mais on entrevoit une solution pour se sortir le cul des ronces, vous en saurez plus bientôt", s'est contenté de répondre l'adjoint aux Finances, Jean-François Thomas. Une fois la question de l'école tranchée, bien d'autres soirées animées s'annoncent pour les élus beauvoisinois. "Même si ça fait parfois pas mal, il faudra qu'on sache se mettre tous autour de la table pour faire des compromis et trouver des solutions", a résumé après une séance de plus de 3 heures l'adjoint à l'Urbanisme, Jérémy Peredes.

Boris Boutet

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