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DÉPARTEMENTALES Uzès : pour Denis Bouad et Bérengère Noguier, « il ne faut pas avoir honte de notre politique sociale »

Le binôme Bérengère Noguier/ Denis Bouad sera suppléé par Martine Gloanec et Jacques Bollègue. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Les élections départementales auront lieu les dimanches 20 et 27 juin. Sur le canton d'Uzès, quatre binômes se présentent, et notamment celui formé par Denis Bouad et Bérengère Noguier. Déjà élu lors du précédent mandat, le duo veut poursuivre sa politique tournée vers le social.

On a d'un côté Bérengère Noguier, 39 ans, conseillère départementale écologiste depuis 2015 et ancienne conseillère municipale à Saint-Chaptes. Fonctionnaire hospitalière en disposition, elle a souhaité prolonger son engagement en politique en s'emparant des problématiques sociales et ainsi "apporter une aide supplémentaire aux personnes (qu'elle) côtoie au quotidien".

À ses côtés, un Denis Bouad qu'on ne présente plus... mais on va le faire quand même. Ancien président socialiste du Département du Gard pendant cinq ans et demi, maintenant sénateur, il souhaite être réélu pour développer un travail auprès des jeunes. Des jeunes en difficulté financière pendant ou après leurs études. Il rappelle : "La politique qu'on a menée pendant six ans était construite autour de la jeunesse. On a construit deux collèges à Remoulins et Ada-Lovelace, à Nîmes, pendant le mandat. Il faut en construire au moins deux ou trois autres pour le suivant et en réhabiliter autant."

Le duo aura pour suppléants Marie-Lise Gloanec, 67 ans, non-encartée mais ayant une sensibilité à Gauche, retraitée, élue au conseil municipal d'Aigaliers et à la CCPU, ainsi que Jacques Bollègue, maire de La Calmette encarté au Parti socialiste, élu au Département depuis 2001, retraité des travaux publics.

"Le RN fera autour de 35%, ce qui m'inquiète davantage, c'est l'abstention"

Déjà en 2015, lors du précédent scrutin, le Rassemblement national avait fait des scores élevés sur le canton d'Uzès et était même arrivé en tête au premier tour. Dans une actualité nationale très marquée par les questions de sécurité, comment le binôme appréhende-t-il cette nouvelle élection ? "Le RN fera autour de 35%, ce qui m'inquiète davantage, c'est l'abstention. Une participation basse a tendance à augmenter les scores du RN", analyse l'ancien président du Département.

Il rebondit : "Ils proposent quelque chose qui n'est pas de la compétence du Département, à savoir la sécurité. Ils parlent aussi de triche sur le RSA sauf que 90% des bénéficiaires sont contrôlés. On n'a pas à avoir honte de notre politique sociale (60% du budget départemental est consacré au social, ndlr). Surtout à l'heure où les cagnottes pullulent et où personne n'accepte que quelqu'un meurt de faim." D'autant que les personnes qui touchent le RSA ont augmenté de 10% cette année, une hausse directement liée à la crise qu'a subi le pays après la pandémie de covid-19.

Quant aux attaques d'autres binômes sur le cumul des mandats de Denis Bouad, celui-ci argue : "Qu'est-ce que l'on veut ? Des sénateurs hors sol qui ne connaissent pas la gestion d'un département et ses problématiques ? On veut des professionnels de la politique ou des hommes de terrain ? J'ai été maire pendant près de 30 ans de Blauzac, une commune de 600 habitants." Il affirme qu'en tant que sénateur, il travaille sur des dossiers tels que la loi SRU et le gel en agriculture, qui sont au coeur des thématiques plus locales.

Bérengère Noguier ne comprend pas ces reproches et rappelle que pendant le précédent mandat, leur binôme a été très réactif : "C'est un mandat de proximité où on est en relation au quotidien avec les élus, les entreprises, les associations du territoire... On a vraiment un rôle de facilitateurs, de relais et on est des élus accessibles."

Réduire le nombre de voitures sur les routes, réparer la fracture numérique, proposer une alimentation plus saine et locale...

Le binôme tire un bilan positif des six années passées au Département : "Avec 111 millions d'excédent en fin de mandat, on garantit des marges de manœuvre pour la suite. On peut retenir une chose de ces six ans : l'ambition politique n'a jamais été réduite pour des questions de gestion. Même avec le covid", tonne Denis Bouad.

Alors quels enjeux se dessinent pour les années à venir, selon le binôme ? Comme l'a déjà évoqué le sénateur, la garantie de solutions financières pour les 18-25 ans qui ne trouvent pas d'emploi. Alors que le taux de chômage plafonne à 13% dans le Gard, le duo veut plus que jamais "expérimenter". Peut-être en élargissant les "Territoires zéro chômage longue durée" ou avec un RSA transitoire.

Les questions de mobilité seront aussi au coeur des problématiques, surtout dans un canton rural comme celui d'Uzès. "Les gens ont besoin de se déplacer, mais il y a un enjeu écologique et il faut trouver des solutions pour réduire le nombre de voitures sur les routes", explique Bérengère Noguier. D'ores et déjà, 132 km de "voies vertes" existent dans le Département et ce nombre devrait encore augmenter. L'idée est aussi de favoriser le transport en commun ou encore de développer le réseau Pouce (autostop).

Sans oublier aussi la question de l'outil numérique et de ses usages. "L'accès aux démarches est parfois compliqué. C'est pourquoi on voudrait remettre des services publics au plus proche des administrés. On envisage de mettre une Maison du Département dans chaque canton", poursuit Bérengère Noguier. Un autre projet serait de construire une deuxième unité de conditionnement de légumes pour qu'encore plus de cantines bénéficient de produits frais et locaux, voire même des Ehpad.

Marie Meunier

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