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EXPRESSO Centre de vaccination : et maintenant il faut passer à la caisse !

À gauche, le maire de Nîmes Jean-Paul Fournier en visite dans le centre de vaccination. Il est accompagné du directeur de l'ARS, Claude Rols (deuxième en partant de la droite) (Photo : droits réservés)

Aux quatre coins du Gard, maires et présidents de communautés de communes remplissent des dossiers tous azimuts pour se faire financer une partie du coût de leur centre de vaccination. 

Souvenez-vous. Il y a un peu plus d’un an, les élus des communes gardoises tapaient du point sur la table pour ouvrir un centre de vaccination sur leur territoire. Dans l'incapacité d'en ouvrir un dans le quartier de la Prairie à Alès, le président d'Alès Agglomération, Christophe Rivenq, avait même fustigé la « gestion désastreuse de l’Agence régionale de santé (ARS) ». Un empressement qui s'explique évidemment par la volonté des élus de protéger leurs administrés face à l’épidémie. Mais à l’urgence sanitaire se couple un tout aussi évident intérêt politique. Comme la distribution de masques et de gel hydroalcoolique - qui ont coûté plusieurs milliers d’euros - ce nouvel équipement permet à l’édile de se faire bien voir de ses concitoyens. 

Les mois ont passé et les centres de vaccination ont poussé. Seulement, ils commencent à coûter cher. Le maire de Nîmes a été le premier à évoquer le coût de son centre au Parc des expositions. Alors que la Ville en est à sa 200 000ème injection, Jean-Paul Fournier rappelle à l’ARS que « la Ville s'est beaucoup investie, entre 250 000€ et 350 000€ par mois (équipement, personnel...). Pour l'instant, l'État ne nous a pas aidés. » Juan Martinez, le président de la Communauté de communes de Beaucaire terre d'Argence, est aussi dans l'attente : « nous sommes à 1 400 vaccins par semaine. Nous avons fait une première demande de subventions de 21 000€ qui couvre de mars à juin puis, de juillet à août, pour 11 700€. Pour l’instant, nous n’avons rien touché. »

Impatients les édiles gardois ? Si au départ les maires pensaient ne piquer que leurs administrés, ils ont vite compris que ce service bénéficiait aux personnes originaires d’autres villes, départements ou régions, notamment en raison du faible nombre de doses disponibles au démarrage de la campagne vaccinale. « Nous avons demandé une subvention équitable prenant en compte les équipements (blouses, rouleau adhésif, système d’élimination des déchets…) ainsi que les contrats supplémentaires pour l’accueil. Nous avons eu du mal à trouver des bénévoles en période estivale ». À Bagnols, la municipalité est « en pleine négociation avec l’ARS sur la participation financière qui nous sera allouée. Nous sommes à 48 000 injections et nous n’avons pas vacciné que les Bagnolais. »

Joint par nos soins, le directeur de l’ARS, Claude Rols, se veut rassurant. S’il rappelle que « l’ARS n’a obligé aucune commune à ouvrir de centre de vaccination », le fonctionnaire confirme que sa direction prendra en charge tout ce qui est équipement et même les climatisations. Une bonne nouvelle pour le Parc des expositions de Nîmes et le centre de vaccination d'Alès qui ont dû changer leur système d'air conditionné. Claude Rols indique néanmoins que les contrats des agents ne seront pas pris en charge, mais uniquement les heures supplémentaires. Au cas où certains élus seraient un peu trop gourmands… 

CM

coralie.mollaret@objectifgard.com 

Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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